MUTATION ON MARS (火星异变) de Na Liu (2021)

MUTATION ON MARS

Titre original : 火星异变
2021 – Chine
Genre : Science Fiction
Durée : 1h14
Réalisation : Na Liu
Musique : –

Scénario : Xin He et Gu Shi Jiang

Avec Ziqi Fan, Xinqi Lui, Sue Xin Qi, Zhong Ren et Liang Shi

Synopsis : Dans le futur proche, les ressources de la Terre ont chuté, et pour faire survivre l’espèce humaine et les générations futurs, les scientifiques ont amenés sur Mars des animaux et plantes pour faire des recherches, espérant améliorer l’environnement de la planète pour la rendre habitable pour l’humain. Mais la mission tourne mal, et une équipe de secours est envoyée sur place.

Je le sais, vous allez me dire que sur la plateforme iQiyi, je cours comme un aveugle borgne sourd et muet vers des films qui ne s’annoncent pas bons dés le départ. Mais que voulez-vous, si l’essai Chinois du film de requin était peu concluant, leur copie de Crawl était sympathique, tout comme leur envie d’hommage à Lovecraft. Du coup forcément, les voir se lancer ce coup-ci dans l’aventure sur la planète Mars, ça me rendait curieux, tant la planète est maudite. Vous ne me croyez pas ? Regardez le nombre de cinéastes, petits ou grands, qui se sont frottés à la planète Mars, et comptez combien ont réussis à ne faire qu’un film au moins sympathique ? Carpenter a échoué lamentablement (et pourtant j’adore Carpenter), De Palma a échoué gentiment (et pourtant, j’adore De Palma). Bref, à l’exception de Ridley Scott et son fort sympathique Seul sur Mars, qui en plus de réussir son film, parvenait à le rendre bien et ce sans tuer Sean Bean, les réussites sont rares voir inexistantes. Et bien rassurez vous, la Chine ne fait pas mieux que les Etats Unis. J’ai même envie de vous dire qu’après la vision de Mutation on Mars, j’étais presque motivé pour me faire Mission to Mars et Ghosts of Mars. Presque hein… ! Bon alors, comme d’habitude, on pourrait s’amuser durant tout le film à chercher les inspirations bien voyantes du métrage Chinois. On a du Seul sur Mars (la tempête, tout ça), du Ghosts of Mars pour l’aspect survie, on aura même lors d’un plan qui ne se casse pas la tête à camoufler son influence du Life, avec une forme de vie qui dans sa première forme prend exactement la même forme que dans le dit film. Espérons qu’un jour les gros studios ne vont pas se réveiller niveau copyright sinon la plateforme iQiyi va faire faillite en deux jours.

Mais Mutation on Mars, ça se plante, dans les grandes lignes, et aussi dans les petites lignes. Dés l’ouverture. On a une équipe, sur Mars. Tout va bien, comme d’habitude, la photographie est clean, l’environnement Martien plutôt bien rendu visuellement, tout va bien. Mais en cinq minutes chrono en main, le spectateur saint d’esprit devra faire pause pour se poser des questions. Alors oui, l’équipe est censée être internationale, même si dans les faits, ce sont deux pauvres Américains perdus au milieu de pleins de Chinois. Mais du coup, ça parle anglais. Logique vous me direz… Mais c’est là qu’on sent le fait que la production est petite, car niveau grammatical et autre, ça fait mal. Quand tous les personnages s’évertuent à dire « We are going to THE Mars », « we need to leave THE Mars »…. Oui, ben non, on ne dira jamais ça. On a plus l’impression d’entendre des enfants en première année d’apprentissage d’anglais. Mais même les acteurs occidentaux font cette erreur. Puis, l’instant d’après, car ne durant que 1h14, Mutation on Mars a au moins pour lui un rythme ultra soutenu, chute d’astéroïdes. C’est peu naturel, mais on a vu bien pire en CGI. Même si en l’espace de 20 secondes, la chute d’astéroïdes se change en tempête de sable pourchassant un véhicule. Sans transition hein, c’est comme ça. Quand notre équipe monte à bord de la navette pour se sauver, alors là, pas de bol, voilà une baleine volante dans le ciel Martien, abordant une magnifique crinière, mélange entre un punk des années 80 et la crinière d’un soyeux cheval dans Red Dead Redemption…(crinière qui sera absente le reste du film en plus). J’ai du faire pause, me poser des questions… Comment en est-on arrivé là ? Je l’ignore encore aujourd’hui. Certaines questions n’auront jamais de réponses. On envoie donc, après l’échec de la mission et de la fuite, une équipe de secours. Bien évidemment, Baboulinet a du filer un coup de main ou inspirer les chinois, puisque dans l’équipe de secours, on a notre héros, qui accepte la mission car sur Mars, il y avait son père, et on touche pas à la famille !

