Titre Original : Wolf Man
2025 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h42
Réalisation : Leigh Whannell
Musique : Benjamin Wallfisch
Scénario : Leigh Whannell et Corbett Tuck
Avec Christopher Abbott, Julia Garner et Matilda Firth
Synopsis : Après un évènement traumatisant, Blake quitte San Francisco pour retourner au fin fond de son Oregon natal et vivre dans sa maison d’enfance. C’est l’occasion pour lui de faire une pause loin de la ville et de tenter de sauver son mariage avec son épouse Charlotte en passant quelques jours dans la propriété avec leur fille, Ginger. À la nuit tombée alors que la famille arrive enfin à la ferme, ils sont attaqués par un animal invisible et, dans une fuite effrénée, se barricadent à l’intérieur de la maison pour se protéger de la créature qui rôde dans le périmètre, aux aguets. Mais à mesure que la nuit avance, Blake commence à se comporter de manière étrange…
Wolf Man était, dans un sens, attendu au tournant. Car l’homme derrière la caméra, au scénario et à la réalisation, ce n’est pas n’importe qui. Créateur de la saga Saw comme scénariste, qui sera resté à ce poste sur les trois premiers opus, puis créateur toujours comme scénariste de la saga Insidious, ainsi que de quelques autres films comme Cooties, Leigh Whannell passe à la mise en scène en 2015 avec Insidious 3. Un opus pas honteux en plus, même si inférieur aux précédents de James Wan. Puis, il créé une surprise inattendue en livrant Upgrade, film de science-fiction au budget ultra réduit de 5 millions, bien utilisés puisque le film paraît en avoir coûté plus. Pas parfait, mais convaincant et par moment jouissif. Puis vint The Invisible Man en 2020, qui a enchanté les critiques et le public en général. Moi, un peu moins, car si c’était encore une fois sympa, c’était malgré tout bien trop long, et sur la fin, ça se ressentait. Mais après avoir abordé le thème de l’homme invisible sous un angle nouveau, il revient donc pour faire la même chose avec le loup-garou, toujours avec la Blumhouse qui produit, et Universal qui distribue. Et c’était pas terrible. Pas honteux, surtout si on le compare aux plus gros ratages du genre (coucou les suites de Hurlements, coucou Le Loup-Garou de Paris), mais très, très loin des plus grandes réussites (coucou Hurlements, coucou Le Loup-Garou de Londres, coucou Ginger Snaps). Fait amusant, il rendra d’ailleurs hommage à ce dernier film en nommant la fille de notre héros Ginger. Mais Ginger Snaps, c’était excellent, c’était le début d’une trilogie qui tient la route, et purée, c’était il y a plus de 20 ans, je me sens vieux. Et Wolf Man, un des premiers films de 2025, c’est donc très moyen. Pavé de bonnes intentions, dans ses thématiques abordées, dans ses choix, mais il oublie son traitement mi-parcours, et souffre de gros défauts d’écriture qui viennent en réalité anéantir les intentions du film.
Pourtant, ça commence très bien, avec une ouverture en forêt très sobre, filmée de manière hyper efficace, bref, une scène qui n’augure que du bon, avant que l’on ne fasse la connaissance de notre héros, joué par Christopher Abbott (vu chez Brandon Cronenberg, dans Possessor), qui a une vie de couple compliquée avec Julia Garner (convaincante dans le très inutile Apartment 7A), et qui décide de partir avec elle et leur fille Ginger dans le trou du… dans l’Oregon pour voir la demeure de son défunt père. Mais en chemin, ils sont attaqués, et se réfugient in extremis dans la demeure où ils vont devoir survivre toute la nuit, alors que Blake, le mari donc, s’est fait griffer et commence à se transformer. Un loup-garou dehors pour l’horreur, un lieu clos presque unique pour rapprocher le tout du home invasion ou du film à suspense plein de tension, et un père qui change doucement physiquement et mentalement pour se rapprocher de La Mouche de Cronenberg, c’est du tout bon sur le papier, surtout que l’on voit bien certaines thématiques, intéressantes, et que la relation compliquée entre Blake et son père semble elle aussi avoir contaminée sa relation avec sa femme et sa fille. La contamination donc, clé du film. Seulement pour que tout ça fonctionne, il faut faire des choix. Et pour reprendre son modèle, revendiqué par Whannell, avec La Mouche donc, la dégradation physique et psychologique du personnage fonctionnait grâce à plusieurs facteurs. Les acteurs évidemment, déjà (mais Jeff Goldblum n’a pas son pareil pour jouer les scientifiques un brin névrosés), mais aussi une écriture fine pour rendre cette transformation émotionnelle et impactante, et surtout, y aller à fond pour rendre la transformation douloureuse, pour les personnages, mais aussi pour le spectateur.
Wolf Man échoue lamentablement sur quasiment tous ces points-là, la faute à son écriture. Les personnages ne sont jamais vraiment intéressants ni attachants, et ça n’aide en rien un film qui veut donc se reposer sur l’ambiance et sur ses thématiques, mais qui ne fait pas fonctionner ces dernières, et s’avère donc parfois un peu trop lent pour vraiment captiver le spectateur. Le pire étant que malgré quelques idées éparpillées par le scénario ou la mise en scène, Wolf Man est un film sacrément gentillet. Alors on n’attendait pas du body horror à la Cronenberg, mais quand on en fait son influence principale, il faut assumer. Pour dire, son Upgrade, qui n’était pas un film d’horreur, était bien plus sanglant et viscéral par exemple. Du coup, Wolf Man se suit, poliment, sans aucune étincelles, sans être totalement mauvais, mais sans jamais passionner, sans jamais nous investir dans son cheminement, où quasiment tout est couru d’avance de toute façon. Quand au loup et son design qui fait polémique, il n’est ni bon ni mauvais. Il est à la fois éloigné de ce qu’on connait et très proche, mais il lui manque ce côté animal que j’aime retrouver dans Hurlements ou même Dog Soldiers par exemple (oui, un loup-garou marchant sur ses pattes arrière, je trouve ça terriblement mieux qu’à 4 pattes). Bref, au bout de sa durée pourtant courte pour une fois de 1h42, on ressort déçu, et on se dit que si ce n’est pas une catastrophe, il y a pourtant tellement mieux à voir à côté qu’on a un peu perdu notre temps, dommage.
Les plus
Sur le papier, de bonnes idées
L’ouverture, plutôt bonne et sobre
Les thématiques auraient pu être bonnes
Les moins
Des personnages peu intéressants
L’émotion ne marche jamais
Beaucoup trop sage pour fonctionner
Prévisible en tout point
En bref : Si ce n’est pas catastrophique, Wolf Man reste malgré tout une occasion manquée, un petit métrage qui rate la coche et ne va jamais au bout de ses idées.
A FEW WORDS IN ENGLISH | |
THE GOOD | THE BAD |
♥ On paper, very good ideas ♥ The opening is good ♥ The themes are interesting |
⊗ The characters are not that interesting ⊗ The emotion never works ⊗ Not bloody, not horrifying ⊗ Predictable in every way |
If it’s not that bad, Wolf Man remains disappointing, it never follows its many ideas, it lacks good writing, and maybe even some soul. |