THE SHALLOWS (鲨滩) de Xia Banchang (2025)

THE SHALLOWS

Titre Original : 鲨滩
2025 – Chine
Genre : Quel plantage
Durée : 1h14
Réalisation : Xia Banchang
Musique :
Scénario : Xia Banchang

Avec Chen Xiaoyun, Wang Sen, Ding Wenbo, William Yang, Peng Biyao et Li Sinan

Synopsis : Li Qiang, une scientifique passionnée de sports extrêmes, affronte un prédateur impitoyable au sommet de la chaîne alimentaire océanique dans un combat à mort. Sous les nuages menaçants, le danger rôde juste sous la surface.

Peu importe comment l’on aborde The Shallows, production Chinoise de 2025 pour le streaming, on arrive au même constat. Ce n’est pas bon du tout. Mais c’est un naufrage passionnant, non pas à regarder, mais à décortiquer car l’on peut prendre différentes approches. Il y a la classique approche du film animalier, dont l’industrie Chinoise, en particulier la SVOD, raffole depuis quelques années. Les requins, les serpents, tout y passe, jusqu’aux loups géants. C’est rarement bon, souvent générique, mais à de rares occasions, ça parvient à divertir et à nous rappeler que parfois, juste une petite série B sérieuse peut faire passer un bon moment quand on apprécie le genre. Il y a bien évidemment l’approche de ces remakes déguisés dont la Chine raffole également, se cachant derrière de nouveaux titres et l’espoir qu’en ne sortant qu’en Chine, les Américains ne remarqueront rien et n’intenteront aucun recours de justice pour copyright. Abyssal Spider faisait énormément penser à Spiders 2 (celui là, là au moins, ça ne copiait pas un succès ni un film récent), Crazy Tsunami était leur version de Crawl, ils ont eu leur version d’Anaconda, Escape from Shark copiait Bait 3D, et Huge Shark copiait The Shallows, le film de 2016 de Jaume Collet Serra. Là où ça devient fascinant, c’est donc que Huge Shark était un remake officieux de The Shallows, tandis qu’en 2025 débarque The Shallows, un remake ce coup-ci officiel, ou du moins totalement revendiqué, sauf qu’entre les deux, c’est ce dernier qui ressemble le moins au film original et part dans une direction totalement différente. Fascinant, bien qu’incompréhensible. Mais The Shallows débarque également à un moment étrange, puisque l’Asie semble aimer marier des concepts qui ne vont pas ensemble cette année, quitte à jeter leurs métrages dans l’oubli et la médiocrité. Car The Shallows partage un gros point commun avec un autre film récent made in Korea lui, à savoir Submersion. Le lien va même bien plus loin.

Car en plus de vouloir mélanger deux genres qui ne vont pas forcément ensemble, en plus de commencer comme un film catastrophe, ou ici, à suspense, avant de partir dans une direction différente, les deux métrages partagent la même rupture, le même schéma, et pire, la même idée. The Shallows donc en soit, c’était un projet peu risqué. Un personnage seulement, la mer, un requin, et 1h14 de survie. En théorie donc. Car contrairement à Submersion qui durait deux heures, et donc se permettait une heure de film catastrophe à grand spectacle, The Shallows lui balance son twist quasiment d’entrée de jeu. Et là aussi, il s’agît bien d’IA, de boucle temporelle, de réalité virtuelle et tout ça. Et là aussi, ça se prend hyper au sérieux. Si l’on ajoute à tout ça que contrairement à Submersion, les moyens entre le petit film Chinois VOD et le méga gros film de Netflix sont très différents, avec des CGI discutables, un requin jamais crédible, un scénario qui nous perd dans des dialogues techno-bullshit au bout de quelques minutes, à base d’IA, de subconscient, de programme et blabla, et on comprend vite que The Shallows boit la tasse. Et comme je le soulignais, comme il nous balance son twist hyper rapidement (en fait, même en ouverture, notre personnage crevant d’entrée de jeu pour réapparaître), c’est l’ennui pur et simple qui débarque. The Shallows est prétentieux alors qu’il n’est qu’une minuscule série B, ennuyeux au possible alors qu’il ne dure que 1h14, et c’est un comble. Peu importe que la photographie soit propre, que Chen Xiaoyun a un joli petit fessier et donne de sa personne en passant une partie du film à nager comme une dératée (et à affronter des fonds verts et requins en CGI), ou que certains plans soient amusants.

