Titre Original : ๑๐๐ ขา
2022 – Thaïlande
Genre : Horreur
Durée : 1h25
Réalisation : Chalit Krileadmongkon et Pakphum Wongjinda
Musique : –
Scénario : Chalit Krileadmongkon et Pakphum Wongjinda
Avec Chanya McClory, Mike Angelo, Benjamin Joseph Varney, Kulteera Yordchang, David Asavanond, Paramej Noiam, Aticha Pongsilpipat et Wanpiya Omsinnopphakul
Synopsis : Une jeune femme est mise en quarantaine dans un hôtel après son retour de l’étranger. Elle y rencontre un monstre métamorphe qui possède les gens. Le concept s’inspire d’une légende de Battambang datant du règne du roi Rama V.
Il y a des films qui profitent de l’actualité pour remettre sur le devant de la scène certains genres ou certaines thématiques. Avec l’année 2020 bien pourrie que nous avons tous eu, beaucoup ont surfé sur la vague. On aura même eu droit à un court métrage parlant du confinement, avec un tueur en série et pas mal d’acteurs connus jouant leur propre rôle (Kane Hodder, Scout Taylor-Compton, Dee Wallace, Danielle Harris) avec Stay Home. L’exemple cependant le plus connu sera bien évidemment le long métrage The Sadness, qui s’est servit du confinement et de l’épidémie pour faire un film d’infection bien crade comme il faut. Totalement gratuit, bancal avec sa seconde partie longuette, mais qui faisait plaisir. Le fait qu’il a beaucoup fait parler de lui et soit sorti au cinéma dans pas mal de pays aura aidé bien évidemment à le mettre en avant. Quant à The One Hundred, modeste production Thaïlandaise mettant également en avant cette période et jouant lui dans la cour du film de monstre, et bien, il n’aura pas eu la même visibilité. Ni même les mêmes avis, puisque sur certains gros sites tels que Imdb, il n’aura même pas la moyenne. Pourtant, à y regarder de plus près, The One Hundred n’a pas à rougir, ce n’est pas un film honteux, et on peut même affirmer que pour le genre auquel il appartient, avec en plus l’utilisation de nombreux CGI pour sa créature, il s’en sort plus qu’honorablement bien. Mais il souffre de pas mal d’autres défauts dans des domaines différents, notamment l’écriture. Non pas qu’elle soit désastreuse, surtout que le métrage essaye de donner de l’épaisseur à ses personnages, ce qui est trop rare dans le genre pour ne pas le souligner, mais il le fait de manière très maladroite.
Mais revenons donc en arrière. The One Hundred se déroule pendant la pandémie, et situe intégralement son action à l’intérieur d’un hôtel servant pour la quarantaine des passagers qui arrivent en Thaïlande. Pas de bol donc, dans cet hôtel, il y a une énorme créature, une sorte de centipède issu d’une légende Thaïlandaise, qui peut prendre l’apparence des humains. Le parallèle avec le monde à ce moment là (le film sort en 2022 et a donc dû se tourner en 2021) est bien trouvé en tout cas, puisqu’à cette époque, la confiance et la peur dominaient chez les gens un peu partout dans le monde. Ainsi que l’énervement face à des mesures inefficaces et contraignantes. Mais au moins, beaucoup de pays ont évité la fameuse mesure du café à boire assit dans les bars seulement, car on est trop forts en France… Bref, se servir de l’actualité pour mettre en avant une créature pouvant prendre l’apparence des autres, façon The Thing, c’était bien vu, surtout que les mesures et autres quarantaines permettent de manière naturelle de limiter l’intrigue à un seul lieu pour faciliter la propagation du mal. Un bon point pour le scénario, qui en plus se permet de développer ses personnages, du moins les principaux, pour leur donner un passé, des traumas, des conflits. Assez rare pour le souligner donc, même si on n’échappera pas aux personnages secondaires là pour mourir. Malheureusement, toutes les bonnes intentions du monde ne donnent pas toujours un bon résultat, encore faut-il savoir exploiter toutes ces bonnes idées. Sur le lieu et la créature, c’est du tout bon, mais sur l’écriture des personnages, on émettra des réserves, la faute à une écriture maladroite et un ton qui en fait souvent des tonnes dans le drame, pour pas grand-chose. Résultat, ce n’est pas toujours super intéressant. Surtout que beaucoup de personnages semblent se connaître, mais il faudra un peu deviner parfois qui est qui et pourquoi, tant le film préfère se focaliser sur le drame de chacun plutôt que d’établir des liens clairs à l’écran.
Alors, ce n’est pas toujours intéressant, mais pas ennuyeux pour autant, car le métrage s’en sort sur le reste. C’est bien filmé, très bien éclairé, les effets sanglants sont réussis, et le tout a la bonne idée de durer moins d’une heure et demi, toujours appréciable. Quant à la créature, dommage qu’elle soit le plus souvent réalisée en CGI, mais ceci dit, il faut bien l’admettre, elle reste le plus souvent convaincante, surtout pour ce genre de petites productions. Le film révélant sa créature finalement assez tardivement, ça passe sans souci. Au final, on est même étonné de la qualité globale des CGI pour ce genre de production, assez anecdotique l’on pourrait dire. Un film de monstre. Ce n’est pas parfait, notamment lorsque des centaines de centipèdes sont à l’écran, mais la créature finale, étonnement, malgré sa taille et les enjeux que tout cela implique, s’en sort admirablement bien. Dernière ombre au tableau, il faut le signaler… En plus de perdre du temps en développant ses personnages maladroitement, le film se permet un épilogue totalement inutile. Du temps perdu alors que le mythe derrière la créature reste flou et promettait d’être passionnant. Dommage. Du potentiel gâché, mais loin d’être un mauvais moment malgré tout.
Les plus
L’idée de la paranoïa à une telle époque
Bien réalisé
La créature, intéressante
Les moins
Des personnages peu intéressants
Trop d’éléments peu exploités
En bref : The One Hundred est un petit film de monstre tout à fait potable, qui a même de bons atouts dans sa poche. Ses faiblesses sont là, notamment d’écriture, mais il fait le job demandé, à savoir divertir.
A FEW WORDS IN ENGLISH | |
THE GOOD | THE BAD |
♥ The idea of a paranoiac story, in this day and age ♥ Well made technically ♥ The creature is interesting |
⊗ Lots of uninteresting characters ⊗ Too many things left behind |
The One Hundred is a little creature feature, and in the end, it’s actually good. But its flaws are there, mainly in the character’s development, but it still does the job, it entertains. |