X-MEN : L’AFFRONTEMENT FINAL (X-Men The Last Stand) de Brett Ratner (2006)

X-MEN : L’AFFRONTEMENT FINAL

Titre Original : X-Men The Last Stand
2006 – Etats Unis
Genre : Aventures
Durée : 1h44
Réalisation : Brett Ratner
Musique : John Powell
Scénario : Zak Penn et Simon Kinberg

Avec Hugh Jackman, Ian McKellen, Famke Janssen, Anna Paquin, Patrick Stewart, Halle Berry, Kelsey Grammer et James Marsden

Synopsis : Les mutants affrontent un choix historique et leur plus grand combat… Un « traitement » leur permet désormais d’échapper à ce qu’ils sont. Pour la première fois, ils ont le choix : conserver ce qui fait leur caractère unique mais leur vaut la défiance et la méfiance de l’humanité, ou bien abandonner leurs pouvoirs et devenir des humains à part entière. Les points de vue opposés des leaders des mutants, Charles Xavier, qui prêche la tolérance, et Magneto, qui croit à la survie des plus adaptés, sont plus que jamais incompatibles et vont déclencher la plus acharnée des batailles.

Ce qui est toujours problématique lorsque l’on se regarde, ou que l’on revois une nouvelle fois une intégrale, c’est qu’il y a souvent un ou plusieurs vilains petits canards qui se cachent parmi des films que l’on adore. Alien Resurrection, Terminator 5 et 6, beaucoup trop d’opus d’Halloween ou Vendredi 13, Star Trek 4 et Insurrection, beaucoup trop d’épisodes de Star Wars. La saga X-Men, avec autant d’opus, autant de soucis de production à chaque film, ne pouvait pas y échapper. Et après deux films réalisés avec sérieux par Bryan Singer, le voilà qui laisse sa place pour aller s’occuper d’un autre super héros, Superman. La Fox décide donc de ne pas attendre que Singer soit disponible, et part à la chasse au réalisateur. Matthew Vaughn est pressenti mais quitte le projet, prétextant qu’il n’aura pas le temps de faire un film le satisfaisant (ironiquement, il reviendra à la saga en signant l’opus suivant, un des meilleurs, avec un temps de production encore plus réduit), Joss Whedon est envisagé, et finalement, c’est le drame, c’est Brett Ratner qui est retenu. Mais si le réalisateur change, ce ne sont pas les seuls changements qui s’opèrent derrière la caméra. Michael Kamen cède sa place à la musique à John Powell, et Simon Kinberg rejoint l’équipe des scénaristes. Grand passionné d’X-Men, il veut bien évidemment développer pour ce troisième film l’histoire du Phoenix, qui était sous entendue à la fin du second film de toute façon. Mais le studio ne croit pas vraiment à cet arc narratif, et impose une seconde histoire pour compléter le tout. Ainsi, si Phoenix il y aura, X-Men 3, renommé l’Affrontement Final, verra aussi une autre intrigue à base de vaccin anti mutation. Deux grosses intrigues donc, mais pour un film étonnement très court, 1h44, et un réalisateur qui n’est pas franchement connu pour sa subtilité ou la profondeur de ses intrigues. Qu’est ce que ça allait bien pouvoir donner ?

