Resident Evil Requiem (2026 – Survival Horror – Playstation 5)

RESIDENT EVIL REQUIEM

Sortie : 27 Février 2026
Genre : Capcom nous ressort un best of
Studio : Capcom
Éditeur : Capcom
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch 2, PC

Synopsis : Un corps est découvert dans un hôtel abandonné. La victime semble avoir succombé à une maladie inconnue. Le FBI confie le dossier à l’analyste Grace Ashcroft. Elle va devoir faire face à son passé, car c’est à l’hôtel Wrenwood que sa mère a trouvé la mort huit ans plus tôt. Par ailleurs, cette enquête pourrait bien mettre au jour la vérité derrière l’incident de Raccoon City.

Neuvième opus principal de la saga sortant pile pour les 30 ans de la franchise, Resident Evil Requiem zappe enfin les anciennes générations, permettant donc logiquement au RE Engine maison de chez Capcom de faire des merveilles. Et je ne vais pas mentir, si je savais que forcément, je finirais par me lancer dans l’aventure, ayant fait tous les jeux de la franchise, même les mauvais (oui le 6), certains opus de côté (les Revelations) et certaines expérimentations (Outbreak, jeu online sans l’online en Europe). Enfin non, tous, sauf le 8. Non pas qu’il a l’air mauvais, mais en réalité la démo qui était sortie m’avait totalement refroidi. Encore un village, un hub façon Resident Evil 4, et surtout un lore qui s’éloigne de plus en plus de ses origines avec des vampires, des loups-garous, et d’après ce que j’ai pu en lire, encore une dernière partie qui laisse place à l’action en ligne droite. Mais finalement, oui, je me suis laissé tenter rapidement par ce neuvième opus. Non pas day one, mais… day two. Et après un premier run en environ 16 heures et un second run en environ 11 heures, je peux vous donner un verdict complet. Resident Evil Requiem est un jeu hybride, un jeu best of, un peu comme à la triste époque de Resident Evil 6, la plus grosse erreur de parcours de la franchise. Sauf qu’à l’opposé du 6, et même si ce neuvième opus est loin d’être parfait, Requiem est sans doute le meilleur opus depuis le quatrième jeu. Oui, sans compter les remakes, sinon ça ne ferait que quelques années. Oui, Requiem est meilleur que le défouloir con mais parfois fun qu’était le 5, meilleur que la tristement raté sixième opus, meilleur que le renouveau de la franchise avec le 7, et on dira meilleur que le peu que j’ai testé du 8. Requiem nous propose donc une aventure d’environ 16 heures (environ, car le chrono in game semble cassé, ne pas compter ni les cinématiques, ni les morts, et mort j’aurais souvent été au départ) découpée en deux grandes parties, pour deux personnages.

Durant la première partie, prenant grossièrement place dans une clinique et ses alentours, nous jouons à 90% Grace Ashcroft (fille d’Alyssa, personne de Resident Evil Outbreak), tandis que dans la seconde partie se déroulant, évidemment, à Raccoon City, nous jouons là à 90% le second personnage, ce cher Leon S. Kennedy. L’aspect best of est du coup clairement visible. Entre la première zone rappelant le level design des meilleurs opus (une clinique découpée en deux zones, des clés à trouver, du backtracking) et clairement tournée vers le survival horror pur et dur à la Resident Evil 2 Remake ou Resident Evil 7, et sa seconde partie nous ramenant dans des lieux bien connus, dévastés, en incarnant Leon, personnage favoris des fans, pour un gameplay plus action rappelant clairement Resident Evil 4. Est-ce que Capcom a abusé sur le fan service ? Parfois oui, mais néanmoins, ils ne se sont pas contentés de reprendre tout ce qui a fonctionné et améliorent un peu certaines formules, autant en action qu’en survival horror. Alors, parlons tout d’abord de la première partie, clairement la meilleure d’ailleurs. Après une petite intro qui nous apprend à la dure comment jouer (la base, courir, bouger la caméra), ainsi que le choix de la caméra, puisque Requiem peut être intégralement joué en première personne ou à la troisième personne, ou comme les développeurs l’ont pensés, première personne pour Grace et troisième pour Leon, nous voici plongés dans l’horreur. La vraie. Puisque Requiem reprend les moments les plus horrifiques de la saga, multiplie tout ça par deux ou trois, et change quelques systèmes afin de surprendre le fan de longue date. Le premier ennemi rencontré par exemple rappellera forcément le Nemesis du troisième opus, et passera un gros moment du jeu à nous poursuivre. Sa particularité donc est de craindre la lumière.

