THE AMAZING SPIDER-MAN 2 de Marc Webb


THE AMAZING SPIDER-MAN 2 : LE DESTIN D’UN HÉROS

Titre original : The Amazing Spider-Man 2
2014 – Etats Unis
Genre : Super Héros
Réalisation : Marc Webb
Musique : Hans Zimmer et The Magnificient Six
Scénario : Alex Kurtzman, Roberto Orci et Jeff Pinkner
Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan, Colm Feore, Felicity Jones, Paul Giamatti et Sally Field

Synopsis : Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Même s’il n’a pas convaincu tout le monde, The Amazing Spider-Man en 2012 a été un succès, et moi, je l’ai apprécié ce reboot plus réaliste, plus terre à terre, et avec enfin un personnage féminin qui fait des choses. Le retour de Marc Webb pour une suite, avec le même casting, qui s’agrandît de la présence de Jamie Foxx, Dane DeHaan, Felicity Jones ou encore Paul Giamatti, c’était une excellente chose. Sauf qu’à force de réécriture (on ne remerciera jamais assez Alex Kurtzman, qui a après tout signé les scénarios de The Island, Mission Impossible 3, Transformers 1 et 2, Star Trek 1 et 2…), et une furieuse envie d’en faire trop, The Amazing Spider-Man 2 s’enfonce dans les mêmes travers qu’un certain Spider-Man 3 signé monsieur Raimi. Trop de personnages, trop de méchants, trop d’intrigues, et finalement, pas assez de temps pour tout traiter comme il le faut, et donc, fatalement, un traitement par dessus la jambe de beaucoup d’éléments, et une certaine facilité du métrage à aller dans le mauvais goût, visuel ou scénaristique, à plusieurs reprises. Suite aux événements du premier film, Peter Parker a donc une relation plutôt conflictuelle de je t’aime moi non plus avec Gwen Stacy, la promesse qu’il a fait à son défunt père ayant beaucoup plus d’impact psychologique sur lui que la mort de son oncle Ben. L’apparition d’un nouveau méchant, Max Dillon, allias Electro, ne va pas lui faciliter la vie, celui-ci maitrisant l’électricité. The Amazing Spider-Man 2 aurait pu en rester là, mais non, il y ajoute Harry Osborn en meilleur ami de Peter et meilleur ennemi, mais également Rhino joué par Paul Giamatti, et compte bien continuer à explorer quelques pistes concernant les parents de Peter, pistes ouvertes lors de l’ouverture du premier film, et qui trouvent ici bien plus de place dans l’intrigue. Au détriment du reste ? Peut-être.

Car tous ces éléments, tous ces méchants, finalement aucun n’aura un traitement satisfaisant, malgré des éléments intéressants dissémines un peu partout. Electro donc, joué par Jamie Foxx, a un traitement oh combien simpliste. Un homme un peu simple, vivant isolé dans sa bulle, et dont la rencontre par accident avec Spider-Man va changer la vie, se croyant alors son ami, et décidant alors de faire un peu n’importe quoi et de la haïr juste… car il l’a oublié. Ah les fans, jamais simple à gérer. Le personnage en soit avait du potentiel, celle d’un marginal incompris par le monde qui l’entoure, et vivant donc en retrait avec un seul but, celui d’être vu, d’être reconnu. Mais à l’écran, c’est ultra simpliste, en plus d’être torché, car encore une fois, Electro n’est qu’un élément du film parmi tant d’autres, et il faut aller vite. Quand à l’arrivée d’Harry dans le métrage, absent du précédent, même cas de figure, tout va trop vite. En même pas une heure de temps, le film veut nous faire croire à leur grande amitié, la développer, mettre quelques dilemmes, puis faire de Harry un méchant qui en veut affreusement à Spider-Man. En fait, chaque méchant aurait pu être bon s’il avait eu son propre métrage. Ah non, sauf Rhino, apparaissant juste pour ouvrir et fermer le film, et qui finalement, ne sert pas à grand-chose, à part peut-être préparer une future suite qui n’a jamais vu le jour. Et Gwen Stacy dans tout ça ? Heureusement, elle garde un traitement plutôt habile et sait encore se révéler utile en venant en aide à Spider-Man. Quand on sait que le métrage contenait au départ également Marie Jane (joué par Shailene Woodley) dans le métrage, on se dit que la couper au montage n’était sans doute pas une mauvaise idée, face déjà aux trop nombreuses intrigues. Deux méchants principaux, un secondaire, des dilemmes amoureux, si l’on rajoutait en plus la vérité sur les parents de Peter Parker, des complots au sein d’Oscorp et j’en passe ? Ah ça, le film déborde de sous intrigues pleine à craquer.

