Titre Original : Scream 7
2026 – Etats Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h54
Réalisation : Kevin Williamson
Musique : Marco Beltrami
Scénario : Kevin Williamson et Guy Busick
Avec Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel May, Jasmin Savoy Brown, Mason Gooding, Roger L. Jackson, Anna Camp, Joel McHale, Celeste O’Connor, Sam Rechner et Asa Germann
Synopsis : Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.
Scream 5 et 6 cartonnent au box-office, et forcément, Scream 7 était une évidence, rapidement mise en sur les rails. Une évidence qui devint un enfin de production et qui faillit au final ne jamais voir le jour. Il y a d’abord eu le renvoi de Melissa Barrera, une des actrices principales des nouveaux films, suivi par le départ de Jenna Ortega, l’autre actrice principale, et de Christopher Landon, le nouveau réalisateur, qui a sans doute senti que ça allait être compliqué de livrer une suite à Scream 6 sans les actrices principales. Kevin Williamson, scénariste des premiers opus (le 1 et 2, les grandes lignes du 3, puis le 4) est appelé à la rescousse, déjà comme scénariste. Il parvient à convaincre Neve Campbell de revenir, elle qui était la star des opus originaux, puis la star en arrière-plan dans Scream 5, mais qui avait préféré, face à son salaire jugée trop petit, de ne pas revenir sur le 6. Ce que l’on peut comprendre dans le fond, sachant que Neve Campbell était le visage de la saga, que son personnage a traversé les films et donc les tueurs (et les révélations nazes), et donc que tous ces beaux billets que les exécutifs se mettent dans la poche lui doivent beaucoup. Une petite négociation salariale plus tard (un salaire de 7 millions, soit souvent le budget total pour un slasher), Neve revient, et dans la foulée, elle va convaincre Kevin Williamson de réaliser le film, lui qui n’avait à ce poste que le moyen Mrs Tingle. Le film se bricole comme il peut donc, et se retrouve avec un énorme budget de 45 millions de dollars, en faisant donc officiellement le slasher le plus couteux de l’histoire du cinéma. Le premier Scream avait coûté 14 millions à l’époque, le précédent déjà 35 millions. Bon, sur le papier, même si cette production pose souci avec le départ des actrices principales (donc, adieu la logique et l’arc scénaristique), Scream 7 avait au moins le budget pour être ambitieux, avait le retour des icones de la saga avec Neve Campbell et Courteney Cox, et Kevin Williamson connait la saga, puisqu’il en est le géniteur. La chute n’en sera que plus brutale, car déjà, la critique a descendu le film, mais le public aussi. Si bien que malgré sa moyenne imdb qui semble bonne pour le genre (5.6/10), elle est la plus basse de la saga, et on trouve plus souvent un peu partout des fans lassés qu’enjoués.
Pourtant, cette scène d’ouverture, loin d’être la meilleure, laissait au moins présager une prise de risque, du sang neuf, en jouant à la fois avec le fameux côté méta de la saga (un couple qui loue la maison ayant servie au tournage de la saga fictive Stab), et donc forcément du fan service pour le fan de la première heure, mais aussi une volonté d’aller de l’avant, en brulant littéralement à la fin de la scène les lieux. Brûler le passé pour évoluer donc. Que nenni, on comprend bien vite que ce geste n’a en réalité aucune valeur, aucune utilité dans le reste du récit, et semble plus penser pour terminer l’ouverture sur des plans iconiques et possiblement pour faire de jolis plans pour la bande annone qui feront parler le fan et le rendront curieux. Car le reste du programme est du niveau de Scream 5 et 6, en pire. Oui mes amis, cela est possible. On retrouve Sydney, mariée et avec une fille qu’elle a appelé Tatum (comme sa meilleure amie morte dans le premier film), et forcément, un ou plusieurs nouveaux tueurs débarquent dans sa ville (le film quitte encore Woodsboro donc, après New York dans le précédent) afin de la traquer, elle et sa famille, et quiconque sera sur leur route. Et lister tout ce qui ne va pas équivaut ici à faire une liste de courses pour une famille nombreuse. Oui, il y a de quoi dire. On pourrait parler, avant de rentrer dans le gras, de tout ce qui est technique.
Williamson n’a jamais brillé comme réalisateur, et ce n’est assurément pas avec Scream 7 qu’il va nous faire changer d’avis, tant il filme l’ensemble de manière plate et semble ne jamais avoir d’idées. Il échoue même à créer du suspense, soit car sa mise en scène et son montage manquent de tout, tout simplement, soit car il n’ose pas aller dans les bonnes directions. On pourrait citer la scène, bonne sur le papier, où Sydney et Tatum fuient un tueur en passant par une Panic Room, et en se glissant entre les murs de la maison, où le tueur, les entendant, va frapper un peu au pif le mur avec son couteau. Dans les faits, une scène idéale pour le suspense, qui permet d’augmenter les enjeux, peut permettre de blesser un des personnages et donc d’augmenter chez l’autre la tension, l’émotion. Sauf qu’ici, rien de rien, ça ne joue que peu sur le silence, ça se termine presque aussi vite que c’est arrivé, et le film n’ose toujours pas faire du mal à ses personnages importants. C’était déjà flagrant dans Scream 6, ça l’est aussi ici, Neve Campbell, Courteney Cox (ici pour faire de la figuration), la fille de Neve et les rares survivants de Scream 6 qui se retrouvent dans le récit sans trop savoir pourquoi (vu que les héroïnes, elles, ne sont plus là) ne peuvent pas mourir, ne peuvent pas être trop blessés, point.
Rajoutons que Marco Beltrami, toujours à la musique, semble juste nous jouer un best-of de la saga, et on comprend que techniquement, ce n’est vraiment pas la joie. Le casting, pas grand-chose à en dire, entre les personnages clichés et donc pas bien difficiles à jouer, et les acteurs qui parfois n’ont juste rien à jouer, voilà. Reste le scénario et les meurtres, car on parle de Scream. Niveau meurtre, ce n’est au final pas glorieux non plus. Un ou deux meurtres sortent du lot en osant sortir la tripaille, et on pourrait dire que la mise à mort finale est aussi réjouissante, mais entre les deux, c’est timide, très timide, souvent aussi assez avares en morts, et comme en prime il n’y a aucun suspense pour rattraper le coup. De quoi me faire dire que Scream 6 était très con, mais au moins parfois rigolo dans ses meurtres. Quand au scénario, si on ne demande pas à un slasher de base un grand scénario, on attend un peu plus de Scream, et là le bat blesse aussi, avec une écriture laborieuse, des nouveaux personnages qui semblent plus venir d’un Halloween 6 ou Vendredi 13 Chapitre 7 que d’un Scream, une Gale Weathers (Courteney Cox donc) totalement inutile au récit mais toujours là pour payer ses factures (et tant mieux pour elle dans le fond), un pseudo discours (enfin non, l’idée d’un discours) actuel sur l’intelligence artificielle car les studios aiment en foutre partout pour nous préparer à la déferlante de merde qu’on risque de se bouffer bientôt, et plusieurs tueurs à l’écriture totalement calamiteuse. Pour tout dire, l’un d’entre eux, j’aurais eu un petit rire nerveux lors de la révélation, en me disant « ben, on t’a vu deux fois et j’ai déjà oublié ton nom », quant à un autre tueur, pire, arrivé à la révélation, j’avais juste littéralement oublié qui était ce personnage, et incapable de m’en souvenir même arrivé au générique de fin. On peut donc affirmer sans mal que pour le coup, c’est la pire révélation de la saga, et pourtant dieu sait que c’est bancal depuis le troisième opus. Et puis, il y a un autre souci, dont absolument personne ne parle. Quand on regarde un film Halloween (malgré sa timeline d’une autre dimension), un Vendredi 13, même un Saw, même un Puppet Master en fait, l’intérêt, ce que l’on suit, ce n’est pas la final girl pendant 10 films, mais bien le ou les tueurs. Dans Scream, c’est l’opposé, chaque film a son nouveau tueur, ou ses nouveaux tueurs, et l’intérêt, c’est la final girl, Sydney… Et au bout de sept films, qui parvient encore à prendre ça un minimum au sérieux ? Elle a vue assez de carnages pour soit devenir Rambo, soit être à l’asile, et pourtant, le film fait encore d’elle un personnage hésitant et qui ne peut pas s’en sortir seule.

Les plus
Allez, un ou deux meurtres s’en sortent bien
Sur le papier, une ou deux scènes peuvent être bien
Les moins
Mise en scène peu palpitante
Aucun suspense durant le récit
Beaucoup de meurtres passe-partout
Toujours du fan service envahissant
Des idées connes comme la lune
En bref : Scream 7 parvient à être sans surprises une catastrophe, avec sa production calamiteuse et compliquée, mais il parvient à surprendre en chutant toujours plus bas dans la pure médiocrité, entre technique peu glorieuse, scénario con, personnages vides et meurtres souvent peu originaux.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ One or two murders are good ♥ On paper, a few scenes could have been great |
⊗ Visually not great ⊗ No suspense, no tension, at all ⊗ Many murders are so basic ⊗ So many fan service ⊗ Stupid ideas |
| Scream 7, no surprises, is bad, with a complicated production, and it even succeeds to surprise by always going deeper into mediocrity, between bad directing, dumb script, uninteresting characters and not that good murders. | |
























