GODZILLA X MEGAGUIRUS de Tezuka Masaaki


GODZILLA X MEGAGUIRUS

Titre original : Gojira tai Megagirasu: Jî shômetsu sakusen – ゴジラ×メガギラス G消滅作戦
2000 – Japon
Genre : Kaiju Eiga
Réalisation : Tezuka Masaaki
Musique : Oshima Michiru
Scénario : Kashiwabara Hiroshi et Mimura Wataru
Avec Tanaka Misato, Hoshi Yuriko, Eve Masato, Tanihara Shosuke, Nagashima Toshiyuki et Yamadera Kôichi

Synopsis : Depuis des années, le Japon assiste impuissant aux attaques de Godzilla contre les sources d’énergie nucléaires. Les armes les plus dévastatrices ont été employées mais rien n’a jamais semblé pouvoir ébranler le grand monstre. Nombreux sont ceux qui ont perdu la vie en le combattant ou en tentant d’échapper aux destructions. Aujourd’hui, l’équipe de militaires et de scientifiques spécialement désignée pour annihiler Godzilla pense avoir trouvé la solution : aspirer ce dernier dans un trou noir miniature, le confinant ainsi dans une prison dont il ne pourra plus jamais s’échapper. Mais après un premier essai à première vue réussi, un petit imprévu survient alors que toute l’équipe a déjà plié bagages. Le trou noir ne s’étant, malgré les apparences, pas tout à fait refermé, un énorme insecte ailé en émerge et pond un œuf avant de repartir. Un enfant s’en empare et, par un concours de circonstances, est amené à le cacher dans les égouts. L’œuf finit par éclore et bientôt, une gigantesque méganula arpente la ville à la recherche de nourriture.

À sa sortie, Godzilla X Megaguirus m’avait déçu, et ne m’avait d’ailleurs pas plu. Je comprends aujourd’hui facilement les raisons de ma déception. En 1999, Godzilla 2000 (ou Godzilla Millenium) amenait notre lézard géant préféré dans le nouveau millénaire, et dans une nouvelle période, bien plus tôt que prévu puisque la Toho ne voulait plus faire de Godzilla avant 2004, sauf que Roland Emmerich est arrivé entre temps. Godzilla 2000 nous montrait, malgré pas mal de défauts, un Godzilla plus sombre, plus sérieux, et à partir de là, chaque opus de l’ère Millenium sera une suite au tout premier Godzilla de 1954, et poursuivra une voie plus sombre et sérieuse, à l’exception réellement de Godzilla Final Wars. Godzilla X Megaguirus débarque lui en 2000, un an après Godzilla 2000 donc, qui avait eu droit une sortie au cinéma en Amérique, chose assez rare pour le souligner. Assistant réalisateur depuis le début des années 80, et surtout assistant sur Rebirth of Mothra 2 et 3 en 1997 et 1998, Tezuka Masaaki réalise là son tout premier film. Il ne sera pas très présent en tant que réalisateur (seulement 5 longs métrages en tout), mais signera malgré tout trois opus de Godzilla, dont certains considérés parmi les meilleurs opus, rien que ça. Et après le sérieux et l’aspect plus sombre de Godzilla 2000, ce réalisateur va faire un choix plutôt surprenant pour ce Godzilla X Megaguirus, celui de mélanger modernité, noirceur et sérieux avec un côté qui nous ramène dans les années 70, et même 60, avec déjà un ennemi de Godzilla qui était apparu dans Rodan à l’époque, et avec un combat qui se permettra quelques prises de catch rappelant le pire de la saga, et un abus pas très artistique de ralentis et d’accélérés. De là ma déception fut grande. Et si ce choix déçoit toujours aujourd’hui et surtout me fait lever un sourcil, Godzilla X Megaguirus pourtant reste un bon film, et un bon Kaiju Eiga.

Il faut dire que l’ouverture envoie du lourd ! Façon vieux film, le métrage se permet de revisiter les plans du tout premier Godzilla de Honda, mais avec le Godzilla version 2000 dans les images. Entre nostalgie et modernité, le film nous entraine alors dans un univers alternatif, doucement mais sûrement, où Godzilla sera réapparu plusieurs fois pour attaquer les centrales nucléaires, forçant le Japon à chercher des énergies alternatives, et même à changer de capitale, Osaka à présent, rien que ça. Le Japon se sert donc d’une nouvelle énergie, le Plasma. Godzilla revient régulièrement, et après une attaque sur Osaka en 1996 ne laissant que peu de survivants, une jeune femme, survivante justement, gère à présent l’unité militaire devant combattre Godzilla, les G-Grapsers. Nous la retrouvons de nos jours, à amener un jeune inventeur indépendant à son QG pour l’embaucher, afin d’aider son équipe à construire l’arme ultime contre Godzilla, à savoir un trou noir miniature et artificiel pour emprisonner Godzilla dans une prison à tout jamais. Alors que les militaires testent l’arme, un imprévu débarque bien entendu une fois que tout le monde a plié bagage : une créature débarque chez nous, pond un œuf, et se casse. Forcément, l’œuf va éclore, donner naissance à des centaines de monstres, et la catastrophe arrive, en même temps que Godzilla se prépare à refaire surface, amenant les deux monstres à combattre. Passé son concept de science fiction (avec des trains allant très vite, une capitale délocalisée, des trous noirs et j’en passe), Godzilla X Megaguirus nous rappelle bel et bien l’ère de tous les versus, et donc fatalement, de la seconde ère de la saga, ouverte par Godzilla contre Biollante et terminée avec Godzilla contre Destoroyah. Ma période préférée d’ailleurs.

