FAST & FURIOUS 9 de Justin Lin (2021)

FAST & FURIOUS 9

Titre original : F9
2021 – Etats Unis
Genre : Action
Durée : 2h23
Réalisation : Justin Lin
Musique : Brian Tyler
Scénario : Daniel Casey et Justin Lin

Avec Vin Diesel, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster, Tyrese Gibson, Ludacris, Nathalie Emmanuel, Charlize Theron, John Cena, Finn Cole et Sung Kang

Synopsis : Si Dom Toretto mène une vie tranquille, loin du bitume, auprès de Letty et de leur fils, le petit Brian, ils savent bien tous les deux que derrière les horizons les plus radieux se cachent toujours les dangers les plus sournois. Cette fois, pour sauver ceux à qui il tient le plus, Dom va devoir affronter les démons de son passé. Son équipe se rassemble pour démanteler un complot à échelle mondiale mené par le tueur le plus implacable qu’ils aient jamais affronté, aussi redoutable avec une arme que derrière un volant : Un homme qui n’est autre que le frère désavoué de Dom, Jakob.

Il est arrivé sur ce site que je parle de Michael Bay, autant avec ses bons côtés (No Pain & No Gain) que mauvais (Transformers 5), de Star Wars et quelques autres blockbusters, estivaux ou non (Jumanji), mais jamais, oh jamais je n’ai franchis la limite, celle de parler d’une saga rapide et furieuse. Sans doute car c’est une saga un peu mutante, qui se cherche, constamment, une identité, mais également une place dans l’industrie. En tout cas, sa place dans les salles, elle l’a trouvé, vu le succès de nombreux opus au box office et les sommes ramassées par « Baboulinet » et son équipe. Mais voilà, je ne déteste pas assez la saga pour m’en moquer à chaque opus, et je n’aime pas assez la saga pour venir vous en dire du bien à chaque opus. Car oui, Fast & Furious, lorsque tout a commencé il y a 20 ans déjà, ce n’était absolument pas ce que c’est aujourd’hui. Remake à peine déguisé de Point Break mais en remplaçant le surf par les grosses voitures et les courses de rues, la saga s’est clairement cherché une identité pendant bien cinq films. Oui, car le second, et bien le casting ne revenait pas, à l’exception de Paul Walker, et l’histoire était, grosse modo, la même que dans le premier (on pourra dire que c’est l’originalité à Hollywood). Le troisième, il délocalisait à Tokyo, mettait en avant le drift, est détesté des fans, ne reprend aucun personnage, et reste mon préféré de la trilogie de base. Puis il y a le 4, sorte de reboot de la saga, déjà, mais où tout le casting revient, et puis à part le fait que ce n’était pas bon, je n’en ai aucun souvenir. Mais après ça, avec le cinquième opus, la saga a trouvé son identité. Celle d’en faire toujours plus, de violer les lois de la physique, d’éviter le tout CGI pour tenter d’impressionner un minimum, le tout sans se prendre au sérieux grâce à un élément salvateur : Dwayne Johnson. Résultat, le cinquième opus reste encore à ce jour le meilleur. Celui qui impressionne, ne se prend pas trop au sérieux, commence à briser les règles sans pour autant être totalement invraisemblable. Puis ça se gâte d’opus en opus jusqu’à l’arrivée tardive en 2021 du neuvième opus. Opus retardé pour plusieurs raisons, et qui suite à quelques polémiques, fonctionne bien en Chine et se prive de Dwayne Johnson au casting. Mais surtout, cartonne au box office, alors que pour la première fois depuis des années, les retours ne sont pas bon, du tout. Le public en a enfin marre de Fast and Furious. Et après neuf films, il était temps.

