THE FOREIGNER de Martin Campbell


THE FOREIGNER

Titre original : The Foreigner
2017 – Angleterre / Chine / Etats Unis
Genre : Policier
Réalisation : Martin Campbell
Musique : Cliff Martinez
Scénario : Stephen Leather d’après son propre roman
Avec Pierce Brosnan, Jackie Chan, Michael McElhatton, Liu Tao, Charlie Murphy, Orla Brady, Katie Leung, Ray Fearon et Dermot Crowley

Synopsis : A Londres, un modeste propriétaire de restaurant de Chinatown va tenter de retrouver les terroristes irlandais responsables de la mort de sa fille.

En 2017, moi je n’attendais plus rien de Jackie Chan, en fait je ne regarde même plus ses films, m’épargnant ainsi de nouvelles déceptions. Car si c’est pour se taper Kung-Fu Yoga par Stanley Tong (ewww) ou Skiptrace (La Filature) par Renny Harlin, non merci. Qu’elle est loin l’époque où nous annoncions le grand retour de Jackie avec New Police Story. C’était en 2004. Alors depuis tout n’a pas été mauvais, nous avons eu Little Big Soldier, ou encore Police Story 2013, mais à côté, combien de Chinese Zodiac, Rush Hour 3, The Myth et compagnie ? Mais j’ai eu envie de donner une chance à The Foreigner. Sans doute car il adapte un roman on ne peut plus sérieux, qu’il nous parle de terrorisme, qu’il n’y a pas de véritable héros dans l’histoire, et que l’ensemble est filmé par Martin Campbell qui retrouve Pierce Brosnan dans le rôle principal après l’avoir dirigé des années plus tôt dans Goldeneye (il avait aussi signé le premier James Bond de Daniel Craig, Casino Royale). Alors si en plus on m’ajoute Cliff Martinez à la musique, forcément la curiosité est à son comble. Et si j’affirme que pour moi, The Foreigner est le meilleur film de Jackie Chan depuis New Police Story en 2004, il faut savoir au final que le film est plus un polar bien foutu qu’un film de Jackie Chan. Pour preuve, il n’est pas l’acteur principal, il n’y a pas d’humour dans le métrage. Quelques combats oui, mais rapides, d’ailleurs deux montages du film existent, le montage US et le montage Chinois, et si les différences sont minimes, un combat se voit un peu coupé. Mais en soit, dans un polar, cela ne me dérange pas, et permet de garder le ton réaliste (les longs combats dans un film sérieux, c’est peu réaliste au final).

The Foreigner donc nous raconte l’histoire de Quan, chinois vivant à Londres dont la fille meurt dans une explosion suite à un attentat terroriste. Il voudra bien entendu se venger, et se retrouve plongé dans le monde politique entre l’Angleterre et l’Irlande, et va prendre pour cible un politicien, Liam Hennessy (Pierce Brosnan), dont le passé pourrait bien le mener jusqu’à l’identité des poseurs de bombe. The Foreigner se veut être un jeu de chat et de la souris au final assez sombre entre un politicien et un vétéran de la guerre devenu restaurateur respectable, ou basiquement comment un événement tragique fait resurgir le passé et donc la vraie nature des deux personnages. Liam apparaît comme un politicien respectable tandis que Quan apparaît comme un homme simple qui a sa petite vie tranquille avec son restaurant et sa fille. Mais lorsque cet attentat politique vient anéantir la vie de Quan et lui retirer celle de sa fille et que cet attentat provient de l’Irlande en utilisant du C4 utilisé dans les entrepôts que contrôlent Liam, Quan décide de faire pression sur lui pour retrouver l’assassin de sa fille. Du coup le métrage, en plus de suivre la voie du polar, emprunte la voie du drame. Il est ici question de la perte de la famille, de la vengeance. Et si tout débute doucement, de manière pacifique entre les deux hommes, l’absence de résultat et le besoin de vengeance de plus en plus grand va pousser Quan à être physique, à faire pression sur Liam pour obtenir les informations qu’il veut. Si dans les faits, le développement reste plutôt classique (une vengeance, des terroristes, des faux semblants), la noirceur générale du film ainsi que son rythme soutenu en font un excellent divertissement.

Mieux, les scènes d’action, si elles sont souvent courtes (et donc réalistes) sont plutôt nombreuses et violentes, et la mise en scène de Martin Campbell est plutôt intéressante et sait mettre en valeur les chorégraphies de Jackie Chan. Cependant, ce n’est pas l’action qui détonne le plus dans le métrage (ni les explosions d’ailleurs, au final rares, tout juste deux attentats plus quelques explosions concoctées par Jackie Chan), mais bel et bien l’aspect dramatique. Pierce Brosnan est excellent en homme politique finalement pas si blanc que ça et qui s’entoure toujours des mauvaises personnes, tandis que Jackie Chan livre une prestation dramatique plutôt intéressante. S’il n’était pas le plus convaincant du monde en alcoolique dans New Police Story, il apparaît ici terriblement déprimé, les traits tirés, totalement marqué par la mort de sa fille, et il le fait très bien. Les deux personnages et donc par extension leur duel est passionnant, d’autant plus qu’il est très ambigu, à la fois dans leur relation que par leurs caractéristiques séparées, l’un étant trop sur ses positions politiques pour garder une paix fragile entre Angleterre et Irlande du Nord, l’autre étant aveuglé par la vengeance. Quitte à rendre les personnages secondaires souvent un peu vides… Mais c’est pour cela que The Foreigner a marché pour moi, je ne l’ai pas vu comme le nouveau Jackie Chan, mais comme un film avec Jackie Chan, l’acteur, au service de l’intrigue et du metteur en scène. Et le film n’a pas peur d’être violent quand il le faut. Par contre, les fans du Jackie qui se bastonne toujours risquent d’être déçus…

Les plus

Pierce Brosnan et Jackie Chan, très bons
Un film sombre et parfois bien violent
Une intrigue simple mais bien menée
L’action, courte, mais réaliste et souvent sèche

Les moins

Les fans de Jackie pourront être déçus
Des personnages secondaires souvent survolés

 

En bref : The Foreigner est un bon thriller sur le terrorisme et la vengeance. Le ton est froid, la violence sèche et bien présente, Pierce Brosnan et Jackie Chan sont excellents. Quelques défauts, mais l’ensemble tient plus que bien la route.

4 commentaires

  1. Je le note ! La perspective de retrouver Jackie Chan dans un registre plus tourmenté me tente bien, surtout dans un polar sec et violent. D’autant plus que Martin Campbell avait déjà pondu un revenge movie plutôt convaincant avec Hors de contrôle.

    1. Campbell n’est pas mauvais, malgré quelques faux pas. On m’a souvent conseillé son Hors de Contrôle, mais toujours pas vu. Juste revu récemment ses 2 Bond pour mon marathon. Par contre il adore les gros plans, clairement, ça définit par moment presque sa mise en scène. (J’ai pensé à toi récemment, j’ai vu quelques films avec Misty, faut que je prenne le temps de trouver mes mots).

      1. J’en ai un paquet, et j’attend un Blu-Ray récent d’un film fauché qu’elle a fait (Frankenshark, rien que le titre). Récemment j’ai parlé de Shadow Dead Riot qu’elle a fait en 2006 aussi avec Tony Todd, qui était amusant.

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