EUROPA REPORT de Sebastian Cordero


EUROPA REPORT

Titre original : Europa Report
2013 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Réalisation : Sebastian Cordero
Musique : Bear McCreary
Scénario : Philip Gelatt
Avec Daniel Wu, Sharlto Copley, Christian Camargo, Karolina Wydra, Michael Nyqvist, Anamaria Marinca, Embeth Davidtz et Isiah Whitlock Jr.

Synopsis : Six astronautes internationaux sont envoyés sur Europe, l’une des quatre très grosses lunes de Jupiter, afin de forer la surface de glace qui les sépare d’un océan profond de 90 km d’eau et chercher s’il y a une présence de vie extraterrestre… Malgré une panne technique catastrophique où toutes les communications avec le contrôle de mission sur Terre sont perdues et une série de crises meurtrières, l’équipage continue sa mission.

Depuis quelques années, la science fiction revient en force. Prometheus, Alien Covenant, Blade Runner 2049, Ghost in the Shell, Premier Contact. Même les films oubliés ont droit à un reboot/suite comme Moontrap avec l’ignoble Moontrap Target Earth. Le found footage lui a aussi été faire un tour dans l’espace, avec Apollo 18 de Gonzalo Lopez-Gallego en 2011. Après donc l’exploration de la Lune en found footage, nous voilà ici avec le found footage sur une des lunes de Jupiter, à savoir Europe, comme le titre nous l’indique, même si à voix haute, j’ai toujours envie de dire Europacorp et non pas Europa Report, mais bon, c’est un autre débat. Je ne savais d’ailleurs pas qu’il s’agissait d’un found footage avant de me lancer dans le métrage. Le spectateur est donc invité à suivre une équipe d’astronautes dans leur voyage, depuis le décollage jusqu’à leur mission, le tout filmé par les caméras à bord de leur navette, puis les caméras de leurs casques lorsque ceux-ci sortent dehors. Et première constatation, le film prend vraiment des allures de documentaires comparé à nombre de found footage, et donc ne se la joue pas caméra Parkinson et illogique. Pas de tremblements à répétition, pas de personnages qui gardent leur caméra alors qu’un gros danger est devant eux. Un plus indéniable pour le film pour le rendre digeste. Et même par moment intéressant, car si Europa Report n’est pas le film du siècle, et ne renouvelle en aucun cas le domaine de la science fiction, ni du found footage d’ailleurs (mais est-il possible de renouveler un genre qui ne propose quasi rien ?), il est suffisamment solide pour plaire aux amateurs du genre.

Pas d’effets chocs, de tremblements, de montage ultra cut illogique, Europa Report va à l’essentiel et nous montre un voyage en soit banal mais suffisamment bien fait pour plaire. Notre équipe d’astronautes quitte donc la Terre pour un long voyage sur une des lunes de Jupiter. La moitié du film nous montrera donc le voyage, avec par moment quelques soucis sinon ce ne serait pas drôle, quelques tensions, puis une seconde moitié se déroulant sur la fameuse lune, où les soucis vont continuer à arriver également. Même si les personnages ne sont pas très développés et ne sont au final que des classiques du genre, voir parfois des personnages qui se limitent à leur fonction (le capitaine, la pilote, l’océanologue), l’ensemble passe bien. On aurait bien entendu celui qui veut rentrer chez lui pour retrouver son enfant, la passionnée par la mission prête à prendre tous les risques. À tous les niveaux en réalité, on reste dans le classique, mais plutôt bien mené. Mais ça, c’est uniquement si on regarde la surface de l’œuvre, car en réalité, Europa Report est un poil plus complexe que cela, et se refuse à aller vers la science fiction classique. Des membres d’une équipe isolés lors d’un long voyage, on se dit que cela pourrait très facilement virer au thriller avec meurtres à la pelle. Mais non ! Une planète isolée explorée par une équipe qui ne sais pas du tout à quoi s’attendre, on peut immédiatement penser à une créature Alien qui va venir foutre la merde dans toute cette histoire, sauf que non, encore une fois, non.

Europa Report se refuse tous les clichés de la science fiction pour proposer un voyage en soit beaucoup plus subtil. Si l’on excepte le fait que l’on voit des vidéos de sécurité du voyage, l’on pourrait rapprocher le métrage de la science fiction plus subtile comme Moon par exemple, sans jamais en avoir le même talent (Moon était génial). Et mieux, malgré un budget que l’on sent limité et la technique même du found footage, le métrage parvient à quelques moments, notamment une fois que l’équipe débarque sur Europe, à nous offrir quelques magnifiques images. Et du coup, ça fonctionne la plupart du temps. Même les personnages clichés et au final peu développés trouvent un minimum de substance grâce à de bons acteurs (on trouve d’ailleurs Sharlto Copley au casting), et permet à l’ensemble de trouver un certain équilibre, sans jamais ennuyer, sans jamais émouvoir non plus, mais en nous scotchant un minimum à l’écran, avec ses images, son concept qui se refuse le sensationnel (sauf peut-être ses derniers instants, et encore), et une ambiance parfois totalement réussie, grâce aux décors extérieurs et à l’ambiance musicale. Pas si étonnant quand on sait que le métrage est soutenu par Guillermo Del Toro, qui a donc du surveiller un minimum le résultat final.

Les plus

Une ambiance sympathique
Un found footage qui évite les effets de styles
Ne fonce pas dans la science fiction classique

Les moins

Des personnages rarement exploités
Quelques moments restent prévisibles

 

En bref : Europa Report, c’est au final un found footage de science fiction qui évite de nombreux pièges et surtout se fait lisible et sympathique. Quelques défauts, mais une aventure sympathique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s