L’INVASION DES COCONS (Deep Space) de Fred Olen Ray (1988)

L’INVASION DES COCONS

Titre original : Deep Space
1988 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h30
Réalisation : Fred Olen Ray
Musique : Alan Oldfield et Robert O. Ragland
Scénario : Fred Olen Ray et T.L. Lankford
Avec Charles Napier, Ann Turkel, Bo Svenson, Ron Glass, Julie Newmar, James Booth, Norman Burton et Jesse Dabson

Synopsis : Tout commence avec un extraterrestre qui s’échoue sur la planète Terre. Mais il s’avère rapidement que cette créature est une sorte d’arme biologique créée par des scientifiques de Washington. Un des scientifiques et créateur du monstre refuse d’enclencher son autodestruction. Voilà donc le monstre sorti de son cocon, et lâché dans la nature en plein Los Angeles…

Mon dieu, il l’a fait ! Si si je vous jure ! Fred Olen Ray est parvenu à faire un film que je trouve potable ! Serais-ce du au fait que le film n’est pas entièrement produit par Ray mais également par Trans World Entertainment (capable du meilleur et du pire, avec par exemple Killer Klowns from Outer Space, Maniac Cop, Dark Angel, Troll 2, Lectures Diaboliques) ? Probablement ! Serais-ce également du au fait que pour une fois, le budget s’élève au-dessus de la moyenne de ses productions avec 1 million et 750 000 dollars ? Ah oui, ça doit jouer également. Au fait qu’il a au casting quelques acteurs qui pour le coup sont vraiment des acteurs ? Oui bon forcément, si on part dans cette direction ! Alors attention, Fred Olen Ray reste lui-même, et Deep Space (qui ne se déroule pas dans l’espace), renommé L’invasion des Cocons (il n’y a pas d’invasion), un de ses trop nombreux opus de 1988, n’est absolument pas un grand film, ni même une grande série B, mais c’est jusque là probablement le meilleur métrage que j’aurais vu de son auteur. Fini les caméras qui tremblent, les plans composés à l’arrache, les acteurs avec un sourire au coin, la musique insupportable (quoi que sur ce point), les costumes en mousse risibles portés par des enfants de 5 ans, les bases ultra secrètes gardées par un malheureux figurants, et ces plans qui s’éternisent pendant quatre plombes juste pour assurer au métrage la durée réglementaire d’un long métrage. Deep Space tente de bien faire les choses. En soit, c’est déjà un miracle. Alors on ne va pas mentir non plus, si vous aimez le vrai bon cinéma, et que vous avez vu Alien, inutile de voir le métrage de Ray.

Surtout qu’outre pomper son concept, avec sa créature au design similaire (mais beaucoup moins gracieux à la caméra), le gouvernement qui en a après lui, des monstres plus petits qui sautent au visage de leurs victimes, Ray va parfois jusqu’à reprendre des scènes au film de Ridley Scott, et même à celui de James Cameron. Voir la créature attaquer un personnage alors que celui-ci est distrait par un chat qui prend peur et s’enfuie, désolé mais on connait, un peu trop bien tant la scène est dans l’inconscient collectif. Voir Charles Napier explorer un entrepôt, armé jusqu’aux dents, avec de la vapeur partout autour de lui donnant un côté industriel, ça rappelle fortement le final d’Aliens également. Mais bon, au moins, l’ensemble a clairement la gueule d’un film professionnel. Même si l’on retrouve quelques acteurs approximatifs, des effets pas toujours au top (mais mieux que d’habitude), quelques faux raccords, et quelques réactions débiles dans le scénario. On y suit donc notamment un flic, Ian McLemore, joué par ce bon vieux Charles Napier qui a enfin droit à des premiers rôles (même si dans des films de seconde ou troisième zone), qui suite au crash d’un vaisseau contenant une créature dangereuse, se met à traquer la bête. Au départ juste car c’est son boulot, puis par vengeance lorsque son partenaire se fait dévorer par la bête. Et là, oh surprise, et on le doit totalement à la présence de Charles Napier, totalement investis dans son rôle, et bien, on ne s’ennuie pas entre les différentes attaques. À l’opposé de tous ses autres métrages du réalisateur où on s’ennuie clairement en attendant qu’il se passe quelque chose. Là non, le métrage sait se faire plus ou moins rythmé et évite d’ennuyer, même lorsque certains dialogues sonnent faux. Il faut voir Charles Napier se mettre à jouer d’un instrument pour draguer une collègue, et celle-ci retirer son haut. Charles Napier semble surpris et avoue alors que c’est la première fois que sa technique fonctionne.

Un homme avouant sa faiblesse dans un film de Ray, voilà qui tient encore une fois du miracle. Bon, et l’alien dans tout ça ? Copie presque conforme de la créature de Giger, le budget en moins, il a une gueule plutôt sympathique lors des gros plans, avec sa gueule pleine de dents acérés, et ses tentacules sortant de son ventre pouvant rappeler The Thing. Lors des plans plus larges par contre, plus rien ne va, tant le costume, semblant énorme et lourd, donne des déplacements totalement pataud et beaucoup trop lent à la créature. On en vient à se demander comment personne ne l’a remarqué plus tôt, et surtout comment elle a réussie à aller jusqu’à l’entrepôt où elle se terre une bonne partie du métrage. Mais le réalisateur fait un réel effort avec les moyens de bord. Il donne un look professionnel à son film (bon, on a encore quelques plans bancals et quelques décors un peu vides par moment), mais après avoir subis Scalp et Biohazard, ce Deep Space m’aura bien fait plaisir. Parfois amusant, rythmé (avec même des explosions), généreux. Et au lieu de plonger dans le ridicule en traitant son film par dessus la jambe comme souvent, il place même de l’humour plutôt bon enfant et amusant dans son métrage, comme lorsque notre brave flic veut aider une victime, attaquée par un petit alien, et réussi en s’en débarrasser en le lançant derrière lui…pile dans les bras de sa coéquipière, qu’il faudra à son tour aider. Devrais-je tenter l’aventure d’un quatrième film de Fred Olen Ray après cette expérience plutôt positive ? Hmmm dans ce cas il faudra être bien sélectif. En espérant que s’il rebosse avec les compositeurs, qu’il les tienne en laisse, car sur la fin, ça faisait mal aux oreilles !

Les plus

Charles Napier
Plus de budget que d’habitude
Le film a enfin un look professionnel
La créature amusante en gros plan

Les moins

La créature dans les plans larges
Ça reste malgré tout limité
Le score musical, parfois adéquat, parfois ignoble

En bref : L’Invasion des Cocons est sans doute un des films les plus professionnels de Fred Olen Ray, grâce à un budget dépassant le million. Charles Napier vole le show, la créature amuse, et au final, on passe un moment plutôt rythmé, ce qui est rare de la part du réalisateur.

2 réflexions sur « L’INVASION DES COCONS (Deep Space) de Fred Olen Ray (1988) »

  1. Ray et Charles, soyons clair, ça crève les yeux, ça sentait quand même le film un peu cocon. 😉
    Tu le sembles bien indulgent, mais je crois je me contenterai du Cameron.

    1. Ah mais je pense que j’ai été généreux dans mon avis car forcément, j’ai vu le film quelques jours après la purge Biohazard, et l’écart est énorme. On dirait enfin un vrai film avec une vraie équipe plutôt qu’une bouffonnerie entre potes. Et ça a rendu la vision agréable. Après oui, on peut rester sur du Cameron ou du Scott sans soucis 😀
      Tiens ironiquement du coup, le seul film de Ray que je trouve potable, c’est le seul où il n’y a aucun plan boobs haha !

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