LE DENTISTE de Brian Yuzna


LE DENTISTE

Titre original : The Dentist
1996 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Brian Yuzna
Musique : Alan Howarth
Scénario : Dennis Paoli, Stuart Gordon et Charles Finch
Avec Corbin Bernsen, Linda Hoffman, Michael Stadvec, Ken Foree, Tony Noakes, Molly Hagan, Virginya Keehne et Mark Ruffalo

Synopsis : Le Dr Feinstone, un dentiste, sombre dans la paranoïa et soupçonne sa femme d’infidélité. Ses soupçons se portent sur un employé qui a les mains sales.

Si Le Dentiste est loin d’être mon film préféré de Brian Yuzna, il demeure pourtant son œuvre qui m’aura le plus traumatisé, à mon jeune âge lors de sa sortie en VHS. Oui, aucun doute que ma phobie du dentiste vient du film. Et il faut dire que rien que pour ça, le film mérite d’être vu. Après avoir réalisé en 1993 Le Retour des Morts-Vivants 3 (un de ses meilleurs films) ainsi que deux segments pour le film à sketchs Necronomicon (bancal mais fort sympathique), Yuzna galère. Il planchera d’ailleurs d’après ses dires presque deux ans sur ce Dentiste. Deux ans avec le producteur Pierre David (producteur des œuvres de Cronenberg à la fin des années 70 et début 80), avec maintes réécritures jusqu’à ce que le script soit enfin accepté et que le tournage puisse commencer. Une longue période de préproduction qui aura permis à Yuzna de bien préparer son métrage, malgré un budget relativement anémique de 700 000 dollars. Du coup oui, Le Dentiste s’éloigne clairement des délires habituels de Yuzna, prenant plus souvent des allures de thriller (certes avec quelques scènes gores) se déroulant principalement dans le cabinet du dit dentiste, et dans sa maison. Dommage d’ailleurs que le budget ne permettait pas plus de choses, car on se dit rapidement que Yuzna se serait fait bien plaisir, surtout avec Corbin Bernsen en dentiste pétant un câble bien comme il faut. Surtout que l’idée de placer son histoire à Beverly Hills, et de montrer donc cet homme respectable et surtout maniaque de la propreté péter un plomb aurait pu être une nouvelle manière d’égratigner un peu le quartier, un peu comme il le faisait dans son premier métrage, Society. Mais il n’en est rien.

Notons malgré tout que si le budget est risible et que Yuzna s’éloigne quelque peu de l’horreur surréaliste faisant sa réputation, Le Dentiste possède indéniablement sa patte. Les scènes d’horreur font mal et sont la plus grande réussite du métrage, certaines visions hallucinatoires nous rappellent bien qui est derrière la caméra, et le second degré s’invite souvent dans la partie. On ne s’étonne pas de découvrir que le scénario est signé Dennis Paoli et Stuart Gordon, auteurs ensembles de Re-Animator, From Beyond ou encore Dagon, tous les trois produits par Yuzna. Le Dentiste, c’est donc la descente aux enfers du « pauvre » (notez bien les guillemets hein) Docteur Feinstone, joué par Corbin Bernsen qui en fait souvent des caisses et pourtant arrive à être flippant. Persuadé de l’infidélité de sa femme, il finit par tomber sur la preuve, en surprenant madame avec le jardinier du quartier. Comme tout le monde, notre brave docteur est sous le choc. Bon, sauf que certains confronteraient leur femme, d’autres se noieraient dans l’alcool, certains se confieraient à leurs meilleurs amis… Notre brave docteur lui, il hallucine, se bourre de cachets et commence à prendre un peu trop de plaisir à faire souffrir ses patients. Chacun son truc. Une base simple, voir même clairement bateau, mais que Yuzna parvient à rendre malgré tout intéressante à l’écran. Avec un lieu quasi clos, le pétage de plomb de Corbin Bernsen prend vie, et sachant pertinemment le sujet du film (vu la pochette hein), le spectateur un tant soit peu réceptif, ou un tant soit peu flippé par les dentistes va passer un sale quart d’heure.

