GOJOE: LE PONT VERS L’ENFER (五条霊戦記) de Ishii Sogo (2000)

GOJOE: LE PONT VERS L’ENFER

Titre original : Gojoe Reisenki – 五条霊戦記
2000 – Japon
Genre : Action
Durée : 2h18
Réalisation : Ishii Sogo
Musique : Onogawa Hiroyuki
Scénario : Ishii Sogo et Nakajima Noro

Avec Asano Tadanobu, Nagase Masatoshi, Ryu Daisuke et Funaki Masakatsu

Synopsis: Japon, XIIème siècle. Le clan des Heike règne sur la ville de Kyoto. La seule atteinte à cette hégémonie a lieu sur le pont Gojoe où, chaque nuit, des combattants Heike sont massacrés par dizaines par un terrible démon. Un moine, Benkei, ancien guerrier très puissant, se rend à Kyoto pour l’affronter. Il a eu une vision lui ordonnant de le détruire…

Les films de sabre se font plus rares de nos jours au Japon, alors que c’était un genre très en vogue dans les années 70 (la saga des Zatoichi, les Baby Cart). Depuis quelques temps, le genre revient, doucement, avec l’adaptation de Zatoichi par Kitano et d’autres films d’action divers plus ou moins réussis. Gojoe fait parti de ces films, essayant de faire revivre le film de sabre, nommé chanbara, tout en le dotant d’une histoire et de personnages forts. Et autant le dire tout de suite, mis à part quelques erreurs, le pari est réussi. Tout commence de nuit, sur le pont Gojoe. Plusieurs soldats gardent le pont, et meurent décapités par une force invisible. L’effet est choc, fonctionne à merveille, l’ambiance est posée et la réalisation stylise le tout comme il faut. Puis le scénario va prendre le temps de nous présenter les personnages, et surtout le contexte historique de l’histoire, chose cruciale pour le public occidental, qui ne connaît pas forcément ce qu’il se passait à cette époque, malgré le nombre de film s’y déroulant. Sans laisser filtrer la moindre longueur (heureusement, vu que nous ne disposons en France que de la version internationale plus courte d’une demi-heure), nous assistons à diverses scènes entre les dirigeants du clan Heike et des moines les conseillant sur le démon du pont Gojoe, celui qui massacre les soldats la nuit tombée. Puis le film nous présente un des personnages principaux, Benkei. Un moine, ancien tueur.

Il a changé de voie suite à une illumination, et à présent, une seconde illumination le pousse à venir sur le pont Gojoe pour y tuer le démon, sauf que dans cette quête, il s’y perdra un peu et laissera resurgir son tempérament d’autrefois. Lequel des deux personnages est-il alors le démon ? Puisque le fameux démon du pont n’est finalement nulle autre qu’un humain, Shanao, un des derniers survivants du clan ennemi des Heike. Un puissant guerrier, aidé de deux compagnons. Mais cette histoire, un brin tronquée pour cette version internationale, est finalement pas mal mise en arrière plan afin que le film aille directement à l’essentiel, tout en restant compréhensible. L’autre atout du film, outre ses personnages, animés par la religion ou la vengeance, ou tout simplement la puissance, et son histoire et son contexte historique intéressant, offre beaucoup aux spectateurs au niveau visuel. Ishii Sogo stylise chacun de ses plans, que ce soit au niveau de l’éclairage, du cadrage ou des petits détails. Nous sommes ici devant une œuvre travaillée, cela se ressent, et cela fait plaisir de ne pas voir un simple film d’action de commande. Les scènes d’action sont longues, dynamiques, maîtrisées, et violentes. Les effusions de sang sont en effet courantes, sans pour autant être exagérées, même s’il faut avouer qu’une certaine lassitude s’installe lors de certaines scènes, surtout lorsque les soldats sont éliminés par un ennemi invisible, dans la première partie du métrage.

Mais dès lors que le réalisateur se décide à montrer au grand jour l’ennemi juré des Heike, celui que l’on surnomme le démon, celui qui instaure la peur, le film prend une nouvelle dimension, à la fois plus philosophique, plus humaine, plus jeune, et plus mythologique intéressante, et le choix de donner le rôle à Asano Tadanobu, comme toujours parfait (Ichi the Killer, Last Life in the univers) est une excellente idée, tant l’acteur donne vie à son personnage et semble à l’aise, autant dans sa présentation que lors des nombreuses séquences de combats. Puisqu’il y en aura des combats, notamment dans la forêt et sur le pont Gojoe. Des combats filmés par rage et énergie, entrainants, bien que l’on ne comprenne pas toujours tout à l’image, le résultat est de haut niveau grâce à la mise en scène vitaminée, la prestation des acteurs et l’excellente composition musicale venant se coller à l’image pour ne faire plus qu’un avec elle. Si l’on regrette de n’avoir qu’une version tronquée et une certaine répétitivité en début de récit, Gojoe est un excellent film d’action, qui comblera les amateurs de films de sabre.

Les plus
Une réalisation top
Asano Tadanobu
De bons combats
Histoire intéressante
Les moins
Version courte en France

En bref : Une mise en scène virtuose pour un film autant intéressant dans ses personnages que palpitant par ses séquences d’action.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *