THE JACKET de John Maybury


THE JACKET

Titre original : The Jacket
2005 – Etats Unis
Genre : Thriller
Réalisation : John Maybury
Musique : Brian Eno
Scénario : Massy Tadjedin
Avec Adrien Brody, Keira Knightley, Kris Kristofferson, Jennifer Jason Leigh, Kelly Lynch, Brad Renfro et Daniel Craig

Synopsis : Un jeune soldat amnésique est accusé d’un meurtre dont il n’a pas souvenir. A l’hôpital, on le soumet à une expérience : enfermé dans un corset, il remonte le fil du temps, apprend la vérité sur son passé et découvre le futur qui pourrait être le sien s’il parvient à déjouer le présent.

Des années que The Jacket me faisait de l’œil, et pourtant, j’avais littéralement oublié le film, jusqu’à tomber accidentellement dessus. En fait, à sa sortie, je travaillais dans un cinéma, et j’avais vu le trailer. Je voulais voir le film, et puis, en fait, ce n’était pas arrivé. Pourtant, un film produit par Soderbergh et Clooney, mélangeant le fantastique et le thriller, le tout avec un casting divers et solide (Adrien Brody, Keira Knightley, Kris Kristofferson, Jennifer Jason Leigh, Daniel Craig, rien que ça), ça ne pouvait que m’intéresser. C’est donc chose réparée aujourd’hui, puisque j’ai vu The Jacket, et beaucoup aimé, malgré un côté prévisible un peu dommage, du notamment aux deux premières influences du métrage, à savoir dans un premier temps L’Échelle de Jacob (le côté fantastique, le traumatisme de la guerre, l’incertitude d’un événement particulier), puis L’Effet Papillon (le possible voyage dans le temps, l’enquête à travers les époques). Ça n’en fait pas un mauvais film, loin de là, puisque comme influences principales, il y a pire il faut avouer, mais du coup, l’effet de surprise est moindre. The Jacket donc, c’est l’histoire de Jack Starks, un vétéran de la guerre qui meurt, d’une balle dans la tête. Sauf qu’en réalité, il survit, et cette blessure plutôt inhabituelle a sur lui des effets secondaires, à savoir une amnésie. Ça pourrait ne pas être si grave (quoi que, quand même), sauf que de retour au pays, après avoir aidé une mère alcoolique et sa fille sur le bord de la route, il est prit en autostop par un homme qui peu de temps après, tue un flic sous ses yeux, et fait tout pour que Jack soit le coupable présumé. Difficile de se défendre avec son amnésie qui fait encore des siennes, et Jack, jugé non coupable, finit dans un hôpital psychiatrique.

Un hôpital tout ce qu’il y a de plus normal dans le genre, avec un docteur faisant des expériences sur ses patients (Kris Kristofferson donc), des infirmières attentives, et des patients un peu tarés, dont un Daniel Craig méconnaissable et brun. Et chaque nuit, Jack est emmené au sous-sol pour des expériences. En camisole, il est enfermé dans un placard. Non, pas un placard à ballet pour punir les enfants, mais dans le tiroir d’une morgue plutôt. Dans un premier temps, The Jacket joue très bien sur son aspect glauque et claustrophobique d’ailleurs. Il faut dire que Adrien Brody fait du très bon boulot, et que la mise en scène lui colle à la peau lorsqu’il est enfermé dans ce fameux tiroir. De plus, le film débute fort, sans temps mort, avec quelques images de guerre, et quelques images violentes qui mettent clairement dans le bain. À quelques effets de styles un peu inutiles et répétitifs près, c’est de l’excellent boulot donc, presque étouffant par moment. Ce qui est étonnant de la part de John Maybury, réalisateur anglais beaucoup plus habitué aux simples drames et aux biopics (The Edge of Love en 2008, Love is the Devil en 1998). Mais plutôt rapidement, le film insère dans son récit l’aspect fantastique, plutôt inspiré de l’Effet Papillon et datant d’un an plus tôt. Jack, enfermé dans son tiroir, se retrouve propulsé dans un avenir. Un avenir où il est déjà mort, mais où il retrouvera quelques personnages de son passé, afin de mener l’enquête sur son propre meurtre, car il apprend qu’il ne lui reste, dans le présent, là où il est attaché dans le tiroir, que 4 jours à vivre. Une base simple, mais plutôt efficace, et surtout que le métrage ne va pas utiliser n’importe comment. La réalisation qu’il est dans l’avenir par exemple ne sera pas un élément sur lequel le film va insister lourdement avec ses gros sabots.

La relation d’ailleurs entre Jack et Jackie (Keira Knightley) dans l’avenir sera plutôt bien vue, et bien amenée. L’investissement des différents acteurs y est fortement pour quelque chose, et The Jacket malgré son côté un brin prévisible (oui, même sa fin, qui pourtant semble faire débat), se suit avec un vrai plaisir. Un plaisir pas parfait pour autant. Là où le début insiste par exemple sur son côté claustro, en collant au plus près son personnage principal, il laisse petit à petit place à une intrigue plus aérée, un montage plus lent et plus distant avec l’action, lorsque l’intrigue est devenue plus limpide, le voyage dans le temps accepté, et le but du personnage clairement établit. Et si la plupart du temps, le film évite de sortir ses sabots (quelques moments sont même plutôt bien vus, et plutôt jolis), on pourra néanmoins dire que certains personnages restent simplistes dans leur développement, et donc que ça manque de manière générale de justification, notamment en ce qui concerne notre docteur, traversant le film de manière plutôt transparente, ne justifiant que rarement ses actions, et passant son temps à enfermer notre héros et à boire son cognac dans son bureau. Oui, ça c’est dommage, surtout lorsque le film tente un peu plus tardivement d’humaniser le personnage, mais ne lui laisse pas assez de temps pour pleinement exister à l’écran. Pas mal de petits défauts, qui peuvent énerver quand on s’attarde dessus, mais qui en soit, ne dérange pas lors de la vision du métrage, visant l’efficacité sans en faire trop. Un bon moment.

Les plus

Bon casting
Le côté claustro et violent de la première partie
Un film qui se suit bien

Les moins

Quelques clichés et stéréotypes
Quelques éléments peu développés

 

En bref : The Jacket n’invente rien, tirant son inspiration de métrages cultes, mais il propose une aventure très sympathique à suivre portée par un solide casting.

5 commentaires

  1. Quel casting !
    Je me souvenais de Brodie mais pas des autres ! Et je vois Brian Eno au score!
    Inimaginable que j’aie pu zapper ce film a l’époque. Ta critique, même modérée par quelques réserves finales, me donne très envie d’enfiler cette veste (est-ce qu’elle donne un style de malade ? dirait Dujardin 😉)

    1. Je crois que finalement beaucoup sont passés à côté à l’époque. Pas assez de pub ? De copies ? Temps restreint en salle ? Concurrence trop sévère ? Même moi qui voyait gratuitement tout ce qui sortait par mon travail à l’époque et bouffait bien parfois 3 films par semaine en salles, je l’avais zappé.
      Content de te donner envie en tout cas. Malgré ses inspirations certaines, ça vaut 10 000 fois mieux que le remake de Jacob’s Ladder 😉
      Et le Daim, ça y est, je l’ai, je peux me le faire très prochainement.

      1. Au moins, le remake reste inédit en France, et avec de la chance, le restera vu l’accueil qu’il a reçu !
        Sans soucis, je devrais le voir ce soir ou demain, profiter enfin de mes jours de repos (j’enchaîne entre 7 et 8 jours de suite à chaque fois au taf, du coup je suis archi crevé la plupart du temps).

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