Le joueur prendra vite donc le reflexe de courir se réfugier dans la salle de sauvegarde. Sauf qu’au deuxième essai, l’ennemi ne se laisse pas avoir, et voilà que le courant pète, plongeant le niveau intégralement dans le noir. Stress garanti, malgré évidemment quelques apparitions scriptées (mais Capcom a prévu des scripts différents en fonction de là où l’on dirige Grace, ce qui est en soit bien sympa pour la rejouabilité). Surtout que si Grace (enfin, Leon aussi) a au départ un briquet puis une lampe torche, cet ennemi particulier semble, contrairement aux autres ennemis, la repérer, ce qui forcera donc le joueur à clairement se plonger dans le noir complet. De la même manière, une fois que les autres ennemis entrent en jeu, les fameux zombies, le fan sera heureux de voir des zombies à l’ancienne, et non pas des infectés comme dans les opus 4 et 5. Seulement là aussi, le jeu nous surprend pour sans cesse relancer l’intérêt. Les zombies gardent ici des souvenirs de leur occupation de leur vivant, un peu comme dans un bon film de Romero. La femme de ménage va donc passer son temps à tenter de nettoyer le sang, un autre tentera toujours d’éteindre les lumières car il faut suivre le règlement de l’établissement, sans oublier les deux chanteuses, sans doute un hommage à Left For Dead. Et surtout, le premier zombie rencontré dans la clinique, qui m’aura tué, en un coup, découpé. De manière générale, Grace est fragile, en mode normal, deux morsures peuvent devenir fatales, certains ennemis tuent en un seul coup, et il va donc falloir ruser, comme à l’époque.

Comme pour bien poser sa note d’intention d’ailleurs, Grace commence le jeu sans une seule arme sur elle. Enfin non, Leon lui passe son arme, le Requiem, avant d’être séparés. Avec UNE unique balle. Stress garanti. Et lorsqu’enfin, nous trouvons une arme… surprise, elle n’a aucune balle. Cette longue première partie m’aura séduite. Entre ses zombies plus humains, plus dangereux, et donc totalement flippants, ce gigantesque ennemi invincible qui nous poursuit durant la moitié de l’aventure, le level design aux petits oignons, sans parler du sound design absolument magnifique, où chaque bruit de pas, gémissement, grincement nous fait nous arrêter immédiatement. C’est là aussi que le RE Engine fait des merveilles, à l’exception étrangement de l’introduction où durant une poignée de scènes, Grace aura un visage affreux. Le reste : magnifique, autant dans les ennemis, les décors, les détails. Et on ne va pas mentir en plus, Requiem est gore, très gore. Grace pourra, en récupérant du sang, crafter des objets et autres sérums, qui seront un peu l’arme ultime, permettant de tuer discrètement un zombie en le faisant littéralement exploser, recolorant les murs de manière permanente. Et oui, c’est jouissif. La première partie avec Grace est donc ce que Resident Evil a fait de mieux depuis longtemps, et en restant dans l’horreur pure et dure, même ce qui se fait de mieux depuis le 2. Oui, rien que ça. Pas forcément original (encore des sous-terrains, un labo, un moment où l’on doit escorter un personnage, des sacoches à trouver pour augmenter la taille de l’inventaire), mais bien mené, où tout s’emboite. Mais Requiem est un jeu hybride, et lorsque l’on joue Leon, le jeu change radicalement, passant donc de Resident Evil 2 à Resident Evil 4. Leon a un arsenal, son inventaire est une mallette encore, il a des finish moves, il peut parer et achever ses ennemis avec sa hache, il récupère des points qui lui permettent d’améliorer ses armes.

Là où le fan service avec Grace se faisait surtout via le level design, des petits détails, des choix ou énigmes, avec Leon, c’est une autre histoire, entre un long passage (réussi ceci dit) contemplatif en hommage à Resident Evil 2, une poursuite en moto rappelant malheureusement Resident Evil 6 (mais en plus fun et bien plus court), et de nombreux boss venant rappeler les grandes heures de la saga, sans oublier forcément, oui, ce n’est plus un spoil au bout de trente ans, mais un laboratoire secret, nous sommes donc là face à du fan service pur et dur. Du fan service bancal, qui parfois brille, parfois non, mais qui là aussi se permet quelques petits moments bien trouvés, et si la peur disparait, le stress lui sera là comme à l’époque de Resident Evil 4. Quelques passages donc avec Leon seront marquants, comme la visite d’un lieu iconique et teasé dans les trailers, ou un moment dans un immeuble en ruine qui viendra clairement rappeler The Last of Us, et qui se permet quelques idées originales pour se débarrasser des zombies (ah, les fenêtres). Mais oui, c’est très bancal, parfois décevant, et il faut le souligner. Cette seconde moitié déjà visuellement se fait un poil moins attractive et travaillée. Et pas seulement car nous sommes là dans des décors en ruine, mais car le souci du détail se fait moins présent, dans les décors plus vastes, mais aussi dans les zombies plus nombreux et donc passe-partout. Adieu les zombies humanisés donc, nous affronterons des armées de zombies qui se ressemblent un peu tous et se comportent tous pareil. Ensuite, s’il est logique, avec son gameplay plus axé action (et qui fonctionne) que Leon se tape des boss alors que Grace aura une Nemesis, le fait que chaque personnage n’a que la moitié du jeu donne l’impression parfois d’enchaîner ses boss dans la seconde partie. Se taper deux boss en l’espace de 10 minutes par exemple, ça fait beaucoup. Et aussi, il faut bien l’avouer, c’est là que le jeu aura les moins bons moments. Oui, je pense à toi, passage du mortier, et je pense aussi à toi, cette pièce où l’on affrontera des militaires. Et c’est dommage, car très souvent, ces moments moins inspirés sont entourés de moments mémorables. Oui, on traverse l’enfer avant d’arriver au mortier, de soupirer, avant d’avoir une très cool séquence d’action, bien que très scriptée.

Oui, la pièce où l’on affrontera des militaires est mauvaise et ultra punitive en plus (je me serais pris une balle en rentrant, mort sur le coup), avant que l’on ne retrouve un personnage connu pour un affrontement épique en hommage là aussi à Resident Evil 4. Et c’est sans doute pour ça que je ne lui en veux pas vraiment, car dès qu’il se plante, Requiem en a presque conscience et se rattrape l’instant d’après. Et sa première partie, prenant tout de même la moitié du jeu, dans la peau de Grace, est tout simplement mémorable. Et d’autres surprises, le jeu en a, mais on ne rentrera pas dans trop de détails. Requiem est bancal, abuse parfois du fan service c’est vrai, mais à côté, on peut reconnaître la générosité de Capcom, leur maitrise du côté horreur de la franchise, et en prime, leur maitrise de leur moteur. Et leur souci du détail (oui, les animations sont top, et même en jouant Grace à la troisième personne, ils ont tout prévu, avec Grace qui panique et trébuche en courant, coince sa lampe entre sa tête et son épaule pour pouvoir recharger son arme). Requiem sort et tourne parfaitement, sans chutes de framerates, sans bugs d’affichage, sans un seul crash depuis le lancement du jeu. Beau, crade, sanglant, gore, mais toujours optimisé, toujours finalisé, avec un gros souci de détails. La même chose sera dite pour le son. Que ce soit dans l’action ou dans l’horreur, le sound design ainsi que les musiques fonctionnent à merveille. La jouabilité est maitrisée, reprenant à la fois la technique Resident Evil 7 (personnage fragile, un peu lourd, inventaire ultra limité, discrétion préconisée, personnage nous poursuivant, énigmes), et la technique Resident Evil 4 (bourrinage, ennemis nombreux, stress, action over the top et finish moves). La durée de vie est pour le genre parfaite, malgré quelques longueurs dans la seconde partie, mais se renouvelant assez souvent dans ses idées et lieux pour ne pas forcément que l’on ressente ces longueurs. Non, vraiment, j’ai adoré Requiem. Maintenant, un remake de Code Veronica ?

Les plus

Un RE Engine totalement maitrisé
Une partie survival, une partie action
La partie horreur parfois bien flippante
Ultra violent
Certains moments de fan service fonctionnent à fond
La première partie a une DA sublime
Un petit côté Barbarian dans les sous-sols
Une histoire à la RE, mais intéressante

Les moins

Quelques longueurs
Quelques petits moments ratés
Une seconde partie perdant un peu son identité
Trop de boss qui s’enchainent

En bref : Resident Evil Requiem, malgré ses défauts, malgré sa seconde partie moins bonne, est sans doute le meilleur opus depuis Resident Evil 4 (sans compter les remakes). La partie horreur est réellement prenante et stressante, la partie action souvent cool bien que plus fragile, et on passe environ 15 heures en compagnie de Grace et Leon avec plaisir.

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