Titre Original : A Quiet Place Day One
2024 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h39
Réalisation : Michael Sarnoski
Musique : Alexis Grapsas
Scénario : Michael Sarnoski
Avec Lupita Nyong’o, Joseph Quinn, Alex Wolff, Djimon Hounsou, Eliane Umuhire, Takunda Khumalo, Alfie Todd et Avy Berry
Synopsis : Avant les évènements liés à la famille Abbott, Samira, une jeune femme en phase terminale de cancer, se rend dans un théâtre new-yorkais avec d’autres patients de son centre de soin. Elle est également accompagnée de son chat Frodo. Une fois le spectacle terminé, ils assistent à une pluie d’objets similaires à des chutes de météorites. Il s’agit en réalité d’une invasion extraterrestre. Les survivants comprennent que les créatures sont très sensibles au bruit.
Bien qu’imparfaits, les films A Quiet Place, Sans un Bruit chez nous, ont prouvés une chose. Parfois, le public se déplace en salles lorsqu’un concept est assez fort et semble sortir des sentiers battus du genre. Des invasions aliens, on en a déjà eu un gros paquet, des histoires de survie, pareil. Mais le concept, c’était de suivre juste une famille dans un monde dévasté par des aliens qui sont uniquement sensibles au son. Avec son petit budget de 17 millions de dollars, le premier opus avait cartonné en rapportant 340 millions dans le monde, une belle prouesse qui évidemment, appelait une suite. Suite dans le fond inutile, partageant quelques défauts avec l’original, mais plus rondement menée. Il faut dire que le budget a augmenté, passant de 17 à 61 millions, et le réalisateur peut donc multiplier les personnages, les situations, les lieux, et les créatures aussi. Un retour sur investissement un peu moindre (297 millions), mais toujours assez rentable pour que le studio ne valide immédiatement une suite, qui sera en réalité une préquelle. Et du changement s’opère en coulisse, puisque John Krasinski ne réalise plus, s’occupant juste d’écrire les grandes lignes de l’intrigue et de produire, laissant le poste de scénariste et de réalisateur à Michael Sarnoski. Un choix bien curieux, dans les faits, et qui justement, rendait extrêmement curieux du résultat vu le précédent film de Sarnoski, à savoir le drame Pig avec Nicolas Cage. Comment on passe donc de Pig à Sans un Bruit Jour 1 ? Simple, on garde quelques thématiques, on garde la base du cheminement du héros en quête de quelque chose de trivial mais qui a une signification bien plus lourde, et on ancre ça dans l’univers déjà bien établis de la saga.
Et à défaut d’être transcendant ou de réinventer la formule, ça vient au moins, dans le fond, bousculer un peu une formule qui en réalité n’avait déjà pas su se renouveler dès le second opus. Mais c’est dans le fond, car finalement, dans ses grandes lignes, ce Jour 1 ne réinvente pas grand-chose, et surtout, a un titre mensonger, puisqu’il se déroule sur plusieurs jours, et que la promesse de nous montrer les premiers pas des humains face à la menace est très vite éclipsée. Nous suivons Samira, qui souffre d’un cancer en phase terminale, et qui se trouve dans le bus avec son chat lorsque des météorites tombent sur New York, et que passé une scène poussiéreuse et apocalyptique, Samara ne se réveille dans un théâtre avec d’autres survivants (dont Alex Wolff, déjà présent dans Pig), tous silencieux. En gros, la promesse du commencement, elle est annihilée en un fond noir entre deux scènes, et au réveil de Samara, tout le monde sait qu’il ne faut faire aucun bruit (même si certains abrutis continueront de vouloir crier) et que les créatures n’aiment pas l’eau. Donc, en gros, on reprend avec ce que l’on savait déjà, rien de plus. Sans doute car ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur, qui parvient tout de même à mettre en boite quelques scènes efficaces avec ses créatures (comme ce passage dans le tunnel submergé), mais qui est intéressé par autre chose. Ce qui compte pour lui, c’est Samara, et donc, de nous parler du cancer, et de ses regrets. Après la quête de Cage pour retrouver son cochon, on a ici Lupita Nyong’o, très expressive d’ailleurs, qui, se sachant de toute façon condamnée, ne cherche pas à fuir le menace, mais juste se rendre à Harlem pour pouvoir savourer une dernière pizza.
Et si ce n’est jamais aussi poignant que Pig, et bien ça fonctionne malgré tout plutôt bien, les acteurs aidant, Lupita Nyong’o étant excellent comme déjà dit, et le reste du casting (Djimon Hounsou revient faire coucou après son rôle dans le second opus) n’ayant pas à rougir. On navigue donc entre survie et drame humain, pas toujours très bien équilibré, mais qui a ses moments, autant dans la tension que dans le drame, lors du final par exemple, logique, prévisible, mais qui lui aussi fonctionne. Au final donc, sans être transcendant, le film est divertissant et fonctionne, ce qui est déjà pas mal, surtout que nous sortir une préquelle arrivé seulement au troisième opus est, dans le fond, un aveu de faiblesse dès le départ. Le film intéresse par contre bien plus pour ses personnages que pour son histoire globale au sein de la saga, qui donc, au final, n’a déjà plus rien à raconter. C’est divertissant, on sent bien les ajouts du réalisateur bien que bridé par la saga elle-même où il doit faire évoluer ses thématiques, mais ça ne marquera finalement pas les esprits. Car on pouvait tout simplement en attendre bien plus au final…
Les plus
Lupita Nyong’o est excellente
Quelques belles scènes de tension
La patte de Michael Sarnoski est évidente
Les moins
Mais la saga n’a plus rien à raconter
Une promesse de préquelle inutile et non tenue
En bref : Rien de bien neuf dans la saga, mais Sans un Bruit Jour 1 demeure un spectacle efficace et bien rodé, ce qui est déjà pas mal.
A FEW WORDS IN ENGLISH | |
THE GOOD | THE BAD |
♥ Lupita Nyong’o is excellent ♥ Some nice scenes of suspense ♥ You can recognize the style of the director |
⊗ But nothing new to say about this world ⊗ In fact it’s not even a story about day 1 |
Even if there is nothing really new, A Quiet Place Day 1 is a nice entertaining film, and that’s already good. |