L’AVION DE L’APOCALYPSE (Incubo sulla Città Contaminata) de Umberto Lenzi (1980)

L’AVION DE L’APOCALYPSE

Titre Original : Incubo sulla Città Contaminata
1980 – Italie / Espagne / Mexique
Genre : Horreur
Durée : 1h31
Réalisation : Umberto Lenzi
Musique : Stelvio Cipriani
Scénario : Antonio Cesare Corti, Luis Maria Delgado et Piero Regnoli

Avec Hugo Stiglitz, Laura Trotter, Maria Rosaria Omaggio, Francisco Rabal, Sonia Viviani, Eduardo Fajardo, Stefania D’Amario, Ugo Bologna, Sara Franchetti, Manuel Zarzo et Mel Ferrer

Synopsis : Un avion sorti de nulle part atterrit sur la piste d’aéroport d’une grande ville. Il en sort une horde de zombies aux visages défigurés et affamés de chair et de sang humain. Et de là l’épidémie commença.

L’Avion de l’Apocalypse est une énigme, et un film d’extrêmes. Un très honnête artisan au départ qui débute les années 80 avec une coproduction entre l’Italie, l’Espagne et le Mexique qui sent bon le nanar, un film qui surfe sur la vague de films de zombies mais cherche à tout prix à s’en éloigner, une vraie générosité mais un ton relativement soft, des acteurs secondaires qui essayent d’y croire mais un acteur principal qui a l’air tout sauf heureux d’être dans le film, des morts par centaine littéralement et un rythme endiablé dès le début du film mais un côté très répétitif, des pseudos zombies et pleins de meurtres mais une quasi absence de gore qui surprend… Oui, un film d’extrêmes. Au début donc, il y a un scénario, avec des zombies assez lents. Umberto Lenzi arrive sur le projet après que Enzo G. Castellari ne le refuse, lui qui avait déjà refusé l’Enfer des Zombies, et il demande immédiatement à changer les zombies lents par une contamination et des contaminés ultra rapides, et pouvant même se servir d’armes, coordonner leurs attaques et j’en passe. Il voit bien Franco Nero dans le rôle principal, ou Fabio Testi, mais la production lui impose un acteur Mexicain, vu que le marché Mexicain est visé. Le rôle principal arrive donc entre les mains de Hugo Stiglitz, soit l’acteur le moins concerné que j’ai pu voir dans un film depuis un bout de temps. Le budget doit être extrêmement bas, Lenzi tourne son film à Rome et le film sort à temps sur les écrans Italiens pour Noël 1980. En France, il faudra attendre l’été 1982, le temps de couper 10 minutes au montage, 10 minutes à un film qui parfois manque déjà un peu de logique. Et avec les années, L’Avion de l’Apocalypse est devenu culte. Enfin, culte, pour ceux aimant les nanars, car en prenant le film sérieusement, c’est déjà plus compliqué, même si Tarantino adore le film.

