ATTRACTION de Fyodor Bondarchuk


ATTRACTION

Titre original : Притяжение – Prityazhenie
2017 – Russie
Genre : Science Fiction
Réalisation : Fyodor Bondarchuk
Musique : Ivan Burlyaev
Scénario : Fyodor Bondarchuk

Avec Irina Starshenbaum, Alexander Petrov, Rinal Mukhametov, Oleg Menshikov, Nikita Kukushkin et Evgeniy Sangadzhiev

Synopsis : L’humanité a si longtemps rêvé d’un contact avec des civilisations extraterrestres et un dialogue avec les habitants d’autres planètes qui finalement il est devenu réalité. Un objet volant non identifié tombe en panne au milieu de Moscou.

Je l’ai toujours dit, j’aime bien le cinéma Russe. Mais une chose est sûre, et cela se remarque depuis plusieurs années, le cinéma Russe essaye un peu de copier ce qui se fait ailleurs pour s’ouvrir les portes à l’international. Est-ce un mal ? Pas vraiment au final, tant que cela nous donne des œuvres solides. On l’aura vu dans le cinéma de genre par exemple, capable de nous livrer des œuvres plus commerciales comme les films de Svyatoslav Podgaevskiy (The Bride et Mermaid), mais aussi des films bien différents et qui osent, comme le très bon III de Pavel Khvaleev. Attraction, qui date de 2017 et a eu droit à une suite sortie en Janvier 2020 en Russie nommée Invasion, ça tente de jouer dans la cours des grands, avec de la science fiction à grand spectacle visant un public large. Pas de science fiction osée ou de science fiction sombre et violente, mais un film qui a une histoire simple et qui va droit au but. Est-ce que ça marche ? Et bien encore une fois, oui, et on peut même avouer que le film a sacrément de la gueule, malgré un budget de seulement 6,3 millions. Faire de la SF à grand spectacle avec 6 millions, cela semble impossible tant le cinéma Américain a tendance à sortir la tonne de billets verts pour en mettre plein la vue. Ici, juste 6 millions donc, et une sortie en Janvier 2017 en Imax 3D, pour un succès critique (de très bonnes reviews) et public, récoltant quasi 20 millions, soit un peu plus de 3 fois sa mise de départ. Ce qui rendit donc possible la suite avec un budget doublé. Attraction donc, c’est une histoire simple, et même déjà vue. Un vaisseau alien s’écrase en plein Moscou. Ce qui bien entendu va faire pas mal de victimes, affoler les militaires et la population. D’un côté, les militaires qui craignent le pire comme toujours, et la population qui pour beaucoup sont en deuil et réclament vengeance, voyant cet intrus d’un mauvais œil.

Premier bon point déjà dit, visuellement, ça a clairement de la gueule. Les nombreux CGI fonctionnent et impressionnent, comme lors du crash du vaisseau (même si la musique choisie pour la scène laisse à désirer), la mise en scène est sobre et agréable à l’œil, tout comme la photographie. On aura même droit à quelques bien beaux mouvements de caméra lors de certaines scènes, notamment lors d’une scène musclée sur la fin. Et si les CGI sont réussis, prouvant au final que la Russie maitrise plutôt bien cet aspect sans un budget monstre, le film se fait plutôt original dans son design. Le design du vaisseau et également des extra-terrestres sont en effet originaux, avec des formes harmonieuses et souvent circulaires. Si on révèle un peu trop vite pour les besoins de l’histoire que les fameux aliens, et bien, ce sont en fait des humanoïdes portant une combinaison et qu’ils sont donc finalement très proches de nous (ça aide pour la direction de l’histoire, mais aussi pour ne pas faire exploser le budget), il faut saluer ce choix visuel qui donne une certaine identité au métrage. En tout cas, un vaisseau circulaire d’une telle manière, cela rappelle bien plus le noyau dans Event Horizon que les nombreux vaisseaux de ce genre de métrage. Techniquement, c’est du tout bon donc. Scénaristiquement, si c’est très classique, on ne peut pas nier, comme le réalisateur le dit, la métaphore avec des événements réels. Ce vaisseau étranger, le peuple qui se rebelle et veut éliminer pour une mauvaise raison ce qu’ils voient comme une menace, ce n’est pas nouveau, tout simplement car si l’on remplace la menace venue de l’espace par un autre élément (un étranger, un émigré, ce que vous voulez), ce genre d’histoires peuple notre propre culture.

Après tout, déjà V dans les années 80, c’était une métaphore de la seconde guerre mondiale, et donc, de l’invasion nazi. Non, ce qu’il faudra accepter pour voir et apprécier le métrage, ce sera finalement son ton visant un très large public. On aura donc une héroïne adolescente, avec son petit copain, ses dilemmes, ses différents avec son père, militaire, ses affaires de cœur. Alors on ne tombe pas dans le truc mielleux qui s’éternise dessus comme dans certaines sagas récentes US (Divergent ? Hunger Games ?), mais il faut le souligner car cela reste dans le cœur du métrage puisque la jeune femme, Yuliya, va s’attacher à cet homme venu de l’espace, et la suite, on la devine clairement. Dans le même ordre d’idées finalement, voir ce visiteur venu d’ailleurs un peu par accident découvrir notre culture, tenter de s’adapter, et faire parfois quelques gaffes, comment ne pas penser finalement au cinéma de Spielberg où les envahisseurs ne sont pas forcément méchants (Rencontres du Troisième Type) ou tout simplement à Starman de John Carpenter, avec lequel le métrage à pas mal de points communs. Sauf qu’au lieu de la subtilité et de personnages matures, on se retrouve avec un film plus grand spectacle et des personnages plus jeunes. Reste que quelques petits éléments du scénario viennent donner une certaine logique aux événements, au lieu de le faire bêtement tomber dans la jolie histoire forcée d’attirance entre deux êtres différents. Des éléments qui rendent donc plutôt crédible une histoire simple et déjà vue. Dommage par contre que certains éléments, notamment la technologie alien, ne soient pas si exploitée que ça dans le film. Peut-être dans la suite ?

Les plus

Visuellement soigné et parfois original
Une histoire qui se suit bien
Quelques scènes impressionnent
Des idées intéressantes

Les moins

Mais des idées pas toujours exploitées
Dans les grandes lignes, vu et revu

En bref : Bien que visant un large public avec son histoire et lorgnant parfois un peu du côté de Starman avec des jeunes, Attraction prouve que la Russie peut sortir des films à grand spectacle qui n’ont pas à rougir face au cinéma US, en étant fait avec sérieux, et en ayant un certain cachet visuellement.

2 commentaires

    1. C’est vrai, j’ai souvent tendance à l’oublier en plus celui-là, faudra que je le revois.
      Hmmm je ne trouve pas, enfin le film fait le choix des teintes bleutées/grisatres, comme beaucoup de films avec destructions et tout ces derniers temps.

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