SPIRIT BEHIND THE DOOR (隙間女) de Nagae Jirô (2014)

SPIRIT BEHIND THE DOOR

Titre Original : Sukima Onna – 隙間女
2014 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h07
Réalisation : Nagae Jirô
Musique : –
Scénario : Nagae Jirô et Akama Tsuyoshi

Avec Ashihara Yua, Kikuchi Ayaka, Moriyama Eiji et Tachibana Yurika

Synopsis : Ne croyant pas en la légende de Sukima Onna, une jeune femme se rend avec trois amis dans un appartement abandonné ayant un lien avec la légende. Sauf qu’après cette nuit, elle se sent observée par quelqu’un, ou quelque chose, caché dans chaque trou, chaque crevasse, même chez elle, entre les meubles… Inquiète, sa sœur va tenter de l’aider à surmonter cette épreuve.

La légende de Sukima Onna est intéressante, et si elle a droit à quelques apparitions dans des films ou anthologies, elle reste néanmoins assez en retrait. Oh tristesse. C’est pour cela que nous allons aujourd’hui parler du film sobrement intitulé Sukima Onna dans son titre original, ou Spirit Behind the Door pour sa sortie en Amérique, sortie qui me laisse songeur. Pourquoi ? Oui, pourquoi certains éditeurs nous sortent sur un coup de tête un petit film de V-Cinema mettant en avant une idole venant d’AKB48, tourné clairement pour le marché de la vidéo, avec une durée d’1h07, et filmé par un réalisateur loin d’être talentueux, mais pas incompétent non plus, pour preuve, j’ai aimé ces précédents métrage, Kokkuri-San et Kotsutsubo. Mais voilà, je crois que j’ai répondu à ma question dés le moment où mes doigts se placèrent sur les touches A, puis K, bon vous avez compris, AKB48. À croire que la présence d’une idole venant du fameux groupe soit suffisant pour faire vendre un film à l’international grâce (ou à cause) de la popularité du groupe, et ce même en dehors du Japon. Cela ne me dérangerait pas outre mesure, si cela ne faisait pas de l’ombre à d’autres métrages, manquant de visibilité, et souvent de meilleure qualité. Éternel débat, je sais. Donc, Sukima Onna, tout a déjà été dit. C’est du V-Cinema, à destination des vidéoclubs, d’où une durée courte dépassant à peine une heure, avec un nombre de lieux et d’acteurs limités, qui prend bien entendu une fameuse légende urbaine pour fond, et voilà, le tour est joué. Maintenant, est-ce que ça tient la route ? Pour du V-Cinema, oui ! Doublement oui en fait, tellement on a pu voir pire ailleurs, que ce soit en réalisation (coucou Yoshizaka Yasushi) ou même en idoles à l’écran, ici pas si mauvaises que ça. Pas extraordinaire, mais loin, même très loin de l’envie de s’arracher des ongles lorsqu’elles jouent.

Après, si l’on compare cela forcément à des œuvres elles pensées pour le cinéma, ou avec des réalisateurs beaucoup plus compétents ou bénéficiant d’un style unique (coucou Ringu de Nakata), Sukima Onna ne tient pas la distance, et se plante. Mais il faut comparer ce qui reste comparable n’est-il pas ? Enchainant donc sur ce film après un sympa sans plus Kokkuri San en 2011 et un Kotsutsubo sur lequel l’ambiance aura bien fonctionnée sur moi en 2012, nous devons donc le film à Nagae Jirô, réalisateur plutôt obscur dont tous les sites zappent une partie ou bien l’autre de sa filmographie. Du coup, je me dévoue, je regarde un peu de tout dans sa carrière. Surtout qu’encore une fois, il n’est pas le pire œuvrant dans le V-Cinema mettant en avant des idoles, loin de là. Ici, même s’il ne parvient toujours pas à camoufler un tournage sans doute hyper rapide et avec un budget plus que réduit, comme le prouve ces lieux peu nombreux, cette photographie passe partout (mais propre) et un côté assez fauché (décors souvent vides, peu d’acteurs), il montre au moins une certaine générosité dans son ambiance, les apparitions de son spectre, ou tout simplement dans son rythme, aidé bien entendu par la courte durée du métrage. Oui, on pourra toujours sourire devant quelques scènes, ou devant le docteur le moins rassurant du monde dans les premières scènes, où celui-ci annonce à l’héroïne que sa sœur ne s’est toujours pas réveillée de son coma, et que parfois ceux qui voient des choses terrifiantes préfèrent ne pas se réveiller, mais avec un grand sourire, nous achève par un « mais je suis confiant, gardez espoir ». Un docteur comme ça en vrai devant vous, c’est l’ascenseur émotionnel !

Certains me diront que je cherche la petite bête sur un petit film qui n’a aucune ambition autre que de nous divertir durant un samedi soir pluvieux, et c’est vrai. Et je l’ai d’ailleurs plutôt apprécié ce petit film, généreux, filmé proprement, plein de bonne volonté à défaut d’être renversant, d’avoir des idées franchement originales ou autres. Mais non, c’est juste que finalement, Sukima Onna, c’est un petit métrage tout ce qu’il y a de plus sympathique dans le genre, mais qui est vite vu, vite oublié, qui n’a pas grand-chose pour se démarquer de beaucoup d’autres produits du genre datant de la même époque, et que sa courte durée ainsi que ces idées donc parfois déjà vues n’en font pas un mauvais film, mais un film où il n’y a finalement pas grand-chose à dire. L’amateur de J-Horror qui osera donc plonger dans le V-Cinema, ou alors y est déjà habitué, y trouvera son compte, bien qu’il oubliera le film sans doute peu de temps après sa vision. Les autres peuvent déjà fuir face à certains défauts évoqués plus hauts. Signalons malgré tout, et ça, c’est plutôt rare, l’utilisation assez tardive de quelques CGI (effets de flamme, tout ça), et qui sont d’un niveau tout à fait respectable et honorable pour ce genre de petites productions. Preuve de plus du sérieux du metteur en scène en voulant mettre le film en boite ? Possible oui tiens, à creuser, mais pour cela, il faudra également creuser la filmographie de son réalisateur, pour voir si en effet, l’effort est constant, où s’il a depuis plongé dans les tréfonds du V-Cinema n’ayant plus de vidéoclub pour exister.

Les plus

Du V-Cinema assez solide et sympathique
Quelques apparitions fonctionnent
Mise en scène pas exceptionnelle mais assez appliquée
Court et rythmé

Les moins

Ça reste un petit budget mettant une idole en avant
Finalement peu de surprises pour le connaisseur du genre

En bref : Sukima Onna, c’est assez banal dans son genre. Pas le bas du panier du V-Cinema, ça se regarde même facilement, c’est court, plutôt bien fichu, même si limité, mais on a déjà vu mieux ailleurs, et la formule ne surprend guère, même si c’est plaisant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Some good old V-Cinema
♥ A few scares work
♥ Visually, not amazing but serious
♥ Short and well paced
⊗ It remains a low budget with an idol
⊗ Not much surprises if you know the genre
Sukima Onna, it’s highly classical for the genre. Not the worse of V-Cinema, not the best, but easy to watch, short, well made even if limited. Entertaining if you don’t ask too much out of it.

2 réflexions sur « SPIRIT BEHIND THE DOOR (隙間女) de Nagae Jirô (2014) »

  1. J’en garde un très mauvais souvenir, peut-être faudrait-il que je lui redonne sa chance…

    PS : Nagae a sorti un nouveau film je crois, FPS (oui c’est le titre), à la loc sur Amazon.

    1. Après tu me connais, je suis clément envers Nagae, très souvent… Sauf pour son film sur twitter, dont la review attend au chaud d’arriver en ligne, un jour, où là par contre, c’est un vrai souvenir très douloureux tant rien ne va, mais qu’en fait, en prime, il ne se passe rien.
      Là, c’est pas glorieux non plus, mais compétent dans son genre j’ai trouvé. Allez tu sais quoi, je te laisse le nouveau Nagae, et moi, je tente de me lancer bientôt dans une des trop nombreuses sagas d’un certain Koshizaka…. Je suis sûr que tu es gagnant dans cette histoire 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *