CHINESE ZODIAC (十二生肖) de Jackie Chan (2012)

CHINESE ZODIAC

Titre original : Chinese Zodiac – CZ12 – Armour of God 3 – 十二生肖
2012 – Hong Kong
Genre : Aventures
Durée : 2h03 (Montage US : 1h49)
Réalisation : Jackie Chan
Musique : Roc Chen
Scénario :  Jackie Chan, Frankie Chan, Edward Tang et Stanley Tong

Avec Jackie Chan, Oliver Platt, Caitlian Dechelle, Alaa Safi, Ken Lo, Kwon Sang-Woo, Yao Xing-Tong, Zhang Lan-Xin, Laura Weissbecker, Fan Lio et  Vincent Sze

Synopsis : Le Condor est de retour. Cette fois ci, sa mission est de retrouver les douze têtes des animaux du zodiaque chinois qui ont été éparpillés un peu partout après la seconde guerre de l’opium. Ses aventures le mèneront à Paris et dans la jungle.

La saga des Armour of God a une place très particulière dans l’esprit des fans de Jackie Chan. En effet, rebaptisés Mister Dynamite et Opération Condor en France, ces films sont considérés comme deux films cultes du père Jackie, et surtout sont considérés parmi ses meilleurs, aux côtés du Marin des Mers de Chine, Police Story, et bien entendu, l’énorme Drunken Master 2 (un des rares toujours inédits en France en DVD contenant une VO). Ainsi, lorsque Jackie Chan, vieillissant, annonce vouloir livrer un ultime épisode aux aventures du Condor, on prend le projet avec des pincettes. En effet, malgré quelques très bons films récemment (New Police Story), le père Jackie s’est fourvoyé depuis de nombreuses années dans de nombreux films pas franchement joyeux. Il suffit de regarder sa filmographie depuis 2000 pour se rendre compte que les bons films ne courent pas les rues : Shanghai Kid et sa suite, les Rush Hour, ineptes, Le Smoking, Kung Fu Nanny. Oui, les exemples ne manquent pas. Les bons films se font rares, et pourtant, le début du visionnage de ce Chinese Zodiac met en confiance. L’histoire est plantée en quelques minutes, et rappellent bel et bien ce que Jackie avait l’habitude de réaliser à la belle époque. Des têtes de bronzes disparues depuis la seconde guerre de l’opium, une équipe, de l’aventure, de l’action, des cascades. Jackie coécrit le métrage, mélange d’action, de comédie et d’aventures se déroulant aux quatre coins du monde, le réalise, le produit également, fait toujours les cascades lui même et reprend le rôle du Condor. La longue scène d’ouverture dans laquelle Jackie est équipé d’une tenue à base de rollers est en effet assez bluffant et nous met en confiance, malgré l’étrange sensation d’un côté « regarde mon nouveau jouet », qui finit par lasser dans les derniers instants de cette longue course poursuite blindée de cascades, d’humour, et de clins d’œil. Comment ne pas penser en effet au génial Opération Condor en voyant Jackie poursuivit par des voitures et des motos.

Néanmoins, la scène impressionne, Jackie est toujours aussi fou dans sa tête, et nous livre des cascades franchement bien trouvées, dans une scène ayant coûté un bon paquet d’argent et un bon mois de tournage. Nous sommes en confiance, Jackie réussi son pari et nous donne envie de continuer son film, à la durée pourtant énorme (2h02, c’est quand même un peu long). Malheureusement, ce début est bien trompeur, puisque par la suite, quand le Condor va enfin commencer sa mission et partir en France pour retrouver les statuettes des douze têtes du zodiaque chinois, on désenchante très rapidement. On le sait très bien, Jackie n’a jamais été un dieu niveau scénario, au final souvent simplistes au possible mais se permettant de l’action à gogo à un rythme d’enfer. Mais ici, c’est tout l’opposé. Arrivé à Paris, le rythme se fait très faiblard, ce qui ne fera que ressortir tous les défauts du métrage, et nous permet de voir le premier gros défaut du métrage : trop ! Trop long, partant dans tous les sens, trop comique, trop bavard. Même certaines scènes d’action ou d’aventure sont bien trop longues. Cette impression d’avoir voulu trop en faire à tous les niveaux ennuie lorsque le film se veut bavard. Jackie arrive à Paris, se fait passer pour quelqu’un d’autre, discute en anglais, en français, en chinois, s’infiltre dans des châteaux, et le temps semble long. Soyons honnête, toute la partie se déroulant en France est ratée, au plus haut point. Les acteurs français sont totalement à côté de la plaque, sur-jouant au possible, ou bien récitant tout simplement leurs textes. Les scènes de dialogues pas toujours utiles sont affreusement longues, en particulier lorsque Jackie et son équipe se rendront dans le château de Katherine (Laura Weissbecker, aperçue dans Les Poupées Russes, et à côté de ça, de multiples séries ou téléfilms français). L’humour aura bien entendu sa place, film de Jackie oblige, mais ne fonctionnera pas toujours. Les nombreux échanges verbaux entre les personnages, à coup d’humour en jouant sur les différentes langues, vont alourdir le rythme.

