Sortie : 22 Novembre 2022
Genre : Le bon, la brute et le vampire
Studio : Flying Wild Hog
Éditeur : Focus Entertainment
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : Playstation 4 et 5, Xbox One et Series, PC
Synopsis : Jesse Rentier, l’un des derniers agents d’une organisation clandestine de chasse aux vampires, doit protéger la frontière américaine des monstruosités surnaturelles.




J’étais totalement passé à côté d’Evil West à sa sortie, n’en ayant même jamais entendu parler avant de tomber récemment dessus à très bas prix dans sa version Playstation 5. Sans même me renseigner, mais avec sa promesse de mélanger western et vampires, le tout avec un héros bad-ass adepte de punchlines qu’une bonne série B des années 80 n’aurait pas renié, je me suis lancé dans l’aventure, avant de m’apercevoir que le jeu était développé par Flying Wild Hog, le studio Polonais derrière les récents Shadow Warrior. Et j’avais adoré le premier Shadow Warrior… mais jamais terminé sa première suite, et donc ne me suis même pas procuré le troisième opus. Pour Evil West, adieu la vue FPS, bonjour la vue TPS, puisque si l’on devait résumer assez grossièrement le jeu, l’on pourrait parler d’un mélange entre un Devil May Cry et les récents God of War (qu’il faudra que je fasse, un jour), le tout donc dans une ambiance western, et où notre héros, Jesse Rentier, extermine à coup de six coups, de fusil, de lance-flamme et de gant électrifié des vampires, mais aussi des loups-garous et pas mal d’autres créatures infernales. Premier point mais qui peut sembler anodin, dès le lancement de jeu, en plus du classique choix de la difficulté, le jeu nous propose un choix inédit dans le monde du jeu vidéo. Activer ou non le mode arachnophobe. Alors, étant arachnophobe, et face au côté inédit de la chose pouvant clairement indiquer que ça va loin à ce niveau, en tout cas plus que les 5 ou 6 malheureuses araignées géantes croisées dans les Resident Evil, j’ai bien évidemment activé ce mode. Et voilà, l’aventure commence, cash, après une cinématique avec un beau train qui explose et notre héros qui parcourt le désert sur son cheval, accompagné de son ami Edgar. Tous deux travaillent pour l’institut Rentier, dirigé par le père de Jesse, chassant en toute « discrétion » les créatures de l’enfer que le commun des mortels ne connait pas. Discrétion entre gros guillemets, car vu le bordel qui va se dérouler et le côté explosif de l’aventure, le monde entier devrait bien connaître l’existence des monstres.




Qu’importe. Dans le premier niveau, faisant office de tutoriel, nous apprenons en toute logique les bases élémentaires du gameplay oh combien subtil. En gros, on va évoluer durant 16 chapitres dans des niveaux fermés, des couloirs plus ou moins bien camouflés, en tuant absolument tout ce qui va se dresser sur notre route. Attaques à distance en utilisant des armes à feu classiques et typiques de l’époque, lance-flamme très utile pour brûler les toiles d’araignées, une gatling peu puissante mais avec une belle vitesse de tir, et bien entendu notre gant, sur notre main droite, qui permet d’éclater la tête de ce qui est sur notre route, et d’utiliser diverses attaques électrifiées une fois les compétences débloquées. Des compétences allant de l’électrocution temporaire de tous les ennemis, au run rapide jusqu’à un ennemi avant de le latter comme sur un ring de boxe jusqu’à la monumentale et très puissante attaque ultime. Niveau gameplay, Evil West ne renouvelle rien mais se montre être un élève plutôt appliqué, malgré un petit élément qui vient dynamiser les affrontements de manière assez inattendue. Là où en général, le joueur donne le rythme aux affrontements en fonction de nos enchainements, Evil West prend une tournure différente. Une tournure qui ne change rien au côté extrêmement bourrin et parfois jouissif du jeu, mais une tournure qui change la dynamique générale, puisque ce n’est pas le joueur qui instaure le rythme des affrontements, mais les ennemis. Le joueur lui devra réagir, en fonction des attaques en approches, et des ennemis face à lui. Et soit je suis très nul, soit le jeu se corse bien sur la fin (ma partie fut effectuée en mode normal), mais parfois, lorsque nous arrivons dans une zone blindée d’ennemis, dont des petits et des gros, et que tout ce bon monde nous fonce dessus, entre les attaques à distance, les ennemis courant vers nous avant d’exploser, les gros qui nous chargent avec une hache, voire des ennemis bien plus énervants (ceux se cachant dans le sol, ou ceux tirant des toiles d’araignées, qui nous ralentissent), c’est rapidement le bordel.




Il vaut mieux donc avoir de sérieux réflexes, et vite prendre justement le reflexe de se débarrasser des petits ennemis pour avoir assez d’énergie pour lancer une grosse attaque d’électricité sur un gros ennemi. Ou alors, encore une fois, c’est juste moi qui suis totalement nul à ce gameplay… Néanmoins, nul ou pas, j’ai apprécié la proposition et le gameplay qui nous force à être réactif en permanence plutôt qu’à bourriner et instaurer notre façon de jouer aux ennemis. Niveau gameplay donc, c’est du tout bon, ça fonctionne sans rien renouveler, ça fait le boulot, et pour une aventure durant en moyenne 10 ou 11 heures, c’est parfait. Un peu plus si vous tenez à découvrir tous les coffres (les niveaux étaient assez restreints, on en trouve beaucoup sans faire exprès). Car évidemment, comme souvent dans ce genre de jeu, il va falloir récupérer de l’argent, afin d’augmenter les attributs de nos armes, en plus d’augmenter de niveau pour obtenir des points de compétences et obtenir de belles nouvelles capacités. Un petit aspect RPG pas bien envahissant et qui fonctionne lui aussi plutôt bien. Et le reste alors ? Evil West en tout cas, c’est certain, ne brille pas par son intrigue ou ses personnages. C’est de la pure série B, volontaire et assumée, avec tout ce que l’on peut attendre d’un tel programme. Des héros bad-ass, de la répartie, des méchants qu’on explose avec une petite punchline, un poil de vulgarité, et ça fait le boulot pour suivre les aventures de Jesse, mais donc aussi d’Edgar, et de quelques autres personnages secondaires tout aussi clichés, comme William, le père de Jesse et directeur de l’institut, très rapidement attaqué par les vampires, Harrow qui fait partie du gouvernement, ou Emilia, chef d’une petite cellule tranquille qui nous viendra souvent en aide dans la ville de Calico, où l’on se rendra assez souvent entre plusieurs missions. L’intrigue, elle est simple et tout aussi clichée, puisqu’en traquant dans la mission d’introduction un puissant vampire, D’Abano, nous déclenchons sans trop le vouloir une guerre, puisque la fille du vampire, Felicity, tient à venger son père et à éradiquer l’espèce humaine.




Clichée du début à la fin mais fort plaisante à suivre, une intrigue qui fait le boulot sans être trop envahissante (pas de cinématiques de 5h), avec des gentils qui ont tous un franc parlé, et des méchants très méchants pour être détestables et avoir envie de les buter. Ni plus, ni moins, pendant environ 10 heures donc. Ceci dit, et ce défaut peut s’appliquer au final à beaucoup de jeux de ce genre, mais évidemment, le gameplay s’avère assez rapidement répétitif, l’ajout de nouvelles compétences ne venant pas franchement réinventer l’ensemble, mais comme le jeu ne tire pas sur la corde en durée de vie (contrairement au dernier Assassin’s Creed Shadows par exemple), on ne lui en veut pas vraiment, surtout que les niveaux durent pour la plupart environ 30 minutes, et donc que le jeu peut se faire par petites sessions. Quant aux boss, ils ne sont pas très nombreux, et offrent un bon challenge. On n’est pas dans Dark Souls, mais certains sont sans pitié et n’hésitent pas à nous enchaîner comme pas possible. Dans le fond donc, Evil West fonctionne et arrive à être ce qu’il veut être, à savoir un petit jeu fort sympathique. Et dans la forme ? Graphiquement déjà, Evil West fait le boulot (encore une fois). Ce n’est jamais renversant, ça aime en mettre néanmoins pleins les yeux avec des effets de lumières, des flammes, de la fumée, de la brume, partout, tout le temps, mais l’ambiance western assez rare dans les jeux fait plaisir, et le tout est plutôt bien modélisé, à défaut d’être vraiment beau. Enfin, beau, ça l’est, parfois, mais perfectible, et jamais renversant. Au niveau sonore par contre, la bande son est assez anecdotique, et donc totalement oubliable. Les bruitages sont fonctionnels mais comme on en vient rapidement à utiliser les mêmes coups, les mêmes armes, les mêmes tactiques, l’aspect limité des bruitages rentre vite en jeu. Pas honteux, mais comme pour les graphismes, vite limité.




L’on pourrait achever de parler du jeu en parlant du level design et de la variété des niveaux. En soit, les niveaux ne sont pas bien variés, entre des déserts et les canyons environnants, des manoirs, des forêts brumeuses et hantées. Il faut vraiment attendre les derniers niveaux pour avoir une pure ambiance western avec des petites villes, de jour. Car avant, même lorsque l’on explore une petite montagne ou bien une usine, ça ne change pas énormément de ce que l’on avait avant. Le fait que chaque niveau, même en extérieur, soit en réalité un long couloir avec peu d’embranchements vient probablement augmenter ce côté assez répétitif dans les niveaux visités. Je pourrais aussi parler des rares bugs du jeu, car oui, il y en a, mais ils restent rares, donc on ne lui en tiendra pas vraiment rigueur. Mais néanmoins, on passe un très bon moment sur Evil West. Pas jusqu’à lancer un new game plus dans l’immédiat (le jeu est entièrement jouable en coopération par contre), mais assez pour qu’on le quitte sur une note positive, un petit jeu plus que sympathique, encore plus car il n’essaye pas d’être ce qu’il n’est pas. Il n’est qu’un petit jeu dans une ambiance de série B voire Z, jamais fin, jamais subtil, jamais intellectuel, qui demande surtout quelques bons réflexes afin de démembrer tous nos ennemis, et comme on dit souvent, parfois, la vie est faite de petits plaisirs simples. Des plaisirs comme d’électrocuter à mort des zombies, d’exploser des ennemis à la hache, ou de faire exploser le haut de la tête d’un gros balèze à coup de fusil à pompe. Oui, les petits plaisirs de la vie sont dans Evil West…

Les plus
Un western avec des monstres
Un gros cachet de série B (Z ?)
Bourrin au possible
10h et c’est très bien
Des boss assez hard parfois
Ça va très souvent à l’essentiel
Pas hyper beau, mais une bonne direction artistique
Les moins
Par essence, un gameplay vite répétitif
Des combos souvent identiques
Graphiquement quelques limites
La musique oubliable
En bref : Evil West est un gros défouloir bourrin qui ne se prend pas toujours au sérieux, et nous fait tout exploser pendant une campagne qui a la bonne idée de ne pas s’éterniser. Limité, dans tous les aspects (technique, sonore, gameplay, level design) mais vraiment fort plaisant.





