CONJURING : SOUS L’EMPRISE DU DIABLE (Conjuring: The Devil Made Me Do It) de Michael Chaves (2021)

CONJURING : SOUS L’EMPRISE DU DIABLE

Titre original : Conjuring: The Devil Made Me Do It
2021 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h52
Réalisation : Michael Chaves
Musique : Joseph Bishara
Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick

Avec Patrick Wilson, Vera Farmiga, Ruairi O’Connor, Sarah Catherine Hook, Julian Hilliard, John Noble, Eugenie Bondurant et Shannon Kook

Synopsis : Les enquêteurs paranormaux Ed et Lorraine Warren se lancent dans une affaire terrifiante de meurtre et de présence maléfique mystérieuse. Pourtant très aguerris, ils sont très ébranlés par cette enquête. Ed et Lorraine commencent par se battre pour protéger l’âme d’un petit garçon, puis basculent dans un monde radicalement inconnu.

C’est ironique tout de même de se dire qu’une bonne partie des films que l’on regarde en 2021, et que l’on peut d’ore et déjà envisager parfois pour un top ou un flop d’ici la fin de l’année, auraient du être vus en 2020. Au départ prévu pour Septembre 2020, c’est finalement en Juin 2021 que le troisième opus de la saga Conjuring débarque. Un troisième opus qui faisait bien peur, pour plusieurs raisons. Déjà car James Wan ne réalise plus, n’occupant que le rôle de producteur et un crédit pour l’histoire originale (mais pas son découpage, ni ses dialogues ou autre). On a bien vu ce que cela donnait lorsque James Wan partait s’occuper d’autre chose et ne restait que producteur… Oui, la saga Saw, encore en vie (sous respirateur artificiel) aujourd’hui en est la preuve, mais on pourra également citer l’univers étendu Conjuring, avec trois films Annabelle allant du profond navet (le premier) au tout juste sympathique petit film (le troisième), ou encore La Nonne (que j’ai apprécié mais qui n’est en soit pas hyper bon) et l’immonde La Malédiction de la Dame Blanche. Et ça tombe bien, puisque c’est Michael Chaves, réalisateur de ce dernier film, qui récupère la place de réalisateur sur ce troisième Conjuring. Autant dire que j’y allais à reculons tant ça ne sentait pas bon. Car même si en effet, les affaires du couple Warren sont nombreuses et donc les possibilités de films nombreuses, on en arrive au troisième film, on commence à connaître la formule, et avoir un réalisateur qui semble aussi peu enclin à travailler une ambiance mais plutôt s’amusant à blinder son film de jumpscares putassiers, et bien ça ne mettait pas en confiance. Heureusement, je m’étais trompé. D’une part car le scénario part explorer de nouveaux horizons et amène donc un peu de nouveauté, ce qui n’est pas rien, et d’autre part car Michael Chaves livre là une copie bien supérieure à son précédent métrage. Sans doute car, mine de rien, Conjuring 3 n’est pas un spin of comme pouvaient l’être les Annebelle ou autres, et que James Wan a donc supervisé la production de beaucoup plus près, ce qui est fort probable, la production du film ayant vraiment commencé en 2018, et James Wan venait d’achever Aquaman, qui sortait sur les écrans en 2018.