Jackie tentera bel et bien de nous mettre un peu d’aventures dans tout ça, avec un rapide (et sympa) combat sur les quais de scène, ou bien avec une poursuite contre des chiens dans un labyrinthe, mais là, il se plante. La scène, bien trop longue (toujours ce « trop ») se laisse voir, mais rien n’est vraiment épique, ni impressionnant à l’écran, ni franchement amusant (Jackie parlant aux chiens). Alors oui, on a vu bien pire ailleurs, cela se regarde, mais en était en droit d’attendre tellement plus, surtout venant d’un film censé clore une trilogie culte. Et pour ajouter à ce côté bien lourd lors de cette partie Française, Jackie Chan nous offre une musique niaise au possible représentant bien plus un français des années 30 que le Paris de nos jours. Bien trop longue, cette partie sera heureusement suivie par bien mieux. Après une assez pénible première partie occupant tout de même assez inutilement 45 minutes du métrage, on peut dire que le film commence véritablement, avec l’arrivée de Jackie et de toute son équipe (en gros, quelques pros assez souples, une Chinoise qui est là pour de mauvaises raisons et une cruche Française) dans la jungle. Et là oh miracle, on retrouve, par petits bouts, tout ce que l’on aimait dans le cinéma de Jackie Chan. De la vraie aventure, des cascades, du kung-fu, des méchants pirates et des faux méchants français assez peureux (rappelant les deux arabes de Opération Condor : ils sont peureux et ne sont pas doués) et de l’humour de situation plutôt que de dialogues. Le fan sera alors bien plus heureux de retrouver ces différents éléments, entrecoupées d’idées plus ou moins joyeuses. Mais après une première partie française laborieuse, cette partie dans la jungle est une véritable bouffée d’air frais, ne durant malheureusement pas assez longtemps pour une fois. Mais après presque une heure plutôt moyenne, retrouver quelques combats rapides mais bien torchés, de l’humour débile à base d’abeilles folles, d’ossements qui servent d’armes, de troncs d’arbres qui déboulent dans la jungle ou de petites culottes violettes, ça fait plaisir.

Néanmoins, jusque là, à quelques moments près (la jungle, la scène d’ouverture), le constat n’est pas glorieux. Quand on pense qu’il y avait quatre scénaristes pour ça, on se demande bien pourquoi, et ce qui fait mal, c’est de voir Edward Tang participer à ça, ayant collaboré de nombreuses fois par le passé avec Jackie sur des films cultes tels Le Marin des Mers de Chine 1 et 2, et bien entendu, les deux premiers Armour of God et Drunken Master 2. Par contre, voir Stanley Tong (Contre-Attaque, Jackie Chan dans le Bronx), ça ne surprend pas. A croire que tout le monde a prit un coup de vieux, ou que tout le monde a voulu en faire trop pour cette ultime suite. Heureusement, tout le monde y croit, et la dernière demi-heure sera enfin ce que Chinese Zodiac aurait pu être depuis le début : un minimum de dialogues, de l’action, de longs combats, des cascades et quelques touches d’humour bienvenues à base de grimaces. Agé aujourd’hui de 58 ans, le père Jackie a encore de la ressource et se donne à fond dans un combat final en deux parties. La première partie, plus classique, fait franchement plaisir, et avouons le, sauve le métrage et nous donne envie d’être indulgent,  tant ces 10 petites minutes sont un pur bonheur pour le fan, entre les nombreux clins d’œil à Opération Condor au niveau des décors ou de certaines actions, les échanges qui donnent l’impression que Jackie Chan n’a pas son âge, les combats à 1 contre 10, les grimaces, ou encore un combat épique entre deux femmes au jeu de jambes impressionnants il faut avouer. Cette partie en met tellement plein la vue qu’on en redemande et qu’on la trouverait vraiment trop courte. Car oui, la seconde partie du combat, elle, sera moins glorieuse. L’idée du lieu est intéressante, ça a du être super fun à tourner, il faut bien l’avouer, mais cette partie bien trop longue, en voulant en faire trop, perd en crédibilité dans un premier temps (je me suis retrouvé à lancer un « mais bien sûr ! ») et en intérêt.

Bien entendu, Jackie Chan oblige, tout finit bien, les gentils et les méchants finissent par bien s’entendre dans un final mielleux sans grand intérêt. Alors oui, ce nouveau Jackie Chan n’est pas une grande réussite, il fait même tâche à côté des deux précédents opus (Opération Condor date de 1991 tout de même), mais quelques scènes comme le passage dans la jungle, la scène d’ouverture et quelques combats nous donnent franchement envie d’être indulgent. Jackie a comme  toujours voulu mixer aventures, combats et comédie, sauf que le mélange ne prend pas, et son film souffre d’affreuses longueurs, mettant un temps fou à démarrer pour pas grand chose. Jackie comme autrefois s’occupe en parti du scénario, mais aussi de la mise en scène, de la direction artistique, de la production, des chorégraphies, et même de l’éclairage. S’il fournit un travail correct dans la plupart des cas, son scénario n’est pas très glorieux. Il aurait mieux valu qu’il privilégie le rythme en raccourcissant son film d’une bonne demi-heure,  ce qui aurait été bénéfique à son film. Nul doute que de nombreux spectateurs vont descendre en flèche son nouveau petit bébé, à juste raison. Tout n’est pour autant pas à jeter, et  à côté de films comme Rush Hour 3 ou Kung Fu Nanny, Chinese Zodiac est même divertissant et appréciable. La déception est énorme, le spectacle au final regardable et sympathique.

Les plus

La scène d’ouverture réussie qui donne envie

Un combat absolument génial vers la fin

La partie dans la jungle, sympathique

Les moins

Beaucoup trop long

La longue partie en France, pas intéressante

L’humour qui parfois est raté (souvent en fait)

En bref : Jackie Chan revient à la mise en scène pour clore sa trilogie des Armour of God (Mister Dynamite, Opération Condor), et livre un résultat bien trop long à démarrer (et trop long tout court), parsemé de quelques scènes géniales qui sauvent le métrage et en font un divertissement passable, sans plus.

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