JURASSIC WORLD : LE MONDE D’APRES (Jurassic World Dominion) de Collin Trevorrow (2022)

JURASSIC WORLD : LE MONDE D’APRES

Titre Original : Jurassic World Dominion
2022