Ce coup-ci donc, nous voilà au début des années 80, pour voir Lorraine et Ed Warren, toujours joués par Vera Farmiga et Patrick Wilson, sur une nouvelle enquête, bien connue en Amérique, celle du tout premier meurtre dont l’accusé utilisa la possession démoniaque comme argumentaire lors de son procès. Mais au lieu de bêtement reprendre la formule des deux premiers métrages, qui ressemblaient finalement bien plus à des films de maisons hantées, avec un lieu quasi unique, une famille qui subissait des assauts surnaturels dans les deux métrages, Conjuring 3 (car c’est bien plus court à écrire que son vrai titre) va plus loin, étend son concept, et surtout donne plus de consistance à son couple vedette. Les bons côtés, c’est que le métrage aborde donc une structure résolument différente, avec plus de personnages, plus de lieux visités, une enquête qui fait bouger les personnages. Même la nature même des événements paranormaux du film ont une source finalement bien plus humaine, avec un personnage jetant une malédiction, et donnant donc dans un sens un côté plus tangible aux divers événements, de l’épaisseur, plus que la simple possession démoniaque ou autre. Ici, il y a une malédiction, des sacrifices, une personne avec des motivations, aussi simples puissent-elles être. Oui, ce petit changement scénaristique amène beaucoup de bonnes choses. Mais il n’y a pas que ça, puisque le métrage accorde une plus grande importance aux Warren, et les place même dans l’intrigue comme des personnages beaucoup plus actifs, qui ne sont pas là juste pour résoudre l’affaire, mais vont tout simplement activement y prendre part et y jouer un rôle clé.

Ce changement ne rend pas le film meilleur ou moins bons que les précédents, mais il était clairement nécessaire tant on commence à connaître la formule. Et comme Patrick Wilson et Vera Farmiga sont de bons acteurs et connaissent leur rôle depuis le temps, ça passe plutôt bien. Le plus surprenant viendra finalement de la mise en scène, bien plus posée que dans le précédent opus de Chaves, et ayant beaucoup moins recours à ce procédé aimé des jeunes, le jumpscare. Alors comme dans les deux premiers Conjuring, il y en a, mais ils sont dilués dans mes moments d’ambiance, ce qui parvient à les justifier, plutôt qu’à en faire un gimmick attendu. Certains fonctionnent, d’autres moins, mais ils ne sont pas totalement gratuits. Bien évidemment, aussi élégante soit la mise en scène, et agréable à l’œil soit la photographie, aidée par un budget plus que confortable (39 millions), Conjuring 3 apparaît pourtant comme légèrement inférieur aux deux précédents opus. Très loin au dessus de tous les spin of Conjuring, mais un cran en dessous des deux opus principaux. Pourtant, contrairement à Conjuring 2, il ne tente pas d’en faire trop, et parvient à contenir son intrigue et à la rythmer sans même dépasser les deux heures (1h52 au compteur). Ça tient à peu de choses, subjectivement. Peut-être une mise en scène qui ne joue pas sur les moments les plus simples (comme cette scène du 2 avec la fille floue en arrière plan), ou peut-être tout simplement car malgré sa bonne tenue, le film manque de vrais moments marquants ? En tout cas, le spectacle horrifique est assuré, et ça, c’est déjà un miracle.

Les plus

Une mise en scène étonnement plutôt calme
De bons acteurs
On sort enfin de la formule possession/maison hantée
On en apprend plus sur les Warren

Les moins

Inférieur aux précédents volets
Tout ne fonctionne pas, horrifiquement parlant

En bref : Ce troisième Conjuring avait toutes les raisons de se planter. Finalement, il s’avère être pour le moment la bonne surprise de 2021 niveau cinéma horrifique grand public, tant le reste s’est planté (Spirale, on en parle bientôt promis). Moins appliqué que les opus de James Wan sans doute, mais loin d’être honteux.

2 réflexions sur « CONJURING : SOUS L’EMPRISE DU DIABLE (Conjuring: The Devil Made Me Do It) de Michael Chaves (2021) »

  1. Je n’ai pas lu ta chro. Pas vu le moindre trailer. Je sais que tu ne spoiles sans doute pas, mais je préfère ne rien savoir – déjà que le film devrait peiner à me surprendre (au bout d’un moment c’est un peu toujours la même chose). J’ai juste lu ta conclusion et la note, et ça me rassure !

    1. Après j’ai lu que beaucoup avaient été déçu, un peu pour les raisons pour lesquelles je l’ai aimé. C’est forcément moins bon qu’un James Wan réalisateur, plus hésitant dans la direction à prendre, mais ça tente de changer un peu la formule et j’ai apprécié ça. Voir les Warren plus impliqué dans le déroulement de l’intrigue en fait.

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