Et outre donc quelques choix discutables lors des combats, notamment des prises de catch comme dit plus haut, et une technique pas très ingénieuse par moment, et bien finalement ce nouvel opus s’avère être un très honnête divertissement. Pas le meilleur, les personnages humains n’étant pas des plus intéressants et certains choix malheureux nous ramènent donc aux mauvais opus de la saga, mais le film trouve un équilibre assez étrange entre modernité et nostalgie. Car même son aspect science fiction nous rappellera cette fameuse période de la saga où les aliens en avaient souvent après la Terre. Mais ce film le fait avec modernité donc. De nouveaux effets spéciaux, un Godzilla plus imposant, des scènes de destructions sublimes. Quelques scènes seront d’ailleurs marquantes, comme lorsque notre héroïne se retrouvera au milieu de l’océan et s’accrochera aux écailles de Godzilla pour lui poser un émetteur, ou encore ces plans nous montrant Osaka, inondée par les eaux, eaux où se trouvent les nombreux œufs ne demandant qu’à éclore. Visuellement, même si le métrage se déroule sans doute un peu trop de jour, ça a de la gueule, le mix entre anciennes techniques (costumes, maquettes) et nouvelles techniques (CGI) fonctionne bien (à quelques incrustations près). Au rang des déceptions, on pourra aussi noter une prise de risque quasiment peu présente, Godzilla n’étant pas vraiment méchant, pas vraiment gentil non plus. Il se contente de faire ce qu’il doit faire, et si des humains sont sur sa route, cela s’appelle des dommages collatéraux. Entre ça et le catch… Mais ne crachons pas dans la soupe, ce Godzilla X Megaguirus reste malgré tout fort sympathique, rythmé, a quelques scènes marquantes, et même s’il est bancal dans ses décisions et idées, il demeure un divertissement réussi, un peu à l’image de Godzilla 2000. La saga passera à la vitesse supérieure dès l’année suivante, et ce pour trois grands films de suite.

Les plus

L’ouverture magique
Entre modernité et nostalgie
Quelques scènes bien marquantes et réussies

Les moins

Peu de risques
Quelques moments rappelant le pire de la saga

 

En bref : Godzilla X Megaguirus, comme son prédécesseur, reste un divertissement sympathique, mais assez bancal sur pas mal de points. Reste que pour le fan de Kaiju Eiga, ça reste une bonne pioche, et une bonne mise en bouche pour ce qui va suivre.

4 commentaires

  1. Ton expertise du roi Lézard force le respect. Je me nourris de ce savoir au cas où il surgirait des eaux voisines et cracherai son napalm du côté mon lecteur blu-ray. Je crois de toute façon que cette version nourrie au sushi me plaira davantage que ses clones américains, la maquette ayant dans mon cœur une plus belle place que tous les CGI de l’univers.

    1. Ah ça, j’ai vu tous les opus de la franchise (en comptant les deux américains), jusqu’aux trois filmés animés distribués par Netflix (et franchement pas terribles, surtout le dernier).
      Dans ce cas, si un jour tu dois poser tes yeux dessus, je te conseille les opus de la seconde partie de la franchise, du Retour de Godzilla en 1984 à Godzilla VS Destoroyah en 1995. Aucun CGI, que de la maquettes, et certains opus parmi les meilleurs (et quelques bien mauvais, notamment Godzilla VS SpaceGodzilla…). Certains plus anciens sont sans doute trop kitchs pour un non connaisseur du genre, et les plus récents à partir de 2000, même s’il y en a quelques excellents, possèdent quelques CGI, discutables souvent.
      Plus qu’à continuer après mon exploration avec les Rebirth of Mothra (que j’ai en dvd, mais doublés en anglais, ce qui calme direct) et les Gamera.

      1. Un peu, mais apparemment la trilogie Gamera des années 90 est d’un excellent niveau, et fait par le réalisateur du meilleur Godzilla de la période année 2000, donc why not ^^

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