Une fois l’équipe sur place, les incohérences, facilités, approximations sont légions et ne s’arrangent pas. On nous explique qu’un des scientifiques Américain est la cause de tout ce merdier, qu’il veut adapter les espèces à l’environnement Martien et non l’inverse. Bref, comme d’hab en Chine, les Américains sont la cause de tout (ce n’est que justice, en Amérique, c’est l’opposé). Alors, faire muter les espèces, pourquoi pas, c’est dans le titre du film après tout, mais je ne suis pas sûr que faire muter une baleine la fera voler dans le ciel… Je sais que le film se déroule dans un avenir proche, mais cela n’explique pas je pense le fait que la navette de secours puisse jouer ainsi avec ses réacteurs pour monter et descendre tranquille dans le ciel pour se poser tranquillement, c’est une navette, pas une boule de flipper qui monte et descend… Alors oui, c’est de la série B, je m’attarde sur des détails, mais le film les enchaîne ses détails. Entre ça et ses personnages poursuivis dans des couloirs par des animaux mutants, mais qui ne pensent jamais à fermer les portes derrière eux pour bloquer les animaux… sauf lorsque cela devient alors utile narrativement pour le film bien évidemment. Sinon, on nous sort toujours les violons car on a un père et son fils forcément (et le film appuie énormément sur cet aspect, tout le long), des CGI peu naturels mais pas si moches que ça, des situations un peu débiles, des clichés, et au bout de 1h14, on quitte enfin Mars, avec la certitude que la planète est vraiment maudite.

Les plus

Toujours fait avec sérieux
Mars pas si mal rendu que ça

Les moins

Le drame familial, présent, lourd, appuyé
Des CGI souvent peu naturels
Beaucoup d’incohérences et moments WTF
Court oui mais pas si intéressant que ça

En bref : Mutation on Mars continue la malédiction des films se déroulant sur Mars, ce n’est pas bon. Trop illogique, trop de facilités, trop d’éléments peu ou pas expliqués, trop de clichés, et peu d’excitation au visionnage.

2 réflexions sur « MUTATION ON MARS (火星异变) de Na Liu (2021) »

  1. « La malédiction des films sur Mars »

    Ahah. C’est vrai que… Mais malgré leurs défauts, tous ces films (Red Planet, Mission to Mars, Ghosts of…), je ne peux me résoudre à les détester. Martian était sympa oui.

    Heureusement que Total Recall est là pour relever le niveau !

    1. Oui, TOTAL RECALL est totalement hors compétition pour moi. Car ben, Verhoeven déjà. Puis fait à une époque où le monde du cinéma n’était même pas encore à fond sur Mars haha.

      Après oui, je sais que tu es clément avec cette petite planète rouge. Moi moins. RED PLANET que j’ai vu il y a peu, pas du tout aimé. GHOSTS de Carpenter, à chaque vision, il est de moins en moins bon. Me reste MISSION TO MARS de De Palma à revoir et peut-être réévaluer.

      Enfin, cela va s’en dire que ce film Chinois, visible légalement et gratuitement sur le web, je le déconseille en tout cas haha. Mais j’ai tenté, j’ai été courageux, et voilà que je me retrouve avec des baleines volantes sur Mars !

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