RAKKA de Neill Blomkamp (2017)

RAKKA
Titre original : Rakka
2017 – Canada
Genre : Court métrage
Durée : 22 minutes
Réalisation : Neill Blomkamp
Musique : Lorne Balfe
Scénario : Neill Blomkamp et Thomas Sweterlitsch

Avec Sigourney Weaver, Eugene Khumbanyiwa, Robert Hobbs, Carly Pope et Brandon Auret

Synopsis : L’histoire d’un avenir dystopique où un groupe étranger inconnu a colonisé la terre et où les humains ont du mal à riposter.

En 2017, Neill Blomkamp créé sa société Oats Studios. Son but ? Dans un premier temps nous offrir des courts métrages avec une liberté totale afin de tester le public, de voir quels projets pourraient plaire et en faire des longs par la suite. Nous sommes en 2021, et son seul long métrage depuis fut le pathétique Demonic… Par contre, sa première salve de courts métrages, ils sont là, disponibles gratuitement depuis déjà quatre ans. Il était temps que je me penche dessus, car dans le fond, même si son cinéma n’est pas parfait, ou n’est pas le plus original, j’aime bien Neill Blomkamp, artiste sans doute maudit puisqu’adulé par public et critique après seulement un film. Attaquons nous donc à Rakka, le premier de ces courts métrages, qui nous emmène directement en terrain connu, avec une invasion de l’espace, des aliens reptiles qui sont là et qui gèrent maintenant la planète, et des résistants humains qui ont bien du mal à s’organiser. Blomkamp a 22 minutes pour planter le décor, son univers, ses personnages, ses enjeux, et donc forcément, en mettre plein la vue. Sur ce dernier point, c’est réussi, Rakka en met plein la vue malgré un budget que l’on devine hyper limité, surtout pour un court métrage. Mais court ou non, il bénéficie d’effets spéciaux de qualité, voir très bons, et de la présence devant la caméra de Sigourney Weaver, sans doute venue donner un coup de main après que Ridley Scott ai fait capoter le projet Alien de Blomkamp qui lui aurait permi de revenir (ou pas). Alors, soyons clairs, techniquement, c’est une réussite. Les nombreux effets, que ce soit pour l’action, les vaisseaux aliens, les nombreux panoramas, les créatures, c’est réussi. On a même droit à quelques rares effets gore du plus bel effet. La photographie est elle aussi soignée, et les acteurs font ce qu’ils peuvent, à savoir, ils sont convaincants, malgré la courte durée du métrage, et du coup malgré le développement minimal auquel ils ont droit.

Mais dans le fond, Rakka n’ajoute rien de nouveau au genre. Il est soigné, mais on a souvent l’impression de voir plutôt une démo technique, ce que le découpage assez étrange en chapitre qui nous détaille l’univers, le contexte, vient confirmer. Une longue intro, ou une longue démo pour motiver les gens, mais un métrage qui a du mal à tenir debout par lui-même. Cela s’en ressent dans ce que le film raconte, dans son montage pas forcément réussi, peu aidé par une voix off constante, ou ses personnages du coup forcément un peu vide, surtout que Blomkamp prend plus de temps pour développer son univers que ses enjeux ou personnages. Il y a du potentiel, c’est très agréable à regarder, mais on ne peut que sortir déçu de ce premier court. Surtout que Blomkamp vendait ses courts métrages comme des courts expérimentaux où tout était possible. Le problème, c’est qu’il n’y a absolument rien d’expérimental dans ses courts, rien de particulièrement osé ici dans le domaine de la science fiction, et on a plus l’impression de voir une série B classique, mais bien foutue. C’est ultra classique à tous les niveaux, et seul le visuel ose parfois des choses différentes, dans le design des aliens, très typé lézard, ou dans certaines scènes, visuellement somptueuses. Avec une meilleure construction, au niveau narratif et de son montage, Rakka aurait déjà été beaucoup mieux. Développé comme un long, il serait même sans doute réussi. Mais en l’état, oui, cela tient plus de la démo technique sympathique que du vrai court métrage, ou de l’expérimentation vendue.

Les plus

Visuellement soigné
De bons designs
Une envie de bien faire

Les moins

Extrêmement classique
Maladroit dans son montage et narration

En bref : Rakka est prometteur, mais aussi super bancal. Toute la partie technique est soignée, un peu au détriment du reste. On a plus souvent une description visuelle de son concept et de son univers plutôt qu’un court métrage avec une narration.

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