Car encore une fois, si j’apprécie certains opus décérébrés de la franchise, il faut avouer que les meilleures blagues sont les plus courtes. Et après neuf films donc plusieurs dépassant la barre des 2 heures de durée, ça fait beaucoup. Mais F9, puisqu’en Amérique, il s’appelle juste F9, pourquoi se casser la tête, c’est avant tout la preuve qu’il ne faut pas laisser une saga avec comme seul maître à bord Vin Diesel. Car oui avec F9, adieu les réalisateurs faisant un minimum le poids (pas de James Wan, mais le retour de Justin Lin, réalisateur des opus 3 à 6), adieu le casting qui peut avoir son mot à dire (pas de Dwayne Johnson), Vin Diesel peut enfin nous gonfler pendant deux heures avec sa famille. Enfin, pendant 2h23 pour être exact. C’est bête, car il commence sérieusement à me les gonfler avec sa famille, et que pour moi, les meilleurs moments du huitième et précédent opus, c’était les moments entre Statham et Johnson, sans la famille donc. Mais non, ces éléments ne sont pas là, et Diesel peut donc nous parler de l’importance de la famille à tout va, réunir la famille entière (Jordana Brewster revient après une petite absence pour le 8), et se permet même d’agrandir la dite famille de manière artificielle (surprise), peu subtile et illogique, avec l’ajout d’un frère à Dom, joué par John Cena, dont l’on avait strictement jamais entendu parler jusque là. Forcément, c’est le méchant, et il faut contrecarrer ces plans blablabla. La famille se réunie donc, avant même qu’ils ne sachent que cela concerne vraiment la famille, et nous voilà embarqué pour plus de 2h d’explosions, de vroum vroum pan pan boum boum. Le souci, c’est que F9 n’a rien de neuf à proposer, si ce n’est quelques twists improbables et un drame familial que Sono Sion n’aurait pas renié (ironie), et se fait même finalement vachement radin en action et grand spectacle, un comble. Car si ça commence hyper maladroitement sur les chapeaux de roue, passé la première demi-heure, le rythme va se calmer pour nous achever… assoupir je veux dire pendant bien une heure.

Et même sa première demi-heure, à coup de traversée de champs de mine dans la jungle et autre, ne semble pas impressionner tant que ça. Le spectateur de 2021 serait-il blasé des scènes d’action improbables ? Ou bien F9 fait vraiment le minimum ? Dur à dire, n’étant de base pas un fan de la saga, mais ce début n’impressionne pas des masses, avant que le film ne se décide à nous endormir, avant que le scénario ne nous prenne comme souvent un peu pour des cons, à coup de frère caché mais pas trop, juste personne n’a pris le temps de demander avant, et personne n’a pensé que l’info pourrait être importante, à coup de résurrection improbable de personnages morts depuis longtemps, et de blagues censées être méta mais qui ne changent pas le fond du problème. Et dans ce blockbuster écrit avec les pieds et qui n’impressionne que rarement, il reste heureusement la scène d’action finale, celle qui vient quelque peu sauver le film, même si pour le coup, l’équipe ne fait pas preuve de beaucoup d’originalité, se contentant de reprendre les idées des potes. Ici donc, le fameux aimant géant trouvé chez Michael Bay et son 6 Underground, qui se retrouve sur des voitures plutôt qu’un bateau, et voilà, c’est parti. Ah, et une voiture envoyée dans l’espace, car fuck la physique, et que Star Wars, c’est la mode, il faut aller dans l’espace. Et forcément, avec Baboulinet, la famille reste le plus important, donc le méchant n’est pas si méchant que ça, et tout est bien qui finit bien ! F9 n’est pas très bon, même d’après les standards de sa propre saga. Les CGI sont peu naturels, l’action plutôt rare, le scénario toujours plus improbable et stupide, le casting principal n’a l’air content d’être là que pour toucher son chèque, tandis que les quelques bons acteurs du film (Charlize Theron, Kurt Russell, Helen Mirren) ne font que de très courtes apparitions, un peu comme si eux aussi n’avaient pas trop envie d’être là, et que cette blague de 9 opus ne les faisait plus rire. Le seul vrai point positif de tout ça, c’est que même les fans de la saga sont déçus, et que cela risque de jouer un mauvais tour au prochain opus niveau chiffre (il n’est pas rare de voir un opus moins marcher que les autres suite à une mauvaise réception du précédent : Star Wars 2 et 3, Star Wars 8 et 9). La fin est donc proche, on l’espère.

Les plus

La scène d’action finale, enfin généreuse
La blague de Yoda par Charlize Theron

Les moins

La famille, encore, toujours, partout
Ça va beaucoup trop loin et ça n’amuse plus
On s’ennuie pendant tout le second acte
L’action souvent pas si bonne que ça

En bref : F9 n’est pas très bon, même suivant les standards de cette « grande » et longue saga. Radin en moments impressionnants, avec un scénario toujours plus aberrant, des acteurs qui ont l’air fatigué de toujours jouer la même chose, une famille toujours plus grande, des méchants pas trop méchants et des gentils très gentils… Heureusement que les blockbusters suivants de 2021 relèvent le niveau du cinéma grand public qui fait du bruit. Un peu.

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