SCREAM de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (2022)

SCREAM

Titre Original : Scream
2022 – Etats Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h54
Réalisation : Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Musique : Brian Tyler
Scénario : James Vanderbilt et Guy Busick

Avec Neve Campbell, Courtney Cox, David Arquette, Melissa Barreran Jack Quaid, Mikey Madison, Jenna Ortega, Dylan Minnette et Jasmin Savoy Brown

Synopsis : Vingt-cinq ans après que la paisible ville de Woodsboro a été frappée par une série de meurtres violents, un nouveau tueur revêt le masque de Ghostface et prend pour cible un groupe d’adolescents. Il est déterminé à faire ressurgir les sombres secrets du passé.

Arrivé en 2022, ce n’est un secret pour plus personne. Dès que ça rapporte un peu d’argent et que ça a une certaine aura auprès des fans, on ne peut pas tuer une saga. Tous les ans, on a droit au grand retour d’une saga, une suite, une préquelle, un reboot, qu’importe. Evidemment, le cinéma horrifique n’est aucunement épargné, puisque généralement, faire un film d’horreur, ça coûte moins cher, donc ça peut rapporter gros comparé à la mise initiale. Le cas Scream était un peu à part, car il faut bien avouer qu’une saga, surtout lorsqu’elle lorgne vers le slasher, qui garde le même trio de personnages principaux durant tous les opus, ce n’est jamais arrivé. Encore moins lorsque le scénariste est le même (sauf sur le troisième opus certes), que le réalisateur est le même, et qu’après tout, même le compositeur et le directeur de la photo sont les mêmes. Wes Craven, Kevin Williamson, Marco Beltrami et Peter Deming, ils sont là depuis le premier opus. Et après un Scream 4 souvent salué par les fans (plot twist, je n’aime pas, mais ce n’est pas le pire), l’horreur avait rejoint le monde réel en 2015 avec le décès de Wes Craven. Envisager une suite sans le réalisateur derrière paraissait compliqué tant il est indissociable de l’œuvre, même si entre temps, une série TV a fait son apparition. Mais au final, depuis 2015, ça aussi c’est dans l’ère du temps, continuer l’héritage d’œuvres cultes et de réalisateurs cultes. On l’a vu avec Star Wars en 2015, puis avec Halloween en 2018. Des suites tardives, effaçant parfois d’anciens opus, et sans cesse bloqués entre deux éléments. Celui de livrer une continuité narrative à des situations et personnages existants tout en introduisant de nouveaux personnages, et celui de se rapprocher le plus possible de l’original, de ce que les fans aiment tant. La nouvelle trilogie Star Wars était un ratage, Halloween était bancal et l’est encore plus devenu avec sa suite en 2021, et bien c’est sans surprises que Scream 5, qui oublie d’ailleurs son 5 en cours de route pour ne pas faire peur aux nouveaux spectateurs, est une catastrophe.

Nouveaux réalisateurs, déjà responsables du pas extraordinaire Ready or Not (renommé Wedding Nightmare par chez nous), nouveaux scénaristes, nouveau compositeur, et même nouveau directeur de la photo, on fait revenir le trio de base devant la caméra, on ajoute de nouveaux personnages, on fait revenir des anciens pour des petits caméos, que ce soit de courtes scènes, ou un petit hommage vocal ou autre, et nous voici devant un film dont le premier souci est, à l’image du septième épisode de Star Wars, d’avoir trop peur de s’éloigner de ce que les fans aiment par-dessus tout, et donc, le tout premier opus de la saga. Dès la scène d’ouverture donc, on copie allégrement le premier film. Certains dirons que c’est de l’hommage, et que la saga Scream a toujours tenté de livrer une scène d’ouverture marquante qui ramène toujours immanquablement à ce que le premier film avait créé. C’est vrai. Mais quand la seule bonne idée de cette ouverture (la victime ne meurt pas) est révélée au téléphone dans la scène suivante plutôt qu’à la fin de la dite scène, qui aurait alors véritablement surpris, c’est dommage. Malheureusement, le reste du film est du même acabit, voir ça devient de pire en pire, avec le rajout de quelques défauts en cours de route. Evidemment, faire revenir Neve Campbell, Courtney Cox et David Arquette était une obligation pour le fan service et pour la logique de la saga. Mais quand l’irruption de ces personnages vient bouffer tellement de temps à l’écran que le reste des personnages ne deviennent que ces victimes anonymes et vides que l’on voit dans tous les slashers, juste bons à mourir, il y a un hic. Surtout quand celle devant être la nouvelle héroïne a un lien tout ce qui est artificiel avec l’intrigue et l’ADN de la saga, Un peu comme si les deux scénaristes ne savaient pas comment justifier l’arrivée d’un nouveau groupe de personnages, et avaient donc tout simplement revus les premiers films, et s’étaient alors écrié « eurêka, il faut un lien familial, c’est ça depuis le premier ».

