Titre Original : Cleaner
2025 – Angleterre
Genre : Thriller
Durée : 1h37
Réalisation : Martin Campbell
Musique : –
Scénario : Simon Uttley, Paul Andrew Williams et Matthew Orton
Avec Daisy Ridley, Matthew Tuck, Kate Nicholas, Russell De Rozario, Lee Boardman, Stellar Stocker, Rufus Jones,Sol E. Romero, Gavin Glemming, Taz Skylar et Clive Owen
Synopsis : La vétérante Joey Locke est aujourd’hui laveuse de vitres sur les gratte-ciel londoniens. Elle se retrouve au milieu d’une attaque terroriste…
Pour le grand public, Martin Campbell, c’est surtout l’homme de deux films, mais pas des moindres, puisque deux films qui ont à chaque fois relancé la même saga, à savoir donc Goldeneye en 1995 avec Pierce Brosnan, puis Casino Royale en 2006 avec Daniel Craig. Pour le grand public un peu plus curieux, Campbell, c’est aussi l’homme derrière le film catastrophe Vertical Limit en 2000, ou Le Masque de Zorro en 1998. Quatre gros films très loin d’être mauvais, et même, en réalité, quatre blockbusters qui sont vraiment bons à degrés divers. Mais passé tout ça, et donc en fait depuis Casino Royale en 2006, le grand public ne connait plus vraiment la carrière du réalisateur. Alors évidemment, il y a parfois une petite anomalie qui font qu’un de ces films est connu de certains cinéphiles, comme son très bon The Foreigner avec Pierce Brosnan et Jackie Chan en 2017. Mais le reste de la carrière de Campbell, oscillant souvent entre polar et action, sans jamais vouloir péter plus haut que son cul, reste plutôt intéressante, et même, divertissante. Si l’on retire de l’équation l’erreur de parcours que fut Green Lantern en 2011. Alors souvent, ça s’articule autour de scénarios basiques et clichés, mais le savoir-faire du réalisateur, son sérieux à toute épreuve peu importe le projet, et le fait qu’il sait s’entourer d’acteurs crédibles et que l’on apprécie, ça fait pencher la balance du bon côté de l’équation. The Protégé en 2021 c’était une bonne petite série B par exemple. Et s’il a déjà signé trois films depuis, et que je n’ai ni jeté un œil à Memory avec Liam Neeson, ni à Dirty Angels avec Eva Green, j’ai pu jeter un œil à son tout dernier film, modeste production Anglaise au budget de 25 millions, qui s’est bien planté au box-office un peu partout dans le monde, ne récoltant qu’un peu plus d’un million. Cleaner, à ne pas confondre avec le soporifique film du même nom signé Renny Harlin, ça ne réinvente rien.
Dans les faits, on pourrait même dire que c’est encore une énième copie de Die Hard, avec un building, lieu principal de l’action, des terroristes, une prise d’otage, et un personnage principal qui est au mauvais endroit, au mauvais moment. Si l’on regarde l’une de ses pochettes officielles, on grince encore plus des dents en voyant là un plagiat pur et simple de la pochette de Insurgent, second opus de la saga jamais terminée Divergent. Et on pourrait sourire en voyant que notre héroïne, jouée par Daisy Ridley (Rey dans Star Wars), est laveuse de fenêtres, ce qui rapprocherait presque plus le film de… La Tour Montparnasse Infernale en fait que de Die Hard. Mais coupons court à tout suspense, Cleaner, grâce à pas mal de petits éléments déjà cités dans le premier paragraphe (l’implication et le sérieux sans faille du réalisateur, un casting compétent), c’est finalement une copie de Die Hard tout à fait compétente, qui ne tire jamais sur la corde en durant 1h37, qui se fait efficace et sec au niveau de l’action quand elle débarque, et qui se suit comme à l’époque où ce genre de productions dites de mid-budget arrivaient par dizaine et dizaine, tout le temps. Une anomalie donc aujourd’hui, pour un film de cinéma (qui sera sans doute en VOD seulement chez nous en France), où l’on ne trouve principalement que les méga gros blockbusters fiers de leurs budgets qu’ils n’arrivent même plus à rentabiliser, et les plus petits films lorgnant vers le cinéma d’auteur. Donc, Daisy Ridley joue Joey, laveuse de fenêtres dans une tour de Londres, qui a ses soucis familiaux notamment avec son frère Michael, autiste, et qui a la fâcheuse manie de dire le mot Fuck encore plus vite que moi (ce qui est un exploit). Et en ce jour bien particulier, alors qu’elle travaille tard, et qu’un gala a lieu dans le bâtiment, voilà que des terroristes écologistes menés par Clive Owen qui se fait trahir après seulement quelques scènes débarquent, prennent tout le monde en otage, et qu’évidemment, seule notre laveuse de carreaux va pouvoir leur péter la gueule.
