WHIPLASH de Damien Chazelle (2014)

WHIPLASH

Titre original : Whiplash
2014 – Etats Unis
Genre : La batterie pour les pros
Durée : 1h46
Réalisation : Damien Chazelle
Musique : Justin Hurwitz
Scénario : Damien Chazelle

Avec Miles Teller, J.K. Simmons, Paul Reiser, Melissa Benoist, Austin Stowell, Nate Lang et Chris Mulkey

Synopsis : Andrew Neiman est un batteur de jazz de 19 ans. Il vient d’intégrer le prestigieux Shaffer Conservatory de New York, l’une des meilleures écoles de musique du pays. Aspirant à devenir le nouveau Buddy Rich, il est repéré par le très exigeant Terence Fletcher, enseignant et chef d’orchestre à Shaffer. Andrew s’entraîne avec acharnement pour accéder aux attentes toujours plus inaccessibles de Fletcher.

Whiplash, tout a été dit depuis sa sortie en 2014. De son tournage éclair de 19 jours, en passant par l’implication des acteurs, jouant réellement pour Teller de la batterie et du piano pour Simmons, sans oublier sa sortie saluée par les critiques et le public, malgré un score au box office respectable pour son budget (3,3 millions) mais néanmoins assez faible vu l’ampleur du métrage. Sans oublier, oui oui, ses très nombreux prix en festival. Oui, en 2021, tout a été dit sur Whiplash, et je ne comptais d’ailleurs initialement pas forcément écrire un petite texte dessus après l’avoir découvert, bien tardivement donc. Mais il y a des films, comme ça, qui laissent un tel impact sur le spectateur pour peu que le sujet leur parle qu’ils méritent qu’on en parle, encore et encore. Adaptation donc de son propre court métrage par Damien Chazelle, Whiplash est un projet auquel il tenait, et que le succès en festival du court métrage lui permit de financer plus simplement. J.K. Simmons reprend d’ailleurs son rôle du court métrage pour le long. Et le plus surprenant en lançant enfin le métrage, c’est de voir grâce à qui le film fut enfin fait. Oui, Blumhouse produit. Jason Blum donc, celui qui nous abreuve tous les ans de produits horrifiques pour adolescents bourrés de jumpscares et de concepts cools mais jamais exploités, le voilà donc ici derrière un film dramatique sur la musique, le tempo, l’implication, la répétition, la perfection. Comme quoi à ses heures perdues, l’homme a du goût. Whiplash, c’est donc le parcours du tout jeune Andrew Neiman, joué par Miles Teller, qui prouve qu’il a du talent quand il se retrouve dans les bons films. Non parce que bon, la saga Divergent, elle est ce qu’elle est, et ce n’est pas très bon, même si niveau films pour ados du style, ce n’est pas le pire.

Mais bon, il prouvera par la suite l’éventail de son jeu, dans des œuvres plus variées, comme War Dogs, Line of Fire, ou surtout la série de Refn, Too Old to Die Young. Nous suivons donc son parcours, dans une prestigieuse école, où il compte bien devenir un dieu vivant à la batterie. Dés le premier plan, le ton de Whiplash est donné. Pas de montage archi cut, déchainé, ni de plans de travers pour nous montrer le rythme endiablé des batteries et autres percutions, mais un simple travelling avant, dans un couloir, sans artifices, avec au bout, notre batteur en herbe qui pratique dans une salle. On pourrait même dire que ce plan, simple au demeurant et maitrisé, annonce la couleur. Whiplash est en effet un film carré, maitrisé, qui sait où il va, qui sait ce qu’il veut raconter, et qui veut nous immerger au rythme de sa musique dans la processus musical, son apprentissage, ses répétitions jusqu’aux saignements de doigts, jusqu’à l’épuisement mental, le tout pour faire encore et encore le même morceau, dans le but de le perfectionner, et de se perfectionner soi-même, sans doute parfois un peu au dépends de ce qui nous entoure, famille et amis compris. Ici, ce n’est donc l’habituel visage de la musique que l’on connaît, même si en soit, la structure du film en elle-même reste fidèle aux très nombreux films du genre. Un jeune homme plein de rêves, qui veut atteindre les sommets, a de l’ambition, se trouve son mentor, va répéter, encore et toujours, subir des échecs, des coups bas, se remotiver, continuer, s’accrocher contre vents et marées, jusqu’au final. Mais Whiplash a plus d’un atout dans sa poche pour se détacher clairement du lot.

