DEMONIA de Lucio Fulci


DEMONIA

Titre original : Demonia
1990 – Italie
Genre : Horreur
Réalisation : Lucio Fulci
Musique : Giovanni Cristiani
Scénario : Piero Regnoli et Lucio Fulci
Avec Brett Halsey, Meg Register, Lino Salemme, Christina Engelhardt, Pascal Druant, Grady Clarkson, Ettore Comi et Carla Cassola

Synopsis : En 1484, des nonnes sont crucifiées dans un petit village de Sicile, après avoir été accusées de pactiser avec le diable. Le couvent est ensuite scellé et emmuré. En 1990, des archéologues étrangers fouillent les vestiges non loin de là. Lisa, faisant partie du groupe, trouve derrière un mur les corps des sacrifiées, qui, dérangées, vont alors revenir pour tuer les habitants.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un film de Lucio Fulci. Il faut dire que j’ai vu depuis des années la plupart de ses grands films (dans des genres divers), et que l’exploration de sa carrière passé L’Éventreur de New York en 1982 n’était pas glorieuse. Simple d’ailleurs, dés 1982 avec La Malédiction du Pharaon, ce n’était plus ça, tant le film était chiant. Puis Fulci traversa pendant quelques années le désert avec des films clairement nuls (Conquest, Les Mercenaires du Futur) avant de tenter de revenir au giallo (en 1984 avec le mauvais Murder Rock) puis au film d’horreur (en 1987 avec le mauvais Aenigma). La suite de sa carrière se poursuivra dans le cinéma d’horreur, sans qu’il ne retrouve jamais la folie qui l’animait dans les années 70 et au tout début des années 80. Soupçons de Mort, Les Fantômes de Sodome, Zombi 3, Nightmare Concert, Voix Profondes. Tout ça, ce n’est pas très bon. Dans le lot, il n’y avait bien que House of Clocks (La Casa Nel Tempo) qui parvenait à être sympathique. Du coup, Demonia, datant de 1990, entre un Nightmare Concert et un Voix Profondes, ça ne faisait pas envie. Mais comme j’avais le dvd zone 1 depuis des années, il faut parfois se motiver un peu. Seulement 1h25 au compteur, et c’est parti. Verdict au bout du compte ? Ben ce n’est pas très bon, mais on est très loin de certaines catastrophes précédentes de Fulci malgré tout. On sent clairement, du début à la fin, qu’il tente de revenir aux films qui furent sa gloire. Oui, dés sa scène d’ouverture en 1484 ou des nonnes sont crucifiées, on pense à la scène d’ouverture de L’Au-Delà avec son peintre crucifié. Puis lorsque l’instant suivant nous découvrons notre personnage principal, joué par Meg Register, qui voit les événements lors d’une séquence de spiritisme, comment ne pas penser à la présentation du personnage de Catriona MacColl dans Frayeurs.

Fulci parsème clairement son scénario de moments ramenant à des films précédents de son œuvre, sans jamais parvenir à atteindre la même portée. Fainéantise ? Désir de faire plaisir à son fan ? Peut-être un peu des deux. Et étrangement, Demonia navigue justement sans arrêt entre le moment qui nous rappellera le bon vieux temps de bonne manière, les moments proprement ratés et mal venus, et quelques moments clairement maîtrisés qui viennent relever indéniablement le niveau général du film. Bancal, ça l’est par contre, aucun doute à ce sujet. Du coup, faisons simple, dans Demonia, notre super héroïne pas très intelligente et n’ayant pas un seul instant le charisme de Catriona MccColl va venir foutre la merde en cassant un mur et en libérant les esprits des nonnes tuées 5 siècles plus tôt. Qui vont bien entendu venir hanter le village et tuer les habitants, sinon ce ne serait pas amusant. En terme d’histoire donc, c’est du classique et du cliché en pagaille, mais on sait depuis le temps que niveau scénario, Fulci n’a jamais été excellent. Sur le papier, Frayeurs et l’Au-Delà ne sont d’ailleurs pas bon, mais c’est grâce à leur ambiance macabre qu’ils trouvent étrangement leurs qualités. Demonia tente d’ailleurs de jouer également dans cette cours là. Avec plus ou moins de succès, car un bon paquet de scènes fonctionnent. Lorsque Lisa va explorer les catacombes, découvrir des ruines, trouver les corps des nonnes, ça fonctionne, la mise en scène est du pur Fulci (oui vous allez en bouffer du zoom sur les yeux), la photographie malgré quelques faux raccords est très agréable pour les yeux et offre de très belles images. Si en plus, on rajoute quelques scènes oniriques qui fonctionnent plutôt biens, on se dit que c’est du tout bon. Et on le sait depuis le temps, mais quand Fulci doit filmer des morts, il ne fait pas semblant.

