LES YEUX DE LA FORÊT de John Hough


LES YEUX DE LA FORÊT

Titre original : The Watcher in the Woods
1980 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : John Hough
Musique : Stanley Myers
Scénario : Brian Clemens, Rosemary Anne Sisson et Harry Spalding
Avec Bette Davis, Lynn-Holly Johnson, Kyle Richards, Carroll Baker, David McCallum, Benedict Taylor, Frances Cuka et Richard Pasco

Synopsis : Un couple et leurs deux filles s’installent dans une grande bâtisse de la campagne anglaise, propriété d’une mystérieuse vieille dame. L’aînée des enfants ne tarde pas à percevoir des phénomènes étranges et inquiétants.

Retournons en ces temps bénis, les années 80. Une époque où oui, le but des studios étaient déjà de faire pas mal d’argent, mais où parfois, on osait prendre des risques et sortir des sentiers battus. Et parlons donc de cette magnifique compagnie dont je parle malgré tout bien trop souvent à mon goût, à savoir, Disney ! Disney aujourd’hui détient un bon paquet de société. Walt Disney Pictures bien entendu, mais pas que. Il y a aussi Marvel, Lucasfilm, Pixar, Buena Vista. Et depuis peu, la 20th Century Fox (et donc, par extension, les sociétés qui étaient également détenues par la Fox, comme Regency). Et aujourd’hui, ça produit en masses des suites, des remakes, et des films live plan par plan identiques aux films d’animation. Et le pire, c’est que ça marche. Mais au début des années 80, Disney n’allait pas si bien que ça, j’en avais déjà parlé dans ma chronique de Tron. Et du coup, Disney étendait ses horizons et tentait des choses. Tron naquit pour tenter de toucher à la science fiction et à l’informatique, mais Disney tenta également de se lancer dans le cinéma gentiment horrifique. Du cinéma PG13 bien entendu, mais horrifique malgré tout. Les Yeux de la Forêt est un de ses essais. Une chose est sûre, c’est que lorsque l’on veut toucher à l’horreur grand public, il faut savoir travailler son ambiance. Et quel meilleur choix que de faire venir John Hough, ancien de la Hammer et réalisateur du génial La Maison des Damnés pour ça ? Les Yeux de la Forêt donc adapte un roman parût quelques années plus tôt, et à sa sortie, l’accueil fut plutôt froid. Les projections tests ne furent pas fameuses, et Disney renvoya le film pour tourner des fins alternatives. Mais John Hough n’étant pas disponible, un autre réalisateur s’en chargea. Filmé au départ en Août 1979 pour un budget de 7 millions en Angleterre, en utilisant certains décors déjà utilisé pour quelques films cultes comme La Maison du Diable de Robert Wise (rien que ça hein), le film a donc eu une genèse compliquée, ce qui n’est en général jamais bon signe. Car le film sorti au départ en Avril 1080, de manière limitée, mais l’accueil fut tellement glacial que le studio retira le film, avant une nouvelle sortie en Novembre 1981, avec la fin que l’on connaît aujourd’hui. La fin originale est disponible en bonus sur l’édition DVD US, et montre une fin étonnante, puisque beaucoup plus violente que cella du film finalisé.

