MUTANT de Allan Holzman


MUTANT

Titre original : Forbidden World
1982 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Réalisation : Allan Holzman
Musique : Susan Justin
Scénario : Tim Curnen
Avec Jesse Vint, Dawn Dunlap, June Chadwick, Linden Chiles, Fox Harris, Ray Oliver et Scott Paulin

Synopsis : Dans le futur, des scientifiques basés dans un laboratoire situé sur la désertique et inhospitalière planète Xarbia, ont réussi à créer une forme de vie, appelée « Subject 20 », en opérant des croisements entre des cellules humaines et des bactéries, et qui devrait permettre de lutter contre une famine qui frappe actuellement la galaxie. Mais une fois que cette créature est sortie de son cocon, elle se met à tuer le personnel du laboratoire…

Avec le succès d’Alien en 1979, forcément que Roger Corman allait bouger. Bon allez, ne lui jetons pas de tomates, il n’est pas le seul à avoir copié Alien. On aura bien eu en Italie un faux Alien 2. Mais du coup, au tout début des années 80, Corman produira deux films considérés comme culte par les amateurs de bis qui tâche. Le premier, ce sera La Galaxie de la Terreur de Bruce D. Clark, avec au casting un Robert Englund, Sid Haig et Grace Zabriskie, et même dans l’équipe technique un tout jeune James Cameron. En résulte forcément un film assez bancal, mais une série B au fort capital sympathie, avec du gore, un peu de nudité, une ambiance étrange. Et bien devinez quoi ? L’année suivante, Corman remet le couvert avec ce Forbidden World, appelé aussi Mutant, considéré par certains comme une suite à la Galaxie de la Terreur, bien qu’il n’y a aucun lien entre les deux, à part qu’ils copient tous les deux Alien. Et sans le savoir, j’avais déjà vu le remake de Forbidden World, également produit par Corman à l’économie, avec Dead Space en 1991. On y retrouve la même intrigue, un robot en personnage secondaire, une scène de sexe inutile, une ouverture catastrophique avec des combats dans l’espace risibles (ce sont les mêmes plans, tout simplement), un monstre géant, un scientifique qui créer un virus pour guérir quelque chose, des scènes extérieures sur une planète désolée. Du coup les scientifiques prouvaient déjà en 1982 qu’ils étaient très cons, car pour sauver le monde de la famine, il faut créer un monstre qui va tous nous tuer ! Il faut dire que mort, la famine, on y pense plus non ?

Avec un million en poche, Allan Holzman va devoir donc emballer son film. Dès les premiers instants, du moins passé sa scène d’ouverture catastrophique, le doute n’est pas permis. Forbidden World recycle. Que ce soit l’intérieur du vaisseau, certains costumes, tout cela sent le recyclage de La Galaxie de la Terreur. Peu importe. Puis tout change, lorsque notre héros, Mike, qui attire toutes les femmes du film en 20 secondes chrono doit se rentre sur une planète lointaine pour aider des scientifiques à capturer un spécimen qui s’est enfui. Spécimen dangereux qu’il va falloir très rapidement éliminer au final. Du haut de ses 1h17, Forbidden World ne perd pas de temps. Et si c’est fauché comme les blés souvent, autant dire qu’il gagne pourtant rapidement le capital sympathie du spectateur. Cela, il le doit à sa générosité dans tous les domaines, même dans celui du nanar. Si le métrage reste une série B, qu’il a même quelques idées sympathiques, il faut avouer qu’il lorgne souvent avec le nanar. En particulier grâce (ou à cause) de ces scènes de sexe, qui débarquent sans prévenir, de manière risible. Toutes les femmes vont y passer, notre héros est un tombeur, et tous les prétextes sont bons pour dénuder les actrices, et offrir aux coquins du full frontal. Que ce soit Dawn Dunlan dans son sauna, passant de « je suis triste » à « déshabille toi et faisons des folies » en 4 secondes ou June Chadwick (la série V) qui s’offre la première scène de sexe, c’est gratuit, parfois risible (ah la musique de la scène de sexe, avec le black de service qui jouera de la flûte en arrière plan), et donc presque indispensable. Mais le gros capital sympathie, le film le gagne grâce à sa générosité dans les effets spéciaux, et son ambiance assez étrange, et finalement sympathique également.

Certes c’est fauché, avec juste quelques pièces, des couloirs qui se ressemblent, et des gros ordinateurs avec des boutons colorés, mais de par la lenteur des mouvements de caméra dans ces longs couloirs vides, sa musique au synthé qui sent bon les années 80, le métrage parvient à avoir une ambiance bien à lui, aidée par une mise en scène au final loin d’être mauvaise. C’est même plutôt pro, autant dans les mouvements de caméra créant une dynamique que dans les éclairages, certes faciles (c’est coloré souvent), mais qui fonctionnent. Les effets spéciaux quand à eux seront gore, très sanglants, et parfois dégueulasses, notre créature ayant une manière assez originale d’attaquer ces victimes, ce qui offre au métrage la possibilité de faire fondre les corps et de les transformer en une espèce de gelée grotesque et baveuse. Quand à notre Alien, ayant deux formes différentes, et bien ça sent bon le latex, les années 80, les dents acérés et tout ce qui va avec. Et si elle reste un peu kitch dans les plans larges, la créature reste malgré tout convaincante dans les plans rapprochés. Au final le film reste donc une série B plutôt solide, ne cachant pas ses influences, et ne lésinant pas sur les ingrédients : autant le gore que la nudité sont ultra présents. On ne nous ment pas sur la marchandise ce coup-ci. J’ai même envie de dire que c’est meilleur qu’Alien Covenant, mais comme là on va me crier que c’est de l’acharnement !

Les plus

Généreux en effets spéciaux
Une petite ambiance sympa
1h17 seulement
Tant de nudité gratuite, du génie !

Les moins

La scène d’ouverture, c’est du navet
Par moment un gros côté nanar
Tant de nudité gratuite, c’est de mauvais goût !

 

En bref : Forbidden World, c’est encore et toujours Alien version Roger Corman. Mais ça sait être généreux dans tous les domaines pour plaire à l’amateur.

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