Et j’en ai bouffé pourtant des films du genre, j’aime d’ailleurs beaucoup les films touchant à la partie créatrice et volontairement répétitive d’un art, que ce soit la musique, la création de film, de pièces de théâtre, ou j’en passe. Mais Whiplash a cette énergie qui lui est propre, et qui déborde de tous les côtés. De par sa mise en scène, appliquée et réussie malgré le tournage éclair. De par ses acteurs, exceptionnels, Miles Teller et J.K. Simmons en tête, nous donnant une sorte du duel psychologique constant entre les deux. De par sa musique, pour peu que l’on apprécie un peu la musique, et en particulier, le jazz comme style, et la batterie comme instrument, cet éternel grand oublié des films musicaux, alors que la batterie reste, avec la basse, les deux instruments les plus discrets mais les plus importants en terme de rythmique et d’ambiance. Et il est vrai, en soit, la narration de Whiplash est très classique pour le genre, avec ses petits rebondissements que l’on peut voir venir, et qui interviennent pile au moment désiré pour relancer la machine, les enjeux, la difficulté pour notre personnage a atteindre ses objectifs, et ce jusqu’à son dernier acte, sans doute le plus réussi et le plus émotionnel en soit, avec cette scène finale de 10 minutes formant une apothéose parfaite. Et pour tout cela, je m’excuse déjà de pondre un texte aussi moyen sur un tel film. Mais si comme moi, vous faites parti des quelques personnes ne l’ayant pas vu et que le sujet peut vous intéresser, et bien, foncez !

Les plus

Des performances exceptionnelles
Les acteurs, investis et ça se voit
Un rythme endiablé
Le final, wow !
Mise en scène maitrisée et réfléchie

Les moins

Une narration très classique pour le genre

En bref : Si Whiplash ne surprendra pas par sa narration, il le fera clairement par son rythme, l’émotion qui se dégage de celui-ci, du tempo endiablé des morceaux, de cette pratique jusqu’à l’épuisement, de ses acteurs à fleur de peau. Un grand moment.

7 réflexions sur « WHIPLASH de Damien Chazelle (2014) »

  1. Yep. Découvert sur le tard. Connaissant peu le jazz, je n’étais pas très chaud. C’est ma femme qui m’a poussé à le voir. J’ai été subjugué. Submergé. J’ai fini sur les rotules. L’un des grands films de la décennie écoulée, pour moi.

    1. Je me dis que ce film, découvert au cinéma, sur grand écran, avec le bon son à fond, ça aurait été une sacrée expérience ! Mais bon, on l’a raté, pour des raisons diverses. Merci à ta femme ce coup-ci 😀 (il me semble que je l’ai déjà dit il y a pas longtemps pour un autre film tiens).
      Quitte à faire un top des films de la décennie passée, il serait dedans en effet. Le cinéma a changé, mais les grands films existent toujours autant au final.

  2. Vu au ciné 😁
    La grosse claque et une sacrée découverte que ce Damien Chazelle qui confirmera son talent par la suite avec deux autres très beaux films (par contre sa série « The Eddy » j’ai lâché au bout de deux épisodes).
    On a en effet beaucoup écrit sur le côté « full metal jacket  » de « Whiplash », et à mes yeux c’est presque un film d’horreur. Simmons est une sorte de gargouille terrorisante, un mauvais génie, un démon des studios. Le film lui doit tellement.

    1. Deux films de suite que tu as vu au ciné, là je deviens jaloux ! 😀
      Pas encore vu le reste de sa filmographie, je viens tout juste déjà de découvrir ce film. Mais bien curieux si c’est du même niveau. THE EDDY ? Et bien absolument jamais entendu parler tiens.
      Simmons est exceptionnel, et mérite bien tous les prix qu’il a pu avoir pour ce rôle. Et en plus, pour un personnage finalement sans pitié, et bien finalement, il « gagne » à la fin !

      1. « La la land » , désormais mythique, c’est de la comédie musicale romantique et colorée entre Demy et Donen, assez éloigné de Whiplash. Je ne sais pas si cela te plaira. Quant à » First Man », c’est un biopic bouleversant et très sombre (qui d’ailleurs n’a pas remporté la même adhésion). Tous les films ont en commun des hommes qui s’abîment dans leur passion, dont le sacrifice sera douloureux.
        Tous les deux chroniqués chez moi. 😉
        The Eddy, sur Netflix. L’histoire d’une boîte de jazz à Paris, filmée comme un reportage. Changement de point de vue à chaque épisode. Ça m’a soulé.

        1. Ah mais merde, c’est donc de lui LA LA LAND !!! Bon pas vu, car autour de moi, j’ai entendu de tous, les avis ultra positifs comme leurs opposés. J’aime bien les comédies musicales donc ça se tente, mais pas du tout une priorité pour le coup. FIRST MAN, à l’opposé, on m’en a dit le plus grand bien, comme quoi. Si très sombre, ça m’intéresse haha !
          Je vais devoir faire un détour chez toi ce week-end alors ! Je vais avoir le temps, car justement, vu le temps qu’il fait…. pas de ballade en forêt ce coup-ci !
          AH non mais les séries Netflix, sauf s’ils nous sortent en physique THE NAKED DIRECTOR, j’arrête ! (dis le mec qui doit voir la série JU-ON, et promis, je ne recule plus les prévisions, ça et KAIRO vont y passer très bientôt !)

        2. Hey je reviens vers toi, car depuis, j’ai vu FIRST MAN. Et en effet, je n’ai pas adhéré à l’ensemble du métrage. Par contre, j’ai été transporté par ces scènes d’ambiance lente et silencieuse dans l’espace, lors des entraînements. Mais je n’aurais pas le courage d’écrire dessus par contre, d’où mon mini avis ici ^^ Gosling est parfait par contre.

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