PIG de Michael Sarnoski (2021)

PIG

Titre original : Pig
2021 – Etats Unis
Genre : Drame
Durée : 1h32
Réalisation : Michael Sarnoski
Musique : Alexis Grapsas et Philip Klein

Scénario : Michael Sarnoski

Avec Nicolas Cage, Alex Wolff, Cassandra Violet, Julia Bray, Elijah Ungvary, Beth Harper, Brian Sutherland, David Shaughnessy et Gretchen Corbett

Synopsis : Un chasseur de truffes vit en ermite dans la nature sauvage de l’Oregon, quand l’enlèvement de sa truie truffière le pousse à retourner vers la civilisation à Portland où il devra faire face aux démons de son passé.

Il y a des films sur lesquels on se jette en espérant passer un bon moment. Les films de Nicolas Cage sont de cet acabit là pour moi. Car il ne faut pas oublier que de bonnes voir excellentes surprises se cachent dans la carrière de l’acteur. Et Pig, devant sortir fin Octobre en France, est une de ces excellentes surprises. Comme quoi, 2021 est un excellent cru pour l’acteur, et ce malgré la grosse déception que fut Prisoners of the Ghostland. Car Willy’s Wonderland, c’était certes de la série B bancale, mais c’était bien fun. Et avec Pig, l’acteur, plutôt que de s’enfermer dans l’archétype habituel de rôles qu’il tient depuis plusieurs années (le gars silencieux au regard noir et qui a la méga classe), tient à prouver qu’il est encore un excellent acteur capable de jouer un peu tout. Pig, on pourrait le comparer à Joe, excellent film datant déjà de 2014. Déjà de par le look de leurs personnages, assez identiques, avec la grosse barbe, mais aussi de par le milieu éloigné des grandes villes que les films dépeignent. Dans Pig donc, Nicolas Cage joue Rob, un homme vivant en retrait, seul avec son cochon qui lui permet de trouver des truffes et de vivre de ce commerce, et dont le seul contact qu’il a avec le monde extérieur est Amir, celui qui lui achète les truffes. Solitaire, silencieux, semblant épuisé en permanence, le regard vide de toute illusion que le monde moderne tente d’offrir au plus grand nombre, Rob est un personnage qui captive le spectateur et qui surtout captive l’objectif de la caméra. Et la première grande réussite du métrage, c’est d’avoir su habilement jouer avec les attentes du spectateur. Avec ses cheveux longs, son regard souvent noir, son pitch de base à base de cochon disparu et de quête pour le retrouver, comment ne pas penser à John Wick par exemple, et donc par extension, à un simple film de vengeance ?

Choix volontaire ou non, je l’ignore, mais ça semble un peu gros pour être le fruit du hasard, surtout lorsqu’après quelques minutes, des intrus débarquent, tabassent Rob et volent le cochon. Rob, le visage marqué, va alors partir en quête de vengeance dans les faits, accompagné d’Amir qui va le conduire à la ville, à Portland. On pourrait presque imaginer Nicolas Cage casser des dents au nom du saint cochon, comme Keanu Reeves le faisait pour son chien. Sauf que non, jamais le film ne prendra le chemin de la facilité, il s’en détourne, pour mieux nous surprendre et nous amener vers des sujets beaucoup plus humains et sensibles, et surtout, bien vu. Pig nous parle de sujets bien plus profonds qu’une simple vengeance en réalité, il nous parle de deuil, et le fait de façon vraiment originale, en mettant souvent en avant l’art de… la cuisine. Choix étonnant, mais qui pourtant, fonctionne à merveille. Souvent car il surprend, déjà, dans un premier temps, et ensuite car tout semble s’inscrire dans une bonne logique qui a été pensée en avance. Le film nous prend donc à contre-pieds de manière intelligente, comme dans cette scène, débarquant assez rapidement, dés l’arrivée de nos personnages à Portland, où des cuistots tabassent pendant une minute quelqu’un pour gagner de l’argent. Nous voyons Nicolas Cage qui débarque, son regard noir, sa carrure impressionnante… et non, il n’est pas celui qui donne les coups, il est celui qui durant une minute va prendre les coups, sans jamais broncher. De toute façon, il est clairement la première grande réussite du métrage. Homme de peu de mots encore comme d’habitude, il arrive pourtant à livrer un jeu exceptionnel juste avec un simple regard, et on sent Rob véritablement à bout à de nombreux moments, comme si l’acteur était impliqué jusqu’à ne faire plus qu’un avec son personnage, qui ne va pas avoir d’autres choix que de, très doucement, en silence et en douleur, s’ouvrir au monde.