Mais bref, je m’égare encore avec tous ces soucis de production, qui ne datent donc pas d’hier en ce qui concerne Disney. Mais Les Yeux de la Forêt, parfois son final retourné (et son ouverture également), parvient malgré tout à être une bonne surprise. Film horrifique familial, le métrage bénéficie surtout de la maitrise technique de John Hough qui parvient à poser une ambiance étrange sur le métrage. Qui ne fait pas peur, soyons clair là-dessus dés le départ, mais qui fonctionne et donne un charme indéniable au métrage. Des rafales de vent qui arrivent sans prévenir, l’utilisation de plans subjectifs qui sont de plus en plus utilisés suite au succès d’Halloween en 1978, des apparitions furtives dans la forêt, des éclairs de lumières, sans oublier des reflets étranges (ou l’absence de reflets) dans des miroirs, et des murmures la nuit. On nage en plein conte horrifique, puisque oui, le film est un conte. On y suit une famille qui s’installe dans une maison louée à une vieille dame (Bette Davis). Une maison gigantesque, entourée par les bois (d’où le titre, oh oh oh). Un père, sa femme et leurs deux filles, dont la plus âgée qui semble très sensible aux éléments surnaturels présents sur les lieux et dans les bois. Ajoutons à tout cela la présence d’une éclipse solaire prochaine, et on a tout ce qu’il faut pour avoir un produit qui n’ennuie pas. Car malgré sa structure, typique des années 80, avec une longue mise en place misant tous sur les personnages et l’ambiance, et durant un bon 45/50 minutes, avant la résolution en durant 30, et bien ça fonctionne. On se passionne, à un certain degré, pour cette histoire, aidé par le talent de Bette Davis et le joli minois de Lynn-Holly Johnson, que l’on reverra en 1981 dans Rien que Pour Vos Yeux, dans le rôle de la seule femme dont Roger Moore refuse les avances ! Diantre.

Les Yeux de la Forêt ne va pas terrifier son public, bien qu’il puisse avoir un certain effet sur les plus jeunes, mais est un divertissement bien calibré et surtout bien maitrisé pour intéresser. Certes, pas assez horrifique pour les adultes et sans doute trop horrifique pour les plus jeunes, mais qui a un gros charme old school. Son mystère, bien qu’assez classique et prévisible (le coup de Karen écrit à l’envers, on l’a vu venir immédiatement, surtout quand on connaît par cœur Shining), mais l’accumulation de ces petits détails fonctionne. Quand arrive par contre l’heure des révélations, on ne peut qu’être un peu déçu. L’ensemble est un peu plus précipité (il faut dire que le film est court, la version de base devant durer 1h40 contre 1h24 maintenant) comparé à le lente et atmosphérique mise en place. Cela devient de plus en plus flagrant pour le dénouement, expédié en environ 7 ou 8 minutes, montre en main. Et il y a, bien entendu, le fameux reshoot, qui nous livre une fin qui… laisse sur notre faim en réalité, gentille, family friendly. Et cela rappelle finalement un peu le cas Mission to Mars. Une révélation finale simpliste et gentille, alors que le film fait monter le suspense durant 1h10 auparavant. Alors oui, nous sommes chez Disney, mais ils auraient pu oser, quitte à tenter le genre horrifique et viser un public différent. Mais cela ne retire finalement rien à la vision du métrage, si on le prend pour ce qu’il est. Un divertissement un peu plus mature que d’habitude de la part de Disney, mais ne voulant froisser aucun public.

Les plus

La mise en scène de John Hough
Une ambiance très sympathique
Court et rythmé
Un film différent de la part de Disney

Les moins

Le final précipité
Sans doute un peu trop gentil

 

En bref : Disney tente l’aventure du film horrifique. Cela reste gentillet, mais avec un réalisateur compétent aux commandes, le résultat est plus qu’honorable.

2 commentaires

  1. Je découvre ce Disney qui m’avait totalement échappé. En plus Mickey a récupéré des ruines de la Hammer non seulement John Hough mais aussi Brian Clemens si j’ai bien lu au scenario !
    Ajoute à cela un agent très spécial et Bette Davis (qui m’a toujours fait flipper, quel que soit le film), la mixture a de quoi intriguer, même si en te lisant, je comprends qu’on en fait pas des cauchemars.

    1. Oui oui tu as bien lu, scénariste également du très sympathique And Soon the Darkness, qui sort enfin en Blu-Ray ce mois-ci je crois (précommandé il y a des mois pour me débarrasser de ma VHS toute usagée).
      Ce Disney ne te fera pas cauchemarder, mais il reste une bien sympathique bobine oubliée que j’ai découvert par hasard (j’ai même eu un petit frisson en voyant dés le début « Walt Disney Company presents » haha).

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s