Un avion militaire mystérieux atterrit alors que Dean Miller, un journaliste, est sur place pour livrer une interview censée apaiser le public face au danger du nucléaire. Sauf que l’avion a justement traversé un nuage radioactif, ce qui a changés ses occupants en… en… c’est compliqué puisque personne ne semble être d’accord sur la menace, en tout cas, dans la version doublée en Anglais du film, ou parfois, ils sont appelées des vampires, parfois des zombies. Sauf qu’en vrai, ce sont des infectés au nucléaire, encore vivants. Le titre Espagnol du film parlera lui de zombies atomiques, rien que ça. En tout cas, grâce aux réunions de l’armée dans le film, on apprendra que les infectés attaquent et se nourrissent de sang car le nucléaire agit à grande vitesse sur les globules rouges. Bon, j’aurais appris des choses hein, merci monsieur Lenzi. En tout cas, les portes de l’avion s’ouvrent à peine quelques minutes après le lancement du film, et le carnage peut donc commencer. Carnage autant dans les faits, puisque le métrage affiche un rythme qui ne veut jamais faiblir de la première à la dernière minute, que carnage cinématographique. Car le métrage se retrouve très rapidement avec les défauts de ces qualités. Les infectés attaquent d’entrée de jeu et notre héros va vite retrouver sa femme bossant à l’hôpital et va tenter de fuir la ville avec elle. Ce rythme effréné, cette fuite constante en avant, elle donne un côté qui ne s’arrête pas au film, qui bouge tout le temps, mais avec un budget aussi réduit, on se doute rapidement qu’il y aura un contre-coup. Ou plusieurs. Le premier, c’est évidemment que Lenzi a beau être généreux, avec plus d’une centaine de morts dans son film, ce qui est un beau palmarès il faut l’avouer, assez rare dans le genre, son budget réduit ne lui permet pas de faire des miracles, ni avec la caméra, ni au niveau des effets spéciaux. C’est donc filmé de manière dynamique mais sans aucun génie, sans jamais utiliser les spécificités des lieux, à l’exception de l’assaut de la station de tv.

Pour le reste, c’est simple, que ce soit une maison, un hôpital, une station-service, un lieu intérieur reste un lieu intérieur et point barre. L’autre défaut évidemment, ce sont les effets spéciaux, souvent risibles. Alors oui, il y a bien quelques morsures, blessures, coups de couteaux ou headshots qui sont plus soignés que les autres, mais en ce qui concerne les infectés, c’est un peu la tristesse absolue, avec des figurants qui semblent parfois juste recouverts de boue, et voilà. Difficile à prendre au sérieux, encore plus avec ce grand Hugo Stiglitz dans le rôle principal. Qu’il soit en train de boire un café, de parler à sa femme, de courir, d’avoir peur, de tuer des infectés, il n’aura, tout le long du film, qu’une seule et même expression, celle de l’homme qui se demande s’il a pensé à éteindre la machine à café avant de partir de chez lui le matin. Je sais de quoi je parle, j’ai souvent ce souci. Du coup évidemment, voir ce film, c’est divertissant, rythmé, mais très difficile à prendre au sérieux, malgré la générosité dont fait preuve Lenzi, malgré la musique plutôt sympathique de Stelvio Cipriani (un artiste dont je parle peu, alors que tout de même, il a bossé pour Bava sur La Baie Sanglante, pour Martino sur Le Grand Alligator, et pour Cameron sur… Piranha 2…). Et tout ça, c’est sans oublier son final, qui… qui interroge sur ses intentions, son possible message, sur pourquoi un tel bordel en vrai ? Divertissant, plaisant, amusant, mais bancal, raté et kitch. Lenzi n’aura de toute façon jamais vraiment franchit le cap des années 80, livrant par la suite œuvres mineures, films de commandes fauchés et quelques téléfilms avant de se retirer du cinéma en 1992.

Les plus

Un vrai rythme endiablé
Une générosité de tous les instants
Des actrices charmantes
Du sang, beaucoup, et des effets gore rares mais là

Les moins

Difficile à prendre au sérieux
Le maquillage des infectés, risible
Hugo Stiglitz, aucune expression
Sanglant, mais trop sage en fait

En bref : L’Avion de l’Apocalypse n’est pas un bon film, mais il peut néanmoins divertir pendant 1h32 grâce à son rythme de croisière assez fou et sa générosité, en attaques, en situations, en boobs aussi. Mais c’est trop fauché, trop risible pour être bon.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ What a pacing, damn
♥ Always generous
♥ Charming actresses
♥ Blood, a lot, and a few gore effects
⊗ Hard to take seriously
⊗ The make-up for the infected
⊗ Hugo Stiglitz, no expression
⊗ Bloody, but in fact so soft
Nightmare City isn’t a good film, but it’s entertaining for 92 minutes thanks to its crazy pacing and its generosity, with many attacks, many situations, oh and boobs. But no money there, and hard to take seriously, too hard to be good.

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