Ou plutôt, révéler aux spectateurs le monde qu’il a quitté quelques années plus tôt dans la douleur pour mieux nous faire comprendre son parcours, son silence, l’aura qu’il dégage auprès des autres malgré son look de reclus à la gueule cassée et ensanglantée qu’il va se trainer 1h30 durant. Nicolas Cage parvient avec justesse à rendre le propos du film juste, à nous passionner pendant 1h30 dans ce drame, et même parfois à nous émouvoir malgré son apparente simplicité. Et c’est ça qui est fort. Bien plus qu’une quête pour récupérer son cochon, Pig est avant tout le portrait d’un personnage dévasté, qui malgré 15 longues années à l’écart, n’a absolument rien perdu de son talent, et de son aura auprès des autres, et où chaque twist qui aurait pu chez quelqu’un d’autre se transformer en scène d’action ultra violente se transforme ici, avec douceur le plus souvent, en moments culinaires aussi surprenants que logiques au sein de l’univers dépeint par le film. Après tout, pourquoi se frapper ou pire, lorsque l’on peut tout simplement savourer un bon repas avec une bouteille de vin rare et prisée ? Dans ce tour de force assez étonnant, on pourra saluer, malgré quelques rares faux pas du à un budget très limité et un tournage éclair (20 jours et souvent une seule prise par plan), la mise en scène de Michael Sarnoski, bien pensée et également auteur du scénario, qui abuse certes sans doute parfois de la caméra à l’épaule. Sans doute encore une fois à cause des conditions limitées du tournage. Mais rien qui ne vient nous éloigner du propos du film, ou nous sortir de celui-ci. Pig est en tout cas bel et bien une des grosses surprises de 2021.Un film qui, je l’espère, trouvera son public, car il le mérite.

Les plus

Nicolas Cage, exceptionnel
Le traitement original de son sujet
Les différentes thématiques abordées
Le film nous surprend toujours de belle manière

Les moins

Quelques petits défauts pour une production minuscule

En bref : Pig, en voilà un film étrange, porté par un Nicolas Cage tenant un de ses meilleurs rôles, un film simple qui nous prend souvent par surprise pour nous amener vers des horizons que l’on ne suspectait pas, et parvient même à nous émouvoir par moment.

7 réflexions sur « PIG de Michael Sarnoski (2021) »

    1. Je crois que même sans mon texte, les captures avec la gueule bien fatiguée du personnage t’auraient déjà donné grave envie 😉
      Mais oui, moi ce film il m’a sacrément emballé, et j’ai été rassuré de voir que je n’étais pas le seul à avoir adoré les choix du scénario.
      Il m’a donné envie de revoir JOE d’ailleurs, pour le même genre de personnages vivant un peu isolé avec les démons de son passé.

    1. Clairement pour le moment un des films de l’année pour moi, dans mon top 5 même, donc je recommande vivement 😉 Et oui, pour la blague, on peut dire que la qualité descend quand le titre s’allonge haha. Donc si je peux te motiver à le voir, je vais t’en parler tous les jours sur chaque article, ici et sur ton blog 😮

      Pleins d’autres bons (et beaucoup moins bons) films de 2021 vont arriver ces prochains jours ici. Je me suis même tapé un DTV fumant avec Bruce Willis….. Je regrette un peu d’ailleurs…

        1. Et tu as totalement raison ! Ça fait mal de voir l’état de la carrière de Willis, et le genre de DTV foireux dans lesquels il joue actuellement. Surtout que comparé à Cage qui même dans un mauvais film se donne à fond, lui tu vois clairement maintenant qu’il n’est là que pour toucher son chèque et faire le minimum. C’est triste…

          Cage chez Zahler…. Tu sais que l’idée n’est pas mauvaise, et possible en plus, vu qu’il va toujours chercher des anciennes gloires un peu oubliées de nos jours.

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