Mais du coup, il ne se montre convaincant sur aucune d’entre elles. Il faut tout multiplier, les méchants, les enjeux, même l’action, ce qui n’est de base pas le point fort de Marc Webb, comme le prouve ce flashback d’ouverture mettant en avant les parents de Peter Parker, et qui se montre parfois illisible d’ailleurs. Pour autant, tout comme pour les personnages, tout n’est pas à jeter au niveau de l’action, et on retiendra notamment la scène de Times Square, visuellement intéressante. D’ailleurs, visuellement, on notera également une bien grosse différence entre ce second opus et le précédent. L’équipe se laisse aller. Le premier film était sobre et plus réaliste, et ce second opus oublie tout ça. Les couleurs sont pétantes, notamment avec Electro, les éclairs multicolores filant dans toutes les directions. Et ce choix plus coloré, on le retrouve également dans la bande son, qui n’est plus signée par James Horner, mais par Hans Zimmer, aidé de quelques potes qui se nommeront pour l’occasion les Magnificient Six. Une bande son bien plus bourrine et électro que le score discret d’Horner. Mais qui détient bien là aussi quelques bonnes idées et éclairs de génie. Mais difficile de ne pas voir dans la direction prise un certain déni de ce qu’était le premier film. Un film plus terre à terre, plus réaliste, dans le développement de Peter, des autres personnages, et même de son méchant. Ici, l’opposé. The Amazing Spider-Man 2, bancal à tous les niveaux, et d’ailleurs bien souvent considéré comme le vilain petit canard de la saga Spider-Man, tout opus confondus. Et je parviens très aisément à le comprendre. Et pour autant, malgré son scénario raté, ses méchants au traitement minimaliste et souvent torché, le film recèle ci et là quelques moments bien trouvés qui trouvent grâce à mes yeux. Que ce soit une scène d’action par là (Times Square donc), un morceau musical à un autre endroit, un petit dialogue plaisant et innocent entre Peter et Gwen, ou même quelques éléments totalement osés lors du final. Mais pour le coup, c’est la production qu’il faut blâmer pour le ratage du film, comme pour Spider-Man 3, avec leur envie de faire plus gros, plus fort, plus bruyant, avec plus de tout, sans jamais comprendre que plus du tout laisse forcément moins de développement à chaque élément.

Les plus

La scène de Times Square
En soit, généreux, en tout
Toujours un bon casting
Quelques (rares) passages surprenants

Les moins

Beaucoup trop d’intrigues
Beaucoup trop de méchants aussi
Un côté foutraque de tous les instants
Des moments bien risibles

 

En bref : Étrange film que voilà. Sans être un ratage complet, The Amazing Spider-Man 2 fait des choix étranges, à l’opposé du précédent métrage. Adieu le réalisme, la sobriété, bonjour les couleurs, les méchants aux motivations douteuses, les intrigues dans tous les sens, les méchants de partout. L’ensemble reste divertissant et finalement plutôt intéressant, mais on peut le considérer malgré tout comme un ratage.

6 commentaires

  1. Une affection mesurée tout de même au vu de la note et des multiples reproches faits à la prod.
    Je ne me prononce pas, ne l’ayant pas vu. Mais je ne suis pas franchement tenté non plus.

    1. Roh la note c’est un détail. j’avais mis 10 en écrivant, mais au moment de poster en ligne en corrigeant le texte, j’ai beaucoup hésité, et c’est vrai que même si je ne me suis pas ennuyé et ai une affection pour ce ratage, ça reste un ratage.
      Je suis sûr que c’est le seul opus de la licence que tu n’as pas vu, allez, donne lui sa chance !

      1. Parfait, tu peux même te faire une soirée avec les deux, le premier étant détesté et le second film adoré. C’est le seul qu’il me reste à voir d’ailleurs.

  2. Oh ! Y’a Emma Stone dans ce truc ?!? Juste pour dire que je l’ai vue il y a quelques jours dans THE FAVOURITE, et qu’elle y était excellente – encore un grand film de Lánthimos.

    PS : pour moi SPIDERMAN 3 n’est pas un ratage, je sais que je fais partie d’une minorité d’irréductibles, mais je le pense vraiment. Je le trouve toujours aussi fun, j’aime bien tous ces méchants, l’arc Harry Osborn trouve une bonne conclusion, quelques scènes avec Sandman sont sublimes, le Venom est crédible… C’est bien filmé. J’aime beaucoup.

    1. haha tu découvres maintenant qu’elle joue dedans ? Elle était déjà dans le précédent. Une actrice que j’aime beaucoup.

      Je sais bien ton amour pour le troisième opus de la trilogie 😉 Et je comprends, je fais parti de la minorité pour beaucoup de métrages, mais pas ce coup-ci. Même si oui, il est divertissant, je l’ai revu sur netflix il y a peu. C’est très rythmé. Bancal, mais rythmé.

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