LE JUSTICIER – L’ULTIME COMBAT (Death Wish V: The Faces of Death) de Allan A. Goldstein (1994)

LE JUSTICIER – L’ULTIME COMBAT

Titre original : Death Wish V: The Face of Death
1994 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h35
Réalisation : Allan A. Goldstein
Musique : Terry Plumeri
Scénario : Allan A. Goldstein

Avec Charles Bronson, Lesley-Anne Down, Michael Parks, Chuck Shamata, Kevin Lund, Robert Joy, Saul Rubinek et Kenneth Welsh

Synopsis : Paul Kersey est de nouveau au service de la justice quand sa fiancée, Olivia, est menacée par des malfaiteurs.

Quand on commence une saga, il faut la terminer, même lorsque celle-ci n’est plus que l’ombre d’elle même et provient des bas fonds de l’exploitation made in 80. Sauf que pour cet ultime opus du moustachu vengeur, nous sommes en 1994. Ce qui signifie plusieurs choses. Charles Bronson avait 71 ans au moment du tournage. Papy fait de la résistance comme on dit. D’autre part, et bien la Cannon Films n’existe plus, ayant déposée le bilan en 1989/1990. Ce qui n’arrête pas Menahem Golan, l’un des deux producteurs de la Cannon, à présent producteur pour une nouvelle société, 21st Century Films. Au programme, encore un budget de 5 millions, un tournage au Canada bien que le film se déroule à New York, et Allan A. Goldstein à la mise en scène et au scénario, pour un échec total au box office (1 million environ). Il faut dire que la saga Death Wish, elle date de 1974, et qu’au bout de 5 films, Bronson nous a prouvé qu’il était l’homme le plus malchanceux du monde, et qu’il fallait définitivement qu’il reste célibataire. Et aussi éloigné des grandes villes, puisqu’un film sur deux, la saga se déroule soit à New York, soit à Los Angeles. Il a tellement de bons souvenirs à New York après tout, pourquoi ne pas y retourner, après y avoir perdu une femme dans le premier et avoir tout simplement dégommé un quartier entier dans le troisième film. Et puis non, vraiment. Dans le premier, sa femme meurt après un viol, dans le second sa fille se suicide après un viol, dans le troisième ce sont ses amis qui sont attaqués par un gang, dans le quatrième sa nouvelle copine est kidnappée et mitraillée devant ses yeux, et Paul Kersey, il fait quoi ? Il retourne à New York, se trouve une nouvelle copine (facilement 3 fois plus jeune que lui, ça doit être le pouvoir de la moustache), qui a une fille de 12 ans environ. Ce qu’il ignore, c’est que l’ex de sa copine, c’est un mafieux local un peu jaloux et possessif. Forcément, ça tourne mal.

Sauf que ça met un sacré bout de temps avant de mal tourner. Un peu comme si le réalisateur et scénariste tentait, un peu vainement certes, de retourner à l’ambiance du premier film, c’est-à-dire ce film de vengeance plutôt réaliste, qui prend son temps pour délivrer une chronique sociale de son époque. Sauf que nous ne sommes plus en 1974, ni même dans les années 80 pour les suites, mais en plein dans les années 90. Et ce cinquième opus en porte les marques, ressemblant à un petit DTV fauché comme les années 90 en sortaient par dizaines tous les ans avec d’anciennes gloires des décennies passées. Le souci que cette approche pose, directement, c’est déjà que le film n’a pas grand-chose à raconter, et qu’arrivé au cinquième film d’une licence, faire durer le suspense aussi longtemps (l’envie de vengeance de Paul arrive à plus de la moitié du métrage), ça ne fonctionne absolument pas, surtout après les carnages proposés dans les films précédents, déjà. Mais surtout, il y a comme une sacrée différence entre l’intention, certes louable bien qu’étrange au sein d’une saga de 5 films, et son exécution. Car bien entendu, avec ses 71 ans, Bronson n’a plus la même patate qu’autrefois, et on le voit mal courir dans la rue armé d’un lance roquettes pour exploser tout ce qui bouge. Du coup le scénario décide de donner à Paul une vengeance plus « subtile ». Oui, les guillemets ne sont pas là pour rien. Par subtile, je veux dire, des meurtres à distance. Et pour cela, Paul Kersey va avoir recours à de la nourriture empoisonnée, des ballons de foot explosifs téléguidés. À l’écran, c’est souvent ridicule. Voir totalement, puisque rien n’est crédible et ce dés le début. Comment croire à Bronson, si vieux, avec une copine si jeune, qui décide de reprendre les armes. Pour ne pas aider, il faut signaler que le scénario va utiliser tous les clichés habituels du genre.

