KISARAGI STATION RE: (きさらぎ駅 Re:) de Nagae Jirô (2025)

KISARAGI STATION RE:

Titre Original : きさらぎ駅 Re:
2025 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h22
Réalisation : Nagae Jirô
Musique : –
Scénario : Miyamoto Takeshi et Nagae Jirô

Avec Honda Miyu, Tsunematsu Yuri, Sato Eriko, Okina Megumi, Serizawa Tateto, Nanami Taki, Terasaka Raiga, Taiga Okawa et Shibata Akiyoshi

Synopsis : Il y a trois ans, Asuka Miyazaki est miraculeusement revenue vivante de l’autre monde connu sous le nom de « Station Kisaragi ». Pourtant, elle a conservé son apparence d’il y a vingt ans, ce qui suscite les regards froids et la suspicion du public. Contrainte à une vie de solitude et de désespoir, elle est abordée par Kadonaka Hitomi, une réalisatrice de documentaires renommée. Cette rencontre fatidique fait naître en elle une nouvelle détermination. Pour sauver Tsutsumi Haruna, qui avait risqué sa vie pour elle, et ceux qui sont encore restés dans l’autre monde, Asuka retourne à nouveau dans la « Station Kisaragi ».

S’il n’a jamais signé depuis ces débuts un seul grand film, je reste pourtant un défenseur de Nagae Jirô. J’y vois un passionné, qui essaye de s’en sortir avec des budgets risibles. Alors oui, parfois, ça marche, comme à une lointaine époque avec Kotsutsubo, ou récemment avec The Samejima Incident (qui parvenait à jouer en plus sur l’actualité pour justifier son manque de moyens), et le premier Kisaragi Eki en 2022. Trois ans déjà. En voyant du coup une suite débarquer, toujours signée par le réalisateur, avec une grande partie du casting original derrière, et en prime, un scénariste qui avait déjà bossé sur le précédent, mais aussi le Nightmare Resort (encore de Nagae) ou l’excellent Hitori Kakurenbo Shin Gekijôban en 2010, j’étais clairement partant. Partant pour repartir à l’aventure en m’aventurant dans cette légende urbaine du net. Le premier film, bien que clairement fauché, tirait pour moi son épingle du jeu grâce à une gestion plutôt réussie du grotesque des situations, ce qui rendait alors les effets spéciaux, parfois bancals, amusants et étranges à la fois. Un équilibre précaire. Que le réalisateur pouvait parvenir à reproduire avec cette suite. Ou échouer lamentablement. Alors, bon point pour commencer, le métrage n’est pas un simple copier-coller. L’équipe aurait pu tout simplement changer les personnages et repartir dans une aventure à l’identique, et ce n’est absolument pas le cas. Nous avons, à la place, une suite directe, avec l’unique survivante du premier film, Miyazaki, qui décide de repartir à la station maudite qui n’existe pas vraiment, dans l’autre monde donc, afin de sauver ceux qui, à la fin du métrage, sont restés en arrière. Et malheureusement, sans être totalement mauvais, Kisaragi Eki Re est bancal bien comme il faut, et laisse de côté les qualités de l’original pour partir dans des horizons plus discutables.

Déjà, Nagae Jirô se prend étonnement durant les 15 premières minutes pour Shiraishi Kôji, en mode faux documentaire. Il maitrise l’artifice moins bien que le maître en la matière, et il faut avouer que cette ouverture n’est pas bien encourageante, bien que regardable. C’est lorsque Miyazaki décide enfin de refaire le trajet spécifique pour retourner à la station Kisaragi que pendant un bref instant, alors que le film retrouve enfin la forme d’un film normal, j’y ai cru. L’ambiance monte, la musique d’atmosphère monte, la caméra joue sur les trains, les longs trajets, les reflets, l’obscurité dehors. On sait évidemment à quoi cela va mener, on sait que l’effet de surprise ne sera plus là, mais pourtant, ça a marché, sur moi, pendant une poignée de minutes. Jusqu’à ce que notre personnage soit enfin sur place, et retrouve donc les personnages du premier film. Et là, le film fait deux grosses erreurs, se tirant une balle dans chaque pied… ou une cartouche de fusil. La première erreur, c’est de changer le concept simple pour faire de cette suite une sorte de Jour sans Fin. Les personnages tentent de quitter ce lieu maudit, meurent le plus souvent, et hop, on se réveille de nouveau dans le train pour un nouvel essai. Alors en soit, ça aurait très bien pu fonctionner après tout, montrer l’épuisement chez les personnages par exemple, ou une confiance durement gagnée qui s’efface petit à petit. Mais on a vite l’impression que l’artifice sert en fait surtout à faire durer le métrage, et à justifier le second ajout du métrage. Vous pouvez ici, à de rares occasions près, dire adieu au grotesque, à l’étrange, à l’horreur, mais dire bonjour à la place à l’humour, souvent raté. Kisaragi Eki Re est en effet quasiment une comédie.

Ou du moins, il fait tout pour nous donner cette impression, avec un comique de répétition, des personnages qui ont des réactions over the top, des coups de pieds sautés vers des vieux. Alors oui, dans le lot, plusieurs gags auront su me faire sourire, comme le coup du pauvre chauffeur assommé à coups de pierres. Mais le plus souvent, c’est lourd, et ça retire en réalité tout impact aux diverses menaces rencontrées, qui font plus office d’éléments pour ralentir un poil la progression du groupe. Alors oui, il y a aussi le coup de l’œil, qui aura su me surprendre, mais qui, en étant utilisé beaucoup trop longtemps, perd lui aussi rapidement de son intérêt. Et du coup, comme le grotesque est remplacé par un simple humour qui fonctionne rarement, on pardonne également moins la qualité des CGI, parfois rudimentaires, et des fonds verts, ultra voyants. Reste à savoir si le souci vient réellement du scénario validé ou du ton qu’a voulu employer le réalisateur pour différencier cet opus du précédent ? Reste donc quelques sourires, une poignée de scènes qui fonctionnent au départ, et une chute finale pas si mal, noyées dans un film qui sera très vite oublié.

Les plus

Quelques bons coups
L’arrivée à Kisaragi
Quelques sourires devant, c’est vrai

Les moins

L’humour souvent raté
Impossible à prendre au sérieux
Quelques moments trop longuets
Des menaces peu menaçantes

En bref : Kisaragi Eki Re, c’est une suite qui change de ton, pas pour le meilleur. Quelques rares moments relèvent le niveau, mais ça ne suffit pas, quand ça veut partir dans de l’humour qui fonctionne si peu, dommage.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A few good ideas
♥ The arrival at Kisaragi Station
♥ A few laughs, it’s true
⊗ The jokes are often bad
⊗ Impossible to take it seriously
⊗ A few moments are too long
⊗ The threats are not really threatening
Kisaragi Station Re:, it’s a film with a new tone, and not for the best. A few moments are better, but it’s not enough, when it wants to be a comedy or almost, and fails.

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