Et bien oui, on le sait, X-Men : L’Affrontement Final n’a pas une grande place dans le cœur des fans. À sa sortie, je fus également très déçu. Les années passent, et pourtant, il faut bien revoir la bête, et le verdict final n’est pas intégralement catastrophique. Car si Brett Ratner ne connaît pas la subtilité, ne sait pas mettre avant des personnages, ou ne sait tout simplement pas toujours rendre un scénario intéressant (voir Rush Hour et Dragon Rouge pour s’en convaincre), il n’est pas non plus le réalisateur le plus mauvais de sa génération. Ce qu’il ne sait pas faire dans pas mal de domaines, il tente de le compenser par une mise en scène passe partout, impersonnelle, mais pas dégueulasse pour autant. Ce qui est donc le cas dans ce X-Men 3. Il se fiche des personnages, du développement, il ne prend jamais la peine de poser ses enjeux et donc sa caméra plus de quelques minutes de peur d’ennuyer sans doute, mais il propose par contre des plans plutôt jolis, et se fait généreux en action. Bon, pour le coup, X-Men 3 ressemble juste à un banal blockbuster estival où tout explose assez souvent, qui veut en mettre plein la vue, avec pleins de mutants, pleins de pouvoirs cools, plein de destructions, d’explosions. Au moins, on ne s’y ennuie pas, c’est déjà ça. La courte durée du métrage doit encore une fois jouer en sa faveur, on n’est pas torturé bien longtemps, et c’est plutôt rythmé. Ses scènes d’action, nombreuses, sont en tout cas le point fort du film, et là dessus, on ne va pas cracher dans la soupe. Mais arrivé à un troisième opus, il est plus regrettable de voir Brett Ratner s’en foutre un peu littéralement des enjeux et de la psychologie des divers personnages qui sont posées depuis, et bien, déjà deux films. Une preuve ? Oh j’en ai plein. Entre des personnages traités par dessus la jambe (Rogue, franchement), d’autres qui sortent du récit aussi vite qu’ils sont arrivés (Cyclope, quel manque de respect), le Phénix qui doit représenter une menace énorme mais qui, à l’exception de deux scènes, sera tellement en arrière plan que le côté psychologique du personnage n’est tout simplement pas là. Et ne parlons pas de Mystique, ou alors, niveau nouveaux venus, de Vinnie Jones, jouant le Fléau (Juggernaut), et nous balançant un « I’m the Juggernaut Bitch ».

Et au centre de tout ça, il y a toujours Hugh Jackman, en avant, comme s’il était l’unique visage de la saga. Certes, il fait un excellent Wolverine et a un charisme fou, mais bon, il bouffe le traitement de tout le monde. Même ce pauvre Charles Xavier n’a ici que très peu de temps à l’écran, et ne sert, en général, qu’à amener l’intrigue vers la prochaine scène à effets spéciaux. À ce niveau d’ailleurs, le film tente d’en mettre plein la vue dés l’ouverture, en utilisant une technique pour rajeunir Ian McKellen et Patrick Stewart, et que dire… On a toujours du mal en 2021, alors imaginez en 2006. Mais allez, soyons sympa, l’intention était louable. En tout cas, je crois que mes dires montrent bien mon ressenti face au film. Un métrage rythmé, court, divertissant, mais où c’est le fond qui coince, la psychologie des personnages, les enjeux, voir la continuité de manière générale. Peut-on imputer tous ces défauts à Brett Ratner ? Dans le fond, non, encore moins sur une aussi grosse production. Il a clairement sa part de responsabilités, mais au final, les financiers ont le dernier mot. Alors quand forcément, on a un réalisateur pas très bon, avec un scénariste voulant une intrigue, mais des financiers en voulant une autre, et sans doute d’autres soucis de production comme tout gros film, ce n’était pas gagné. Il est juste triste de voir la trilogie originale s’achever ainsi, sur une note aussi décevante, même si le film reste en tout point regardable. En terme d’action, l’assaut final à Alcatraz reste par exemple fort sympathique, quelques nouveaux mutants sont sympathiques, et bien que le traitement soit toujours absent, on voit par exemple un peu plus Halle Berry, même si uniquement pour l’action. On peut toujours en tout cas sécher nos larmes en se disant que si X-Men 3 est le mouton noir de la trilogie de base, il n’est pas le pire de la saga, dés que l’on prend en compte les spin of sur Wolverine… Si bien que oui, X-Men 3 a pour lui son capital divertissement.

Les plus

Court, rythmé
L’action est sympathique
Dans le genre, et dans la saga, il y a bien pire

Les moins

Un traitement raté
Les personnages, souvent vides
Deux intrigues, beaucoup de personnages, rien de développé

En bref : X-Men 3, ce n’est pas très bon. Enfin, pas catastrophique non plus, mais en tant que conclusion de la première trilogie, et après les deux films de Bryan Singer, le passage entre les mains de Brett Ratner fait mal. Divertissant oui. Pas plus. Pas moins.