Le gros mafieux qui fait des gros yeux quand il n’est pas content, les hommes de main assez barrés et stupides, le flic corrompu qui va tenter d’éliminer Bronson comme dans le film précédent tiens, les bons flics qui finalement vont laisser faire notre justicier car il est plus efficace que la police, sans oublier les éternels plans boobs que la saga montre toujours fièrement. Sauf dans l’opus précédent, du coup double dose ici. On est clairement en terrain connu. Pour le bad guy, c’est Michael Parks qui s’y colle, lui qui jouait déjà le méchant quelques années avant dans la saison 2 de Twin Peaks, avant d’être un habitué du cinéma de Tarantino (Une Nuit en Enfer 1 et 3, Kill Bill Volume 2) ou de Kevin Smith (Red State, Tusk). Il en fait comme prévu des tonnes. Restent quelques savoureux dialogues, comme cet échange très tôt entre le grand méchant et Bronson. – « Les armes vous rendent nerveux ? » – « Non, ce sont les crétins qui les tiennent qui me rendent nerveux ». Bien dit Papy Bronson ! Il faut bien rire de ce que l’on peut, car Death Wish 5 ne parvient jamais à camoufler son manque de moyen (tournage en studio), ni même son manque d’ambitions. On est clairement devant un film à l’allure téléfilm. Que ce soit dans sa photographie usant de tous les clichés des téléfilms des années 90, à sa réalisation sans idées. Un film un peu en pilote automatique. Comme Bronson d’ailleurs. Reste que pour rire un bon coup, le final se décide d’aller plus loin, avec Bronson saucissonnant un ennemi avec du film plastique pour vêtements (oui oui), ou encore faisant chuter son ennemi dans un bain d’acide, histoire d’avoir un petit élément choc tardif, nous rappelant alors d’où vient la saga. Triste fin pour le justicier, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, et se fait malgré tout bien sage, dans un film (téléfilm) sans ambitions, mais sans doute fait sans envie également.

Les plus

On rigole, parfois, par-ci par-là
Paul Kersey a enfin droit à du repos après 5 films

Les moins

Rien à ajouter à la saga
Bien plus sage qu’avant
Une allure de téléfilm

En bref : Retour tardif pour le Justicier, fatigué, peu inventif. Ou parfois trop inventif puisqu’il utilise des ballons de foot explosifs. Mais un film bien trop sage, bien trop lent, sans vraies idées, concluant enfin la saga.

2 réflexions sur « LE JUSTICIER – L’ULTIME COMBAT (Death Wish V: The Faces of Death) de Allan A. Goldstein (1994) »

  1. Death Wish, un titre en forme de prémonition pour cette franchise dont on souhaite abréger les souffrances.
    Reste papy Bronson quand même. Un dernier coup d’éclat dans le magistral « Indian Runner » de Sean Penn.

    1. Je me suis pas mal moqué de papy Bronson lors de mes découvertes de la saga, mais mine de rien, je l’aime bien quand même, même si c’est plus pour ces films précédents, comme LE FLINGUEUR (de Winner aussi tiens), quelques westerns, ou quelques films potables pour la Cannon, comme 10 TO MIDNIGHT (renommé en France Le Justicier de Minuit, ahlala).

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