Autant par restriction de budget que par simple logique scénaristique, Yuzna fait durer le suspense, et n’accumule pas les scènes de torture. Du coup, la tension s’installe, et chaque nouveau patient peut devenir le moment charnière qui fera basculer le film. Dommage qu’à l’exception de l’acteur principal, tout le casting ne soit pas au top. On notera malgré tout la présence au casting d’un jeune Mark Ruffalo, et de Earl Boen, le fameux docteur qui aura traversé les trois premiers opus de la saga Terminator, jouant ici un inspecteur des impôts que Yuzna va prendre grand plaisir à faire souffrir dans une des scènes les plus marquantes du métrage. Des scènes marquantes qui vont faire mal à nos dents, le film en contient 3, et je n’en dirais pas plus. Elles fonctionnent du tonnerre, elles font mal, et dans le fond, c’est exactement ce que l’on cherchait… et paradoxalement exactement ce que l’on redoutait également, mais bon. Yuzna en réalité tenait là un excellent thriller teinté d’un peu de gore et de pas mal d’humour noir, mais le scénario nous emmène parfois en dehors du cabinet du dentiste, notamment pour une mini enquête policière (nous permettant de voir Ken Foree à l’écran), absolument pas palpitante et surtout totalement dispensable au récit. Le Dentiste, c’est à la fois bancal et marquant, dérangeant et second degré, mais totalement attachant.

Les plus

Corbin Bernsen se fait plaisir
Des scènes marquantes
Un film qui en aura traumatisé plus d’un

Les moins

L’enquête policière ratée
Quelques acteurs moyens
Limité par son budget

 

En bref : Le Dentiste est loin d’être parfait, mais le film fait toujours son petit effet pour tout ceux qui ont peur pour leurs molaires. Pas le meilleur Yuzna, mais plutôt attachant.

4 commentaires

  1. Ach, jamais vu ! Et pourtant quelle affiche, quelle équipe !
    Malgré tes réserves j’en fais maintenant une priorité. Il me faut vite un rendez-vous ! Moi c’est celle du fond en haut qui me gène… 😉

    1. Ahlala, je m’étais jeté dessus malgré mon jeune âge à son premier passage sur Canal à l’époque. Et depuis, le fameux dentiste, et rien que le son de la roulette, brrrrrrr. Je fuis !
      Il reste très sympa malgré tout hein, et ça fait étrange de voir Yuzna avec un postulat plus sérieux du début à la fin (bon, il y a bien quelques moments space, je rassure). Le second opus est d’ailleurs plus proche du cinéma de Yuzna, plus barré et comique, mais on sent la petite redite, moins efficace du coup (je posterais la chronique un jour, quand j’aurais une copie HD car je ne l’ai que dans une copie encodée 4/3 TF1 vidéo en dvd, absolument dégueulasse en terme de qualité – oui oui, je suis chiant même pour mes captures !)

  2. Sur la qualité on ne transige pas, et surtout pas avec un Yuzna.
    A mon grand regret, je ne connais de Yuzna que son gluant Society. Évidemment, ce dentiste a une réputation qui la précèdé mais jamais aussi élogieuse ment que n’as su le faire malgré toi dans cet article.

    1. Yuzna est un réalisateur qui a toute ma sympathie, notamment pour sa passion et sa gentillesse (j’ai pu lui parler plusieurs fois via facebook). Et même si ces dernières oeuvres m’ont beaucoup déçues et qu’il y a toujours un petit côté téléfilm par moment, il reste ce petit bonhomme sympathique pour Society, Le Retour des Morts-Vivants 3, Beyond Re-Animator, et même Faust, détesté de beaucoup, et que j’aime bien malgré son final bien raté.

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