Titre Original : The Owners
2020 – Angleterre
Genre : Home Invasion
Durée : 1h32
Réalisation : Julius Berg
Musique : Paul Frazer et Vincent Welch
Scénario : Mathieu Gompel et Julius Berg
Avec Maisie Williams, Silvester McCoy, Rita Tushingham, Jake Curran, Andrew Ellis, Ian Kenny et Stacha Hicks
Synopsis : Une jeune femme se retrouve au milieu d’une situation qui la dépasse après que son petit ami et le meilleur copain de ce dernier aient décidé de cambrioler une maison. Quand les propriétaires âgés de la villa reviennent plus tôt que prévu, les jeunes voleurs se livrent au jeu de chat et de souris car le couple semble moins gentil qu’il n’y paraît…
Le home invasion est un genre très codifié et souvent peu surprenant, mais qui demeure, lorsqu’il est bien fait, efficace quoi qu’il arrive, et depuis la sortie de Don’t Breathe, les œuvres se sont multipliées, avec plus ou moins de succès. Même si déjà avant, les œuvres commençaient, en cherchant bien, à affluer, avec par exemple The Strangers en 2008, Ils en 2006 ou You’re Next en 2011. Mais récemment, ça semble se multiplier, avec le sympathique The Babysitter (et sa calamiteuse suite) en 2017, Us en 2019, Hush en 2016, Emelie en 2015, No One Will Save You en 2023, bref, l’amateur a de quoi faire. The Owners, modeste production Anglaise (avec l’aide de la France via Wild Bunch) de 2020, sortie chez nous seulement en VOD en 2023, rejoint la longue liste, avec un postulat de départ identique à Don’t Breathe. Un groupe de trois jeunes, la copine de l’un d’entre eux, un cambriolage chez des personnages âgées, et le tout qui dérape. La majeure partie du temps, The Owners apparaît donc comme une copie conforme de Don’t Breathe, en bien moins appliqué visuellement, sans pour autant être un métrage honteux. Il s’en détache évidemment sur la fin du film, mais il a bien trop de défauts pour être considéré comme un vrai métrage solide. Un petit divertissement oui, un film pas désagréable également, et pour un premier long métrage de la part du Français Julius Berg, de vrais bons moments de tensions, mais le tout souvent saboté par l’écriture. On peut comprendre pourquoi les distributeurs n’ont pas prit le risque d’offrir une sortie cinéma au métrage, tant ce que propose le métrage a souvent été proposé ailleurs, en mieux. Ici donc, quatre jeunes Anglais, qui surveillent une maison. Pas de grosse introduction autre le fait qu’il y a un couple, le meilleur ami et celui qui dirige un peu la bande avec sa grande gueule, la maison cible est déjà repérée et quelques minutes après le début du métrage, les jeunes sont déjà à l’intérieur.
Mais pas de grosse introduction ne veut pas dire que le métrage va nous lancer dans 1h30 de tension non-stop, non. On pourrait même dire que The Owners prend son temps, avec une première partie avant l’arrivée des habitants de la maison, servant donc à placer les enjeux, à bien cerner les « personnalités » des quatre intrus, et à nous faire comprendre la géographie des lieux dans lesquels le film s’enferme pendant tout ce temps. Puis les habitants rentrent, la tension peut s’installer, avant que tout ne dérape et ne parte dans une dernière partie, à la fois la plus divertissante mais également la moins convaincante. Car The Owners a de sérieux soucis d’écriture, en particulier en ce qui concerne ses personnages. On a souvent tendance à dire que les personnages prennent des décisions stupides dans les films de genre, que ce soit d’horreur, à suspense, thriller, fantastique et j’en passe. Parfois, on l’accepte, car oui, sous le coup de l’urgence, du stress, on ne prend pas toujours les décisions les plus rationnelles. Il ne faut juste pas que le film pousse le bouchon trop loin pour atteindre le niveau de Alien Covenant, ou de la série Alien Earth (oui, la saga Alien a des personnages désastreux depuis 15 ans maintenant). Et The Owners malheureusement, passé une première partie solide, à défaut d’avoir des personnages qui attirent notre sympathie, décide en cours de route que toutes les pires décisions seront prises, même celles qui n’ont strictement aucun sens. Entre un vieux prêt à tout pour garder secret le contenu de son coffre-fort même lorsque la vie de sa femme est menacée, et des intrus qui tout à coup, vont faire confiance à leurs captifs alors qu’ils étaient sur le point de se torturer deux scènes plus tôt, allant tranquillement boire le thé, et bien ça fait beaucoup, surtout quand le concept du doute et de la confiance s’étire sur la durée. Et c’est vraiment dommage, car s’il faut souligner un point, ce sera bien l’interprétation.
En ce qui concerne les rôles principaux en tout cas. Maisie Williams, qui a en tout cas du mal à bien choisir ses projets au cinéma, se montre extrêmement convaincante dans son rôle, à défaut d’avoir un personnage extrêmement bien écrit, mais c’est surtout Sylvester McCoy face à elle qui bouffe à l’écran, se montrant hautement divertissant et même jouissif à regarder, dans sa gestuelle, et à écouter, dans un jeu qui n’est pas sans rappeler par exemple un Ian Holm lorsqu’il joue les psychopathes avec un calme légendaire (From Hell par exemple). C’est le même genre de jeu ici, et c’est extrêmement efficace. Ça le serait encore plus oui si à côté, les autres personnages n’étaient pas stupides. Et c’est très dommage, car autant dans ses moments là que dans les quelques moments de tension réussis que l’on trouve éparpillés dans le métrage, ou ses rares élans sanglants, The Owners parvient à convaincre. C’est d’ailleurs là que le film prouve à la fois sa limite et son salut, quand pour sa dernière ligne droite, après de multiples décisions illogiques, le réalisateur lâche prise, lâche son scénario, lâche la folie des personnages, et même de sa mise en scène en changeant son format d’image comme ça, pour tout resserrer dans son cadre, ses personnages, ses enjeux (maigres), sa folie. Dommage que ce soit si inabouti sur le reste.

Les plus
Maisie Williams convaincante
Sylvester McCoy, excellent et fun
Quelques bonnes scènes de tension
Un final qui se lâche un peu plus
Les moins
Extrêmement classique dans le genre
Des personnages pas fous
Tant de décisions stupides
En bref : The Owners est un home invasion ultra classique, avec son gros lot de défauts, mais divertissant si l’on aime le genre, notamment grâce à son casting et une dernière partie plus radicale.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Maisie Williams is convincing ♥ Sylvester McCoy is excellent and fun ♥ Some good tension scenes ♥ A slightly more unhinged ending |
⊗ Extremely typical of the genre ⊗ Characters aren’t great ⊗ So many stupid decisions |
| The Owners is an ultra-classic home invasion film, with its fair share of flaws, but entertaining if you like the genre, especially thanks to its cast and a more radical final part. | |


















