ANNABELLE : LA MAISON DU MAL de Gary Dauberman


ANNABELLE : LA MAISON DU MAL

Titre original : Annabelle Comes Home
2019 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : Gary Dauberman
Musique : Joseph Bishara
Scénario : Gary Dauberman
Avec McKenna Grace, Vera Farmiga, Patrick Wilson, Madison Iseman, Katie Sarife et Michael Cimino

Synopsis : Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…

Malgré tout le respect que j’ai pour James Wan, étant donné qu’il est un très honnête réalisateur et qu’il est très efficace dans le domaine de l’horreur (voir les deux premiers Conjuring, les deux premiers Insidious), si je dois bien lui reprocher quelque chose, ce sera les univers à rallonge qui débutent par ces films. Il commençait sa carrière avec Saw, et voilà que la saga se prépare à nous offrir son 9ème opus prochainement… Avec plus de la moitié à jeter directement à la poubelle. Il a réalisé Insidious, et la saga continue sans lui jusqu’au quatrième opus, le moins bon d’une saga plutôt solide malgré tout. Il a réalisé les deux premiers Conjuring, et tandis qu’il part réaliser quelques gros films de studios (Fast and Furious 7 et Aquaman), voilà que débarquent en vrac trois films sur Annabelle, un film sur La Nonne, et un film sur La Llora (stupidement renommé La Dame Blanche en France). Oui, le Conjuring Universe ! Et dans le cas d’Annabelle, le premier m’avait bien refroidit. Confier le film dés le départ au réalisateur de Mortal Kombat 2, ce n’était pas la meilleure idée. J’ai du coup zappé le second opus, mais le troisième s’est posé devant mes yeux, donc c’est parti. Annabelle Comes Home, troisième opus donc, me pose direct un dilemme, mais permet à Gary Dauberman, scénariste reconnu dans le milieu pour le Conjuring Universe mais également les scénarios de Ça Chapitre 1 et 2, de passer réalisateur. Mon dilemme ? Est-ce utile de faire trois films sur une poupée pas du tout intéressante malgré son sourire creepy ? Absolument pas, mais les lois du box office sont impénétrables. Annabelle 3 donc. Qui a au moins pour lui sur le papier de bonnes idées. À savoir mettre durant les vingt premières minutes les Warren en avant, eux qui jusqu’ici n’étaient que sur les vrais Conjuring. La seconde bonne idée, c’est, malgré le titre du film, de faire de la poupée Annabelle le point de départ de l’histoire mais absolument pas l’élément important et dominant à l’écran. Ouf !

Annabelle est donc emmenée par les Warren, enfermée chez eux, mais le couple a le malheur de partir pour une soirée, et de laisser leur fille avec la babysitter et sa meilleure amie. Bon, soyons clair, Annabelle est un film de genre, soft mais de genre, et il accumule donc les clichés du genre. Un personnage qui court à bras ouverts vers le danger, une petite peste qui, excuse ou pas, fait pile ce qu’il ne faut pas faire et amène le danger (bon le cas contraire, pas de film). Alors oui, c’est du cinéma de genre cliché et codifié, il faut l’accepter, soit, passons. Mais la vraie bonne idée du métrage, car il en a, ce sera de faire qu’Annabelle, la poupée donc, est la source de tout, mais ne sera finalement pas tant que ça dans le métrage, ou si peu. Annabelle est libérée, connement donc on l’a bien vu, mais elle va au lieu d’avoir le rôle titre de son propre film, faire venir tous les mauvais esprits enfermés dans la pièce consacrée à… et bien à ces mauvais esprits dans la bâtisse des Warren. Du coup, Annabelle troisième du nom prend plutôt des allures de train fantôme, ou non, de maison fantôme. Pleins d’esprits, chacun ayant droit à sa petite scène pour faire peur, et voilà. Maintenant, est-ce que l’idée fonctionne à l’écran ? Oui et non. On a toujours droit à quelques jumpscares qui ne fonctionnent absolument pas, les fameux esprits ou autres créatures n’ont pas franchement le temps d’exister et de faire monter la tension car ils sont nombreux, il faut aller vite, et chacun à sa petite scène. Annabelle, un loup garou dans la brume, une femme en robe, d’autres créatures assez bien fichues également. L’autre souci, c’est que le film veut prendre son temps pour poser son ambiance. C’est très bien ça, d’ailleurs certaines scènes, quand elles jouent sur le silence, fonctionnent bien. Mais la première partie, avant qu’il ne se passe vraiment quelque chose, dure toute de même une heure. Soit plus de la moitié du métrage hein ! Quand ça commence à mal tourner, c’est passé la première heure.

Mais si le film échoue quasi intégralement dans ses tentatives pour faire peur, et qu’il prend son temps, beaucoup trop son temps, il faut avouer que par contre, Gary Dauberman livre une copie honorable à la mise en scène. Certaines scènes et idées de plans sont très bien trouvées, et on se dit que si l’ensemble aurait été resserré sur moins de créatures pour nous permettre de mieux appréhender leur « mode opératoire » et leur mythologie, ça aurait sacrément mieux fonctionné. En fait, on a l’impression avec ce Annabelle que la Warner (et Dauberman, et James Wan, qui a écrit les grandes lignes) lancent un max de créatures dans leur métrage, comme pour voir les réactions du public et savoir quelle créature plait le plus afin d’en faire le prochain spin of de la saga. Alors oui, cela rend le film différent des précédents (enfin, j’imagine pour le second opus), et cela permet également au métrage de ne pas tourner en rond avec une créature au mode opératoire identique tout le long, mais je trouve cela dommage. Surtout qu’encore une fois, certaines scènes, à défaut de faire peur, s’en tirent honorablement, grâce à de jolis jeux de lumière (la scène dans la chambre jouant sur les ombres et les lumières colorées, ou encore la scène éclairée à la lampe à huile dans la cuisine), et une technique, bien qu’ayant parfois recourt à des jumpscares, qui se fait plutôt propre. Bien filmé et bien monté donc. Mais rien d’exceptionnel malgré tout. Entre ça et La Malédiction de la Dame Blanche, le Conjuring Universe ne brille décidemment pas en 2019. Mais quitte à choisir entre les deux, voyez ce Annabelle, si vraiment vous n’avez pas le choix !

Les plus

Techniquement pas désagréable
Des idées de scènes qui font mouche
Divertissant

Les moins

Trop de créatures
Première partie qui s’éternise
Les jumpscares rah

 

En bref : Annabelle revient, et heureusement, n’est pas trop présente dans son propre film. Annabelle 3 prend la forme d’une maison fantôme, peuplée de beaucoup (trop) d’esprits. Il y a des idées, dans les scènes, dans la mise en scène, et l’ensemble reste divertissant, mais loin d’être mémorable.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s