17 réflexions sur « X-MEN : L’AFFRONTEMENT FINAL (X-Men The Last Stand) de Brett Ratner (2006) »

  1. J’en reviens pas comment tu arrives à le sauver. Pour moi, c’est juste un des pires films de super-héros (avec « origins:Wolverine » et « Deadpool » pour d’autres raisons) que j’ai jamais vu je crois. Je pense que je reverrais même les FF de Tim Story avec plus de plaisir que cette purge qui dépasse le stade de nanar sympathique (Tim Story) pour atteindre le summum de boursoufflure honteuse et dégueulasse. Je crois que ça tient à ce qu’il ont osé faire avec le Juggernaut. Personnage absolument iconique de la BD, objet d’un culte presque aussi important que Serval, qu’est-ce qu’il devient dans son costume en mousse là ? Non mais je préfère même pas en reparler. Un scandale je te dis. Et le reste est à l’avenant. Il faut dire la vérité au lecteur. 😆

    1. Wow, et bien, l’avis d’un fan de comics est forcément différent, et du coup, forcément plus éclairé sur certains points. Le Juggernaut, je ne le connaissais absolument pas, même pas de nom, MAIS, même sans connaître, je dois avouer que en étant neutre, son traitement hmm hmm…
      Je ne défend pas totalement le film, disons que je modère mon propos, car moi aussi, il y a quelques années, je l’aurais juste descendu rapidement, un petit 4/20 et on n’en parles plus.

      Par contre, j’ignorais que toi aussi tu détestais DEADPOOL ! Dans mes bras !!!! Je n’ai pas compris en voyant le film. Je n’ai même pas ri, je me suis ennuyé, j’ai trouvé ça affligeant. J’en avais même écris une très longue critique à l’époque, que je n’ai jamais posté car bon, en voyant que mon avis était très très trèèèèèèès minoritaire, et que dans le fond, tout le monde avait vu le film, je ne voyais même plus l’intérêt de débattre dessus.

      1. Aaaaaah je suis tellement heureux de constater que nous sommes d’accord sur « Deadpool ». Je crois que c’est la dernière fois que j’ai bien failli partir avant la fin de la séance. Je n’ai pas compris l’adhésion à ce film débile, prétentieux (voire puant) et pas drôle une seule seconde. Pire, un film désagréable et faussement transgressif. Bref, lamentable.
        Du coup, ça me fait réévaluer « X-men 3 » 😉

        1. Oh, tu utilises un peu les termes de ma review jamais postées, ce qui me fait dire qu’en fait, je n’étais pas si méchant que ça, juste réaliste 😉
          Je n’ai jamais compris, et encore moins quand on venait me dire « mais non, ça casse les codes des films de super héros, toi qui n’aimes pas d’habitude, tu devrais adorer », alors que non, c’est E-XAC-TE-MENT la même chose, avec des blagues jamais drôles par dessus pour faire croire que c’est novateur. Et surtout, le procédé est au final, à mes yeux, totalement malhonnête. Dans le genre, mieux vaut se revoir l’excellent KICK-ASS (revu la semaine dernière) ou SUPER de James Gunn.

          1. Hyper d’accord avec toi. Procédé malhonnête qui déguise un film de super-héros avec des grossièretés de cœur de récré sans rien changer aux enjeux.
            Mille fois d’accord pour revoir « Super ». Je crois que ce sera mon prochain article du coup !

            1. Du coup, vous m’avez tous les deux motivés, j’ai été fouiner mes vieux articles jamais publiés, pour relire ce que je disais.
              « Deadpool c’est typiquement le genre de films qui m’insupportent, un peu comme Avatar à sa sortie, mais en bien pire. Un film qui avant même sa sortie avait scellé son destin, celui de son succès au box office, celui de ses critiques unanimes et prodigieuses, et de sa déchéance artistique. »
              C’était ma phrase d’introduction….
              « Son humour constant pipi caca ne m’aura pas subjugué tant cela semble forcé au bout d’un moment, comme si le réalisateur me tapait constamment sur l’épaule en me disant « hey hey hey regarde j’ai encore mis un gag » »
              « Parler au spectateur et être conscient de la nature même du film ne rend pas l’ensemble différent, mais plus lourd. »
              « Et euh… j’ai bien aimé le chauffeur de taxi, le seul personnage qui semble normal dans cette bobine sans intérêt, puérile et faussement nouvelle.  »

              Et la conclusion, pour le fun : Deadpool est élu par mes soins comme étant le plus gros pétard mouillé de 2016. Finalement très classique et donc très ennuyeux, en plus de viser un public adolescent.

              1. Je valide complètement cette critique (sauf l’allusion à « Avatar »).
                Film insupportable qui fait passer le Brett Ratner pour une brave tentative.
                J’ai parlé du Fléau, mais je pourrais ajouter le traitement pathétique de Colossus.