Ridicule, surtout que du coup, même les anciens revenant pour ce film semblent ne faire que de la figuration. Du coup en plus d’être le plus souvent risible, le scénario n’ose jamais surprendre et s’éloigner de la source. Des personnages jamais développés, des anciens qui sont encore là et on se demande bien pourquoi tant Dewey passe encore son temps à tirer à côté et donc ne sert à rien, Courtney Cox c’est un peu pareil mais avec de la chirurgie en plus, et Neve Campbell doit comme toujours être la final girl, et pire, l’identité du tueur est prévisible à des kilomètres tant ce cinquième film préfère reprendre une formule plutôt que de créer quelque chose qui a du sens et soit développé. Alors oui, les règles sont respectées, mais pfiou, rien n’innove, rien qui ne soit palpitant, rien qui ne soit pas prévisible. Quand à ceux s’écriant « wow c’est gore »,, je vais finir par croire que le monde entier a soit été éduqué par des mormons qui découvrent la violence dans les slashers avec ce cinquième opus, soit qu’ils ont la mémoire courte car Scream 4 n’avait comme seul intérêt que sa violence bien plus sanglante que les précédents. Ce Scream 5, il est violent, mais gore, non. Suivant les nouveaux standards des slashers depuis quelques années, il est même sage. Que reste-t-il donc ? Techniquement, c’est lisse oui mais c’est propre. Et malgré un résultat final catastrophique, il faut reconnaître que l’intention des réalisateurs et de l’équipe semble sincère. On aura même droit à pas mal de caméos, souvent vocaux, d’anciens acteurs de la franchise qui viennent rendre un hommage à Wes Craven. Sincère oui, mais pas bon. La preuve qu’avec de la sincérité, on ne refait pas le monde. Le plus grand mystère reste le plutôt bon accueil réservé au film.

Les plus

Techniquement propre
Une poignée de scènes sympas

Les moins

Des moments ridicules
Beaucoup trop copié sur le premier film
Aucune réelle surprise dans le déroulement (ou révélations)
Sanglant oui mais pas gore
Juste un slasher inutile de plus

En bref : Scream 5 mais sans le 5, ça veut être une suite, un hommage à la saga et à Wes Craven, ça fait revenir les acteurs car la nostalgie ça marche, mais justement, non, ça ne marche pas. On a là un slasher hyper classique tout ce qu’il y a de prévisible, et qui n’a même pas peur du ridicule.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Technically, it’s a clean job…
♥ A few scenes worked
⊗ Some moments are just ridiculous
⊗ Way too similar to the first film
⊗ Not a single surprise during the entire film
⊗ Bloody yes, but not gory
⊗ Just another useless slasher flick
Scream 5, but without the number, it wants to be a sequel, it wants to be a tribute to Wes Craven, it brings the actors back again because nostalgia works with the audience, but just, no, it doesn’t work at all. It’s just a boring and typical slasher, predictable and ridiculous most of the time.

2 réflexions sur « SCREAM de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (2022) »

  1. Un film qui m’a donné mal à la tête avec une intrigue compliquée qui repose sur du vide. Le récit fait état d’une série de film, nommée « Stab », inspirée par les événements qui se sont déroulés depuis vingt années dans la petite ville de Woodsboro. Les fans sont frustrés du traitement qui est réservé aux antagonistes du cette saga. N’importe quoi. Pour valider le film, on fait revenir les anciennes « stars » pour les confronter aux nouveaux venus. Mais cela ne relève clairement pas le niveau… Mais, comme je le soulignais dans ma critique de ce « Scream » (2022), j’attends désormais le retour de Freddy ! (LOL).

    1. Ah mais tu as écris dessus, je file lire ça de ce pas (alors que j’étais sur ton site il y a quelques jours pour voir si on pensait pareil sur le Coréen DERAILED que j’ai vu).

      Ceci dit, pour Freddy, c’est étrange que ça prenne tant de temps, je veux dire, avec la mort de Craven en 2015 (RIP, je ne suis pas fan mais quand même), normalement les studios auraient du se jeter dessus en mode « l’hommage ultime blablabla ». Ce qui me fait penser que je dois finir l’intégrale Freddy avec les 2 derniers opus (meeeeeh) plus le remake (meeeeeeeh).

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