Dans Demonia, on retrouve un Fulci sadique, ultra violent, et si certains effets spéciaux peuvent prêter à sourire, l’ensemble fonctionne malgré tout. Du moins, pour le connaisseur du cinéma de Fulci. Mais ironiquement, le connaisseur voudra forcément comparer le métrage avec les autres œuvres auxquelles il renvoie, et là le verdict peut faire mal. Si Fulci reste violent, s’il délivre quelques scènes visuellement intéressantes et certaines bien prenantes, il ne s’est probablement pas entouré de l’équipe idéale pour mener Demonia vers de très hauts horizons. Meg Register dans le premier rôle, aussi jolie soit-elle, et bien ça ne fonctionne quasiment jamais. Il lui manque de la présence à l’écran, et sans doute un peu de talent aussi, mais c’est un détail on me dira dans ce genre de films. Les morts sont violentes mais certains effets spéciaux sont peu crédibles. Et si visuellement, le film tient la route, musicalement, on ne peut qu’être déçu de la partition de Giovanni Cristiani, qui ne fonctionne que trop rarement, dans quelques moments d’ambiance, mais en fait parfois un peu trop. Néanmoins, j’aurais passé un moment plutôt sympathique devant ce Demonia, totalement bancal, parfois surprenant et parfois raté, mais non dénué de certaines rares fulgurances qui parleront aux connaisseurs du cinéma de Fulci.

Les plus

Un métrage souvent bancal mais attachant
Quelques scènes d’ambiance réussies
Des meurtres violents

Les moins

Meg Register, peu crédible
Parfois bien trop bancal
Quelques scènes bien ratées

 

En bref : Film de fin de carrière de Lucio Fulci, Demonia est certes très bancal, mais a encore quelques beaux moments pour satisfaire l’amateur du réalisateur. On est certes loin des grandes réussites, mais ça se regarde.

2 commentaires

  1. Je suis bien d’accord avec toi : passé « l’éventreur de New York » (peut-être un de ses meilleurs paradoxalement), Fulci perd tous ses moyens (dans tous les sens du terme). Ce que j’en ai vu en tous cas (La malédiction du pharaon, Aenigma), c’était pas brillant. Si je comprends bien, celui-ci ne relève pas beaucoup le niveau. Nonne troppo pour moi.

    1. J’attend de voir en terme de giallo Le Venin de la Peur de Fulci que j’ai commandé pour pouvoir faire enfin un bilan sur sa période thriller/giallo à laquelle il revient quelque peu dans l’Éventreur de New York (avec un côté gore hérité de ces quelques films précédents). J’ai toujours eu un petit faible pour Frayeurs, mais le fait que ce soit le tout premier Fulci que j’ai découvert doit jouer pas mal et me faire manquer un poil d’objectivité.
      Par contre La Malédiction du Pharaon… je n’ai jamais pu écrire dessus, car même si j’ai le dvd depuis plus de 10 ans, je m’endors à chaque tentative, je n’ai toujours pas vu la fin… Mais en 1990, Demonia est, avec House of Clocks (qui est un poil supérieur) ce que Fulci aura fait de mieux dans sa dernière partie de carrière. C’est bien meilleur qu’un Aenigma et ses escargots tueurs…

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