              2. Je ne détestes pas Avatar hein, mais on m’avait tellement gavé avec que lorsque je l’ai vu un an après sa sortie, je me suis dis « ben, tout ça pour ça ?  »
                Mais Cameron au moins c’est solide et, à défaut d’être original, narrativement bien construit.

                Pour Ratner, bon je ne l’apprécies guère, tu avais lu je crois mon avis sur son DRAGON ROUGE, et je ne compte jamais reposer mes yeux sur RUSH HOUR, mais dans le cas d’X-MEN, surtout en ayant lu que le producteur sur les premiers opus était toujours en conflit avec l’équipe, je pense que tout n’est pas de sa faute. Il a sa responsabilité, vu qu’il a la « paternité » du film, mais il est loin d’être le seul fautif.
                Par contre je remarque que quand Ratner ne fait que produire, ça met souvent tout le monde d’accord mais on oublie juste que c’est lui qui produit. THE REVENANT, STRICTLY CRIMINAL, MOTHER’S DAY (le seul film potable du réal d’ailleurs là), LA PEUR AU VENTRE. Pas toujours des grands films, mais souvent des films assez solides.

              3. Effectivement, beau palmarès en tant que producteur. J’ai dit du bien de « The Revenant » et je continue à défendre le film pour son remarquable aspect technique et la qualité de l’interprétation.
                Pas vu les autres.

              4. Il faut que je revois le film avant d’aller lire ça. Pas revu depuis sa sortie, où j’avais beaucoup aimé, et je l’admets, un peu peur d’être déçu en le revoyant. Mais comme toi, j’ai défendu le film à sa sortie, je m’étais pris une belle claque.
                STRICTLY CRIMINAL, vu aussi à sa sortie, film de Scott Cooper. Sans doute moins personnel que ses autres, mais j’avais aimé. Et pareil, bon casting jusqu’aux seconds rôles avec la trop méconnue Juno Temple.
                MOTHER’S DAY est surprenant, car je n’attendais rien (film de Darren Lynn Bousman donc forcément), et il a sans doute signé son meilleur et seul bon film. Bonne tension, et avec le recul, je remarque que Frank Grillo que je connaissais à peine voir pas du tout à l’époque jouait dedans, et j’adore Grillo ^^
                LA PEUR AU VENTRE, polar avec le défunt Paul Walker. À l’époque, les effets de styles de la mise en scène m’avaient un peu gavés sur la durée, mais tout le monde dit du bien du film, du coup j’ai toujours dit que je lui donnerais une seconde chance.

              5. Je déraille complètement : j’ai vu « la peur au ventre »! Thriller assez haletant qui m’avait bien emmené quand je l’ai vu. Je l’ai même en DVD. Ça peut être l’occasion de me le refaire tiens.

    2. Aaaaah le Juggernaut !!! Ça m’avait traumatisé aussi à l’époque ! Le reste du film je l’ai globalement oublié, mais j’ai prévu de me refaire toute la série dans un futur proche (je n’ai vu aucun des films récents je crois).

      1. Juggernaut aka le Fléau par chez nous. Masse indestructible qu’on apprendra plus tard être le frère de Charles Xavier. Rien à voir avec le pignouf de ce film.

  2. Certains films vieillissent mal. Peut-on considérer que c’est le cas pour cet opus ?
    De mon côté je me suis auto-challengé, ce vendredi, je débute le visionnage de tous les métrages de la franchise « Friday the 13th », au rythme d’un film par semaine. Ça va m’occuper un petit moment !

    1. En ce qui concerne certains effets en tout cas, oui. Comme tout le film de la première moitié des années 2000 qui se focalise beaucoup trop dessus. Ils ne sont pas honteux, mais manquent de naturel, et trahissent l’âge du métrage. Mais c’est loin d’être le plus gros souci du film au final.
      Oooooh ! Tu n’en as jamais vu un seul ? Je te souhaite bien du courage, justement, car le tout premier opus a sacrément vieillis je trouve. Et que certains opus ne sont vraiment, vraiment pas terribles. Et beaucoup se ressemblent, donc les espacer d’une semaine est une excellente idée aussi. Ado, j’avais acheté à Virgin Megastore (souvenirs….) un coffret VHS des opus 2 à 8, et j’avais tout vu en un weekend. Sur la fin, j’en avais marre et confondais tous les films.

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