YOU SHOULD HAVE LEFT de David Koepp


YOU SHOULD HAVE LEFT
Titre original : You Should Have Left
2020 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Réalisation : David Koepp
Musique : Geoff Zanelli
Scénario : David Koepp d’après le roman de Daniel Kehlmann

Avec Kevin Bacon, Amanda Seyfried, Avery Essex, Colin Bluemenau et Lowri Ann Richards

Synopsis : Retiré dans une maison isolée du Pays de Galles avec sa femme et sa fille, un ancien banquier soupçonné du meurtre de son ex-femme rencontre des phénomènes surnaturels.

Sorti discrètement durant le mois de Juillet 2020, vous savez, pendant le peu de temps de répit que l’année 2020 a bien voulu nous donner, entre virus, incompétence et j’en passe. Un film signé Blumhouse, et ça, ça fait peur, donc on y va toujours à reculons, surtout que si le palmarès du studio est en effet limité en cette année 2020 (Halloween Kills a été repoussé à l’année 2021), il n’est du coup absolument pas glorieux, avec un Nightmare Island pathétiquement mauvais en Février. Alors, ce You Should Have Left, il vaut quoi ? Surtout que contrairement à la purge cité juste avant, il a au moins un casting et une équipe technique compétente. À la mise en scène, David Koepp, à qui l’on doit à ce poste le très sympathique Hypnose, ou Fenêtre Secrète. Mais comme scénariste, on lui doit Dark Angel, Jurassic Park, L’Impasse, Mission Impossible, Snake Eyes, Panic Room, le premier Spider-Man. Un palmarès loin d’être honteux. Devant la caméra, il retrouve Kevin Bacon dans le premier rôle, rôle qui devait être au départ tenu par Nicolas Cage, qui quitta le projet pour des raisons inconnues, ce qui n’est pas bon signe, lui qui accepte tout. Au côté de Bacon, la toujours craquante Amanda Seyfried (Lolita Malgré Moi, Jennifer’s Body, Les Misérables) et la toute jeune Avery Essex dans son premier rôle au cinéma. Le concept ? Un couple et leur fille qui loue une maison isolée au Pays de Galles pour un mois, et donc forcément, une maison dans laquelle il va se passer des événements étranges, car Blumhouse oblige. La maison hantée, le thriller psychologique, tout ça, on connait, et en quelque sorte, Koepp s’y est déjà frotté à ce genre. Le souci, c’est que la sauce ne va jamais prendre, et se fait surtout ultra prévisible tout du long, la faute à un concept plutôt sympathique mais absolument pas exploité, dont les éléments scénaristiques sont si évidents qu’on les devine bien à l’avance. À force de prendre son temps pour tourner autour du pot, forcément, ça coince.

Alors attention, nous avons donc ici un couple qui se rend dans une maison bien isolée. Le couple, c’est d’un côté un ex banquier mal vu puisqu’accusé quelques années avant du meurtre de sa femme, joué par Kevin Bacon (le banquier hein, pas la femme). De l’autre côté, une actrice à la vie forcément un peu compliquée, puisque payée pour simuler (dans tous les sens du terme parfois vu les rôles qu’on lui donne), jouée par Amanda Seyfried. Et leur fille, adorable Avery Essex donc, plutôt convaincante à l’écran d’ailleurs, petite surprise du métrage niveau casting. Casting d’ailleurs plutôt solide, et réelle qualité du métrage. Le souci c’est qu’autour de ce casting gravite beaucoup de vide, beaucoup de longueurs alors que le métrage se fait court, 1h33 au compteur. On a clairement une première partie, assez lente, avec quelques cauchemars, des doutes au sein du couple, de la jalousie, une petite fille qui se pose des questions sur le passé de son père. Pas inintéressant niveau psychologie, mais finalement pas assez développé, et surtout bien trop timide. Koepp a du mal à tirer quelque chose de palpitant de son récit et de ses idées de base. Pour sa défense, il adapte un roman, qui est peut-être déjà trop timide et indécis à ce niveau. Le personnage de Kevin Bacon par exemple a beaucoup de potentiel, mais le scénario n’en fait quasi rien, préférant alors mettre pas mal de choses en arrière plan avant de les ramener maladroitement pour le final. Pour les autres personnages, ça coince moins, mais malheureusement car ils sont moins développés. Pendant une heure, ça se veut très calme, et c’est dommage, car on notera quelques bons moments, notamment en ce qui concerne l’architecture de la maison, et un jeu d’ombre assez poussé et intéressant durant les scènes de cauchemars.

Mais ça se traîne vraiment en longueur. Par contre, la dernière partie se décide vraiment à se bouger. Dans la forme, ça a même de bonnes idées, surtout quand ça veut encore jouer sur l’architecture de la maison, souvent l’élément le plus important de ce genre de métrages. Les longs couloirs, les lampes qui se balancent, les pièces qui ne sont pas la même taille de l’intérieur et de l’extérieur, ce sont souvent de très bonnes choses. Mais souvent contrebalancées par le reste. Rien ne viendra surprendre, les situations sont en soit toutes déjà vues et revues, et même le fin mot de l’histoire, on l’a vu venir depuis des dizaines de minutes, en espérant que le scénario fasse un effort pour éviter justement cet affreux cliché, mais il saute dedans, les deux pieds en avant. C’est au détour de quelques rares plans ou idées que Koepp parvient enfin à surprendre, comme lorsque la gamine, enfilant son manteau, passe une porte, et que la caméra effectue un travelling menant vers le couloir où elle devrait être, pour nous montrer qu’en fait, elle n’est pas là, et que quelque chose cloche réellement dans l’architecture si spéciale, ou plutôt si banale et impersonnelle de la maison. La réussite du métrage, finalement, enfin, réussite toute relative, c’est que Koepp a tenu à s’éloigner de tous les clichés du genre, à savoir la maison gothique, l’imposant portail menaçant que les personnages franchissent malgré eux alors que le commun des mortels aurait déjà fait demi-tour. Cette maison impersonnelle, froide, rectangulaire, avec ses longs couloirs glauques, c’est une bonne idée, jouer sur la banalité du quotidien en quelque sorte. Mais l’équipe ne sait décidemment pas quoi faire de ses idées. Circulez donc, il n’y a pas grand-chose à voir, sans pour autant être une catastrophe.

Les plus

Un bon casting
De base, une envie de ne pas foncer dans les clichés…
L’architecture presque banale de la maison

Les moins

Incroyablement prévisible et maladroit
…Mais en contournant des clichés, en accepte des plus gros
Beaucoup trop lent et timide

En bref : You Should Have Left, passé l’architecture de sa maison et quelques rares bonnes idées, ne passionne pas des masses. Des personnages peu développés, un fin mot de l’histoire prévisible, un rythme lent pour pas grand-chose. Ça ne fait pas peur, ça n’intéresse pas vraiment, c’est très moyen en fait.

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