FATAL VACATION (安樂戰場) de Eric Tsang (1990)

FATAL VACATION

Titre Original : 安樂戰場
1990 – Hong Kong
Genre : Guerre
Durée : 1h37
Réalisation : Eric Tsang
Musique : Violet Lam
Scénario : Nam Yin

Avec Eric Tsang, Irene Wan, Tang Pik-Wan, Victor Wong, Tommy Wong, Joan Tong, Cecilia Yiu, Yu Sin-Man et Nam Yin

Synopsis : Un groupe de touristes de Hong-Kong en vacances aux Philippines se fait capturer par une milice locale qui, en échange de leur liberté, va demander la libération du frère de leur leader, emprisonné depuis peu. La descente aux enfers peut commencer…

Bobine plutôt réputée ou du moins ayant très bonne réputation, je n’avais pourtant jamais entendu parler de Fatal Vacation. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir un casting de têtes connues, un réalisateur tout aussi connu, et d’avoir une intrigue qui navigue dans des eaux qui n’est pas sans rappeler un certain Une Balle dans la Tête de John Woo, soit mon John Woo préféré. Mais le hasard fait bien les choses, puisque du coup, Fatal Vacation a eu droit fin 2020 a une magnifique restauration et sortie Blu-Ray (non pas en France ne cherchez pas), ce qui me permet enfin de découvrir le film, sans rien savoir sur lui en plus, ce qui rend le visionnage d’autant plus surprenant. Car fidèle à la magie du cinéma Asiatique qui aime bien plus que le cinéma traditionnel Américain (ou Français) mélanger les genres, Fatal Vacation est en fait un film qui pourrait être découpé en trois parties. Une première partie dite classique, qui fera sans doute lever un sourcil à ceux qui n’aiment pas spécialement la légèreté de certaines bobines made in HK, déjà. Qui, si elle n’est pas la meilleure partie, loin de là, trouve sa justification dans le récit de par le décalage que cela créé avec la seconde partie, où des touristes Hongkongais que l’on apprenait donc à connaître de manière légère se font kidnapper par une milice lors d’un voyage aux Philippines. Et là, le film prend clairement un tournant beaucoup plus sombre, dramatique, voir des fois, extrêmement violent, à base de tortures physiques et mentales, de viols, d’exécutions sommaires. Une deuxième partie qui surprend, dans le bon sens du terme, et qui surprend encore plus lorsque l’on jette, incrédule, un œil au nom du réalisateur.

Oui, Eric Tsang, encore connu en 1990 pour être le petit gros rigolo dans les Lucky Stars (Le Flic de Hong Kong) ou tout un tas d’autres comédies HK, ou, pour rester niveau réalisations, pour être le réalisateur des deux premiers Aces Go Places (Mad Mission). Le voir s’aventurer, autant en tant que réalisateur qu’en tant que comédien (il joue le guide touristique), dans des horizons qui ne lui sont pas familiers est clairement bénéfique au métrage. Lors de la première partie, on a presque l’impression de voir une de ses bobines habituelles, mais tournée aux Philippines, avant le fameux tournant. Du coup, clairement, cette première partie, elle est trop longue (un bon 25 voir 30 minutes), elle pourra en agacer certains même au final, mais c’est sans doute elle aussi qui rend le choc de la seconde partie plus grande. Et forcément, sur la fin, le film change de bord, de manière pas toujours subtile il est vrai, pour émuler clairement du Rambo 2, voir du Chuck Norris, véridique. Après tout, ce tournant vers le final, je l’ai senti venir. Pourquoi ? Simple, puisqu’Eric Tsang et son scénariste, Nam Yin (scénariste d’un paquet de Ringo Lam, de Prison on Fire à Full Contact, en passant par School on Fire, Wild Search, Touch and Go, donc pas un manchot), vont carrément piquer une réplique de Rambo 3, la fameuse réplique nanar culte du film que je ne me permettrais pas de citer, puisque si vous la connaissez, vous avez déjà un sourire aux lèvres ! Rambo 3 était sorti deux ans plus tôt, et voilà le travail. Mais mine de rien, et ben, c’est bête, mais dans le cas de Fatal Vacation, même si c’est parfois maladroit, et bien ça fonctionne. Un peu comme cette première partie, trop longue, mais qui passe et se justifie en arrivant dans la seconde partie. Et bien c’est la même chose pour ce fameux dialogue, qui fait sourire le cinéphile qui le connaît, mais qui est pardonné l’instant d’après, puisque Hong Kong si connaît un minimum niveau action.

C’est simple, sur la fin, ça ne s’arrête pas, ça mitraille de tous les côtés, ça explose, ça tue par paquet de 15, le casting se réduit à vue d’œil car personne n’est à l’abris, et bordel, en fait, ça fait un bien fou. Même si c’est clairement too much (des touristes qui bâtent des militaires entrainés), la proposition du film reste fidèle à sa ligne directrice. C’est sombre, et personne n’est épargné. Du coup, malgré ses défauts bien présents, excellent film ? Oui, et d’ailleurs au final, le plus gros défaut du film pour moi, il arrive tardivement, et est dû non pas au métrage, mais à un effet totalement foiré, sans doute invisible à l’époque des VHS sur nos petites télévisions 35cm, mais maintenant oh combien visible sur une magnifique copie 1080p et un grand écran plat. On me dira que je chipote sur un effet, qu’il y a pire ailleurs, parfois même dans des plus grosses productions. Et c’est vrai, mais le souci, c’est que quand l’effet raté concerne une scène choc qui est censé faire de l’effet au spectateur, et que l’effet tombe un peu à plat malgré ses intentions, c’est dommage là. Malgré tout, oui, je chipote sans doute, car Eric Tsang a soigné l’enrobage, le film est prenant d’un bout à l’autre, viscéral parfois même, et le casting est excellent, entre un Eric Tsang qui montre un jeu plus varié, Irene Wan qui ne passe pas par une fenêtre comme dans Tiger Cage, Tommy Wong que j’ai toujours plaisir à voir, et même Victor Wong, acteur que j’adore et finalement très rare à Hong Kong, mais que tout le monde connaît pour Les Aventures de Jack Burton et Prince des Ténèbres (et aussi Tremors). Bref, une belle découverte.

Les plus

Un film qui surprend souvent
Un excellent casting
Violent, froid, viscéral
On est servis niveau action

Les moins

C’est vrai, la première partie pourrait être écourtée
Un effet raté sur la fin, dommage

En bref : Entre le film de guerre, le film d’action, et le film plus froid et psychologique, Fatal Vacation est une excellente surprise, qui se révèle dés qu’il passe la seconde vitesse, après un début trompeur volontairement. Bonne pioche !

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A surprising movie
♥ Excellent cast
♥ Violent, cold, visceral
♥ A lot of action scenes
⊗ Yeah the first part is maybe a bit too long
⊗ One practical effect is badly made near the end, too bad
Part war film, part action film, Fatal Vacation is also violent, cold and psychological, it’s an excellent surprise after the first part. Good pick.

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