Et Cleaner donc, c’est très sympa. Ça ne réinvente rien, ça ne fait rien de follement original, mais c’est efficace, court, l’action bien que tardant à véritablement arriver est de bonne tenue avec des combats courts, secs et violents, le casting fait du bon boulot pour être crédible, et la relation entre Joey et son frère Michael est crédible, ce qui aide à apprécier les personnages et à les rendre crédibles. Modeste production oblige par contre, outre son manque d’originalité, on pourra tiquer sur certains effets visuels, très rares, mais peu naturels, ce qui est toujours dommage. Mais ils restent très rares, c’est vrai. Quand au reste, nous sommes là face à un thriller assez basique, qui retarde un maximum l’action, les premières vraies scènes musclées arrivant après la première heure, mais qui n’ennuie jamais, et fait ce qu’il doit faire, de manière plutôt propre, sans éviter aucun cliché mais en fonçant droit dedans, et au final, et bien, pourquoi pas, ça fonctionne plutôt bien. Qu’importe si on se doute du dénouement, si certains personnages accordent leur confiance trop rapidement, ou que Clive Owen ne soit au final qu’un caméo de luxe, ou que Daisy Ridley ne mette quand même une heure avant de rentrer dans l’immeuble. Si on ne lui en demande pas trop, on passe un bon moment devant Cleaner, que l’on oubliera peut-être rapidement, mais qui fonctionne sur le moment. Et ce sans dépenser des centaines de millions.
Les plus
Daisy Ridley crédible
L’action, rare, mais sèche et efficace
Techniquement, un Campbell comme toujours appliqué
Les moins
Rien de neuf
Un sous Die Hard
Oui, Clive Owen est là, pour trois minutes
En bref : Cleaner ne rentrera certainement pas dans l’histoire, mais il est assez bien rodé pour divertir dans la catégorie des sous Die Hard.
A FEW WORDS IN ENGLISH | |
THE GOOD | THE BAD |
♥ Daisy Ridley is convincing ♥ The action is rare, but effective ♥ Technically, as often, Campbell does a good job |
⊗ Nothing new ⊗ Just a Die Hard bis ⊗ Clive Owen, just here for a few minutes |
Cleaner won’t be remembered as a great action flick, but it’s well made, enough to entertain as a Die Hard bis. |
Oui, un petit film bancal mais sympa, comme d’autres Campbell récents (MEMORY, correct par exemple). Le haut du panier ce sont ses James Bond, VERTICAL LIMIT… Le milieu du panier de sa filmo c’est THE PROTEGE, THE FOREIGNER, et le bas eh bien CLEANER, MEMORY, mais tout en restant divertissant, c’est tout à son honneur. Comme tu le dis on n’a pas l’impression de perdre son temps, on passe un petit moment sympa.
Pas vu MEMORY tiens. Faudrait que je revois THE FOREIGNER, j’avais vraiment beaucoup aimé et le mettrais dans le haut du panier perso. Sauf si je me suis juste emballé à l’époque. Mais ouais, dans tous les cas, ça reste toujours divertissant et honnête avec Campbell, qu’on pourrait considérer comme un faiseur de la vieille école, et donc, ça garde l’efficacité sans fioriture que ça implique.
Faut que je me bouge pour te filer son précédent, et le voir aussi d’ailleurs.
Je vais essayer de revoir THE FOREIGNER, je pourrais éventuellement le réévaluer.