THE RUNNING MAN de Edgar Wright (2025)

RUNNING MAN

Titre Original : The Running Man
2025 – Etats Unis
Genre : Action
Durée : 2h13
Réalisation : Edgar Wright
Musique : Steven Price
Scénario : Edgar Wright et Michael Bacall

Avec Glenn Powell, Josh Brolin, Michael Cera, Colman Domingo, Lee Pace, Emilia Jones, Jayme Lawson, William H. Macy, Katy O’Brian, David Zayas et Karl Glusman

Synopsis : Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.

En 1987, The Running Man était adapté au cinéma, dans une adaptation kitch, pleine de punchlines, et très différente du roman. Un film que je peux considérer comme un plaisir coupable, car oui, j’aime bien ce Running Man. L’idée de refaire une adaptation ne date pas d’hier, surtout que les adaptations de Stephen King sont toujours, ou du moins souvent un bon moyen de faire rentrer de l’argent dans les caisses, malgré quelques erreurs de parcours, parfois évidentes (qui veut encore voir un opus des Enfants du Maïs après tant de désastres ?), parfois plus tristes (Doctor Sleep, un échec injuste). Et en 2025, King est très présent sur les écrans, entre The Monkey, The Long Walk et maintenant cette nouvelle adaptation de The Running Man signée Edgar Wright. Un réalisateur talentueux, même si je n’adhère pas à tous ces métrages (je déteste The World’s End par exemple), mais qui niveau box-office, a souvent eu des déconvenues dès qu’on lui offrait un budget confortable. Jusque-là, son plus gros budget était Scott Pilgrim, et si avec les années, c’est devenu culte, ça a été un flop à sa sortie. Mais comme en 2025 les studios ont décidé de tous se lancer dans des défis improbables avec des budgets ultra risqués (le Bong Joon-ho et ses 130 millions, le Paul Thomas Anderson et ses 130 millions également, le nouveau Tron et son budget de 220 millions), Edgar Wright récupère lui aussi un budget monstrueux pour réadapter The Running Man. Depuis, on le sait, ce fut un échec financier, un de plus pour 2025. 110 millions de budget pour seulement 68 millions récoltés dans le monde, ça fait très mal. Était-ce un échec injustifié ? C’est compliqué, car si en soit The Running Man n’est pas foncièrement un mauvais film, il reste néanmoins une déception, et un opus plutôt faible de la part de son réalisateur. Pourtant tout faisait envie, entre le sujet du film, son casting prometteur avec Glen Powell (Top Gun Maverick, Tout Sauf Toi), mais aussi Josh Brolin, Michael Cera, William H. Macy, et même un minuscule petit rôle pour David Zayas (Batista dans la série Dexter). Et puis un film d’action par Edgar Wright, lui qui a un style très affuté, speed, joue sur le rythme, et a déjà prouvé qu’il savait filmer l’action avec Scott Pilgrim et Baby Driver, c’était parfait.

Et d’ailleurs, durant la première heure, malgré des imperfections et le fait que le film ne soit pas non plus exceptionnel, ça fonctionne plutôt bien, et ce même si le film détonne moins niveau mise en scène comparé à nos attentes, oui, mais aussi comparé à ce que le réalisateur nous avait habitué par le passé. Et il faudra plus qu’un générique musical rappelant un brin Baby Driver dans son ton, son rythme et son découpage pour nous convaincre. Pour autant, oui, la première heure, avec la présentation de son univers, de ses personnages aux motivations simples, et de ses émissions folles qui envahissent le futur, où les candidats sont tués en live, ça fonctionne. Le casting fait le boulot avec un Glen Powell énervé et qui le fait comprendre (frontalement, malgré l’ironie de la première ligne de dialogue du film), toutes les petites apparitions font mouche, le petit clin d’œil au film original avec la tête de Schwarzenegger sur un billet de nouveaux dollars fait rire, l’action tant promis promet d’être plus violente et radicale que dans le premier métrage. Et même si la mise en scène, il est vrai assez tape-à-l’œil, s’efface au profit d’un gros budget de studio, l’ensemble reste plutôt propre visuellement, que ce soit dans la mise en scène, ou dans les effets visuels. L’ensemble manque certes déjà de subtilité tout en montrant quelques-unes de ses limites, mais le côté divertissant l’emporte. Malheureusement pour lui, The Running Man dure tout de même 2h13, et s’étire clairement en longueur dans des moments pas toujours utiles, ni pour le récit, ni pour son univers. Le passage avec Michael Cera vivant chez sa grand-mère par exemple a bien du mal à fonctionner, surtout lorsque le tout s’achève par des pièges qui feraient plus penser à de l’improvisation façon Maman j’ai raté l’avion plutôt qu’à des pièges réfléchis depuis des années par vengeance comme cela aurait dû être le cas.

Et encore une fois, avec une telle durée en réalité, cette poursuite qui aurait dû être explosive et non-stop montre vite ses limites avec des pauses trop fréquentes, et un scénario qui accorde beaucoup plus d’importance au personnage principal et au drame familial plutôt qu’à ce qui aurait dû être l’intérêt principal du métrage, à savoir son univers dystopique, le contrôle des médias, bref, ce que notre monde réel est doucement mais sûrement en train de devenir. Le film en plus hésite souvent, préférant jouer la carte de l’humour et donc adoucir de nombreux moments durant l’action plutôt que d’y aller à fond et d’être méchant. Alors oui, le budget de 110 millions derrière a dû jouer dans le résultat, mais c’est malgré tout dommage, surtout que si Edgar Wright maitrise l’humour, et qu’il est en parti responsable du scénario ici aussi, le résultat à l’écran n’est que rarement vraiment drôle. On n’en veut pour autant pas forcément au réalisateur, qui fait ce qu’il peut, qui parvient néanmoins malgré une personnalité absente à soigner son visuel et son univers, mais on se demande en fait réellement s’il était nécessaire, ou même possible de tenter d’adapter The Running Man avec un tel budget pour en faire un blockbuster. Car nous sommes ici au final bien plus proche d’un simple blockbuster d’action tout public, avec des personnages agissant souvent pour la bonne cause lorsqu’ils sont gentils (l’honneur, la famille, tout ça), et juste très très méchants lorsqu’ils doivent être méchants, car ils aiment l’argent et le pouvoir. Simpliste, sans nuance, mais ironiquement aussi trop lisse, et surtout trop long. Edgar Wright signe bien là l’un de ses métrages les plus faibles, et sans doute aussi son métrage le moins marquant. Ça n’explique certainement pas son flop, surtout quand les critiques ne sont pas non plus désastreuses, et qu’il y a autant de noms vendeurs devant et derrière la caméra, mais le résultat est là, et sera vite oublié.

Les plus

Impersonnel mais visuellement propre malgré tout
Un beau casting
Quelques bonnes scènes d’action
Divertissant on dira

Les moins

Beaucoup trop long
Trop simpliste et manichéen
Pas autant de folie qu’espéré
Un film trop impersonnel et oubliable

En bref : Déception que ce Running Man version 2025, simple blockbuster parfois efficace, correctement emballé, mais trop long et trop lisse vu son sujet.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Impersonal, but well made
♥ A good cast
♥ A few good action scenes
♥ Entertaining most of the time
⊗ Far too long
⊗ Too simplistic
⊗ Not crazy enough
⊗ Too impersonal and forgettable
This new version of the Running Man is a simple blockbuster, often effective, well made, but too long and too clean for the subject.

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