THE DEEP HOUSE de Alexandre Bustillo et Julien Maury (2021)

THE DEEP HOUSE

Titre original : The Deep House
2021 – France
Genre : Fantastique
Durée : 1h25
Réalisation : Alexandre Bustillo et Julien Maury
Musique : Raphaël Gesqua
Scénario : Alexandre Bustillo, Julien Maury et Julien David

Avec Camille Rowe, James Jagger, Eric Savin, Alexis Servaes, Anne Claessens et Carolina Massey

Synopsis : Un jeune couple américain spécialisé dans l’urbex (exploration urbaine) décide d’aller explorer une maison réputée hantée qui a été ensevelie sous un lac artificiel. Mais celle-ci semble se refermer sur eux et le couple se retrouve prisonnier de cet endroit chargé des plus sombres histoires…

Je ne suis pas un fan du cinéma d’Alexandre Bustillo et Julien Maury. Mais genre, pas du tout. Et ce dés leur premier film, À L’Intérieur, tout juste sympathique pour moi. Sympathique série B oui, mais avec de bien gros défauts, de scénario, dans des choix grotesques. Puis après ça, film aimé malgré tout, personne ne me donnera tort en disant que Livide ou Aux Yeux des Vivants, ce n’est pas très bon. Voir catastrophique. Sans parler de leur segment pour ABC’s of Death 2, ou de leur grand essai Américain pour une certaine saga qui tourne en rond avec Leatherface, qui avait au moins le mérite de ne pas encore raconter la même histoire, mais qui finalement, ben, n’était pas très bon non plus. Autant dire que leur retour sur les écrans avec ce The Deep House, ou aussi Kandisha, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Mais quand on est un aventurier, on ne va pas s’arrêter à ça. Après tout, si même Paul W.S. Anderson a un bon film dans sa carrière, tout est possible. Mais la révélation, le grand film, il ne viendra pas avec ce Deep House pour la carrière des deux réalisateurs Français. Ici, ils suivent un couple, Américain, fan d’urbex et pourquoi pas, j’adore l’urbex et en fait aussi, donc bon, ça aurait pu me faire accrocher aux personnages. Et ces personnages, ils vont se lancer dans l’exploration d’une maison qui est sous l’eau, ensevelie sous un lac artificiel. Sur le papier, l’idée est plutôt cool en tout cas, reprendre le principe ultra connu de la maison hantée, et le retranscrire dans un milieu aquatique. Étrangement, il me fait penser clairement à La Malédiction des Profondeurs, de Brian Yuzna, avec son grand méchant enfermé dans une maison ensevelie aussi sous un lac artificiel. Sauf qu’entre le film de Yuzna, ultra bancal il est vrai, et le film du duo, il y a un fossé dans les ambitions et les influences du titre, voir finalement, dans sa conception même, puisque The Deep House est clairement un film de son époque.

Qui dit urbex dit caméra dit que la moitié du film sera tourné avec les caméras que les acteurs sont censés porter. Qui dit film de notre époque dit bien entendu que l’on aura droit à des jumpscares et quelques apparitions furtives assez clichées. Seulement le film n’embrasse ses clichés et éléments stylistiques qu’à moitié, ce qui lui donne un côté très étrange. On commence tout ça comme un found footage, on filme la moitié avec les caméras des personnages, mais on filme l’autre moitié comme un film traditionnel, comme si l’on ne voulait pas appartenir au genre en question. En tout cas, The Deep House, c’est un film qui trouve rapidement ces limites, et qui prouve encore une fois que le duo a un vrai souci en terme d’écriture. Ces personnages ne sont pas très intéressants, et malgré le fait que le film se déroule sous l’eau pendant une bonne partie du temps, ça ne va pas les empêcher de parler non stop pour nous décrire ce que l’on voit déjà à l’image. Pendant tout le film. C’est très bavard pour pas grand-chose. Bavard, prévisible, et paradoxalement, assez lent, car reprenant en quelque sorte les clichés du found footage justement, à savoir tenter de nous mettre des personnages banals, et amener doucement, très doucement, le doute, avant un final qui déménage. Sauf que là aussi, ça trouve bien vite ces limites. En fait, il faut vraiment attendre un bon 45 minutes, voir 50 minutes pour que le film démarre, sachant qu’expurgé de son générique de fin, la bête ne dure que 1h20. Oui, en gros, plus de la moitié de la durée du film pour écouter des personnages parler, explorer une maison sous l’eau, et s’amuser à nous faire peur. Sans que cela ne fonctionne réellement, et ce pour plusieurs raisons. Car finalement, le fait de vouloir mélanger cinéma traditionnel et found footage devient rapidement un frein.

Le film tente d’utiliser des artifices classiques du cinéma de genre, avec ce doute sur certains éléments dans le décor. Des éléments qui pourraient changer de placer, des silhouettes qui pourraient apparaître ou non. Mais pour que le spectateur y soit réceptif, sans que les personnages aient besoin de nous le faire remarquer, il faut que le spectateur ai une idée bien précise de l’environnement dans lequel la caméra, enfin, les caméras évoluent. Exercice qui se complique déjà puisque le décor, très joli en passant, est sous l’eau, et donc avec une visibilité réduite. Visibilité qui se réduit encore plus de par l’utilisation des caméras embarquées, et des artifices habituels de l’autre genre, le found footage donc, avec l’image qui se met à déconner, quelques filtres et j’en passe. The Deep House peine à convaincre, à intéresser, et pire pour un film voulant faire peur en mixant deux concepts et deux styles différents, à nous faire ressentir la moindre chose. La photographie sous-marine a beau être réussie et le décor construit pour l’occasion réussi également, la sauce ne prend pas. Ni en tant que film de maison hantée (quelques jumpscares pourris), ni en terme de survie aquatique (avec ces personnages qui paniquent pour un rien). Mais bon, il doit encore y avoir un public pour ça, vu les avis positifs que l’on peut trouver dans des magazines à la connaissance cinématographique discutable (20 Minutes), et d’autres plus professionnels vis-à-vis du genre, comme Mad Movies, qui le considère comme une série B modèle, macabre et poétique. Comme quoi…

Les plus

L’idée n’était pas mauvaise
Artistiquement parlant, de bonnes choses

Les moins

Personnages creux qui paniquent pour rien
Le mix de cinéma traditionnel et de found footage, inutile
Jamais effrayant, jamais prenant
Ça prend un temps monstre avant de démarrer

En bref : Le gros souci de The Deep House, c’est qu’il ne passionne jamais vraiment, la faute a de gros soucis dans l’écriture, dans le rythme, mais aussi dans des choix de mise en scène qui n’impressionneront que les plus gros fans du genre.

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