Il en faut plus pour marquer, plus pour faire un bon film, plus pour divertir, surtout dans un genre aussi codifié que le film de requin. Alors que paradoxalement, en faisant hyper sérieusement les choses, ça peut tout à fait fonctionner, même en restant très classique, et ça, l’original The Shallows l’avait prouvé, il n’inventait rien mais était généreux et bien troussé, et le public avait suivi, faisant du film un gros succès (plus de 100 millions au box-office pour 17 millions de budget). Ce ne sera pas le cas de The Shallows version Chinoise de 2025, sans doute produit oui pour beaucoup moins, et à la rentabilité forcément bien plus floue vu sa diffusion en streaming, mais qui passé la surprise et l’amusement de voir un remake Chinois, sera immédiatement oublié, ou détesté par le public (un coup d’œil à la moyenne imdb et son magnifique 2.3/10 confirme). Si le film était resté dans la simplicité, quitte à juste nous mettre une boucle temporelle sans plus d’explications, il aurait au moins retenu l’attention, et su divertir et tenir les promesses de son ouverture, aux CGI discutables mais au potentiel divertissant bien présent. Là, avec ses interminables discours philosophiques mi-parcours et son final qui nous achève avec, attention, un bateau en forme de canard gonflable, armé de gatlings qui tirent des lasers (oui, je n’ai pas inventé cette phrase), on touche le fond, on achève la vision dépité. Dommage pour l’actrice.

Les plus

Une actrice principale motivée

Les moins

Pourquoi faire un remake si c’est pour s’éloigner ?
Le délire IA et réalité virtuelle, stop !
L’effet Submersion, en décuplé
D’interminables dialogues
Un final risible

En bref : The Shallows m’aura dépité, lessivé, ennuyé, et semblé interminable malgré sa minuscule durée. Que la Chine arrête les remakes, et que l’Asie arrête leurs délires à base d’IA. Si ça ne se prenait pas autant au sérieux, on pourrait au moins en rire.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The lead actress is motivated ⊗ Why do a remake if they change everything?
⊗ Stop to the AI and virtual reality bullshit!
⊗ Same as The Great Flood, but worst
⊗ So long dialogues
⊗ Ridiculous finale
The Shallows left me feeling dejected, drained, bored, and felt endless despite its tiny runtime. China should stop making remakes, and Asia should stop their AI-driven nonsense. If it didn’t take itself so seriously, we could at least laugh at it.

3 réflexions sur « THE SHALLOWS (鲨滩) de Xia Banchang (2025) »

  1. C’est assez sidérant en effet.
    Je pense que ce genre de film peut avoir une vertu (bien maigre), celle de servir dans les écoles de cinéma pour étudier la mise en scène. Comparer The Shallows made in China (produit de contrefaçon comme un autre) et The Shallows de Collet-Serra permet à coup sûr de démontrer la pertinence des choix de mise en scène d’un vrai réalisateur. C’est peut-être ce qui sauvera les artistes de la menace des IA qui pourraient bientôt générer des contrefaçons du même genre.
    Bonne année sinon !

    1. Et oui bonne année, toutes mes excuses c’est vrai que ça fait bien deux mois je traine peu sur internet, si on ne vient plus me parler, limite je fais le mort (le boulot me tue physiquement, une fois rentré je veux juste me poser, et cette semaine avec la neige, tu te doutes que ça a été encore plus crevant).
      Si encore ça avait été un simple remake reprenant la même structure, ça aurait pu, quitte à être inutile, divertissant, mais là. Et en effet, sans être fan de Collet-Serra, il a néanmoins un certain sens de la mise en scène, et il semble savoir faire preuve de débrouillardise et de plus de talent d’ailleurs avec des petits budgets, comme THE SHALLOWS donc, ou ORPHAN (ESTHER). Je crois d’ailleurs qu’un nouveau film de genre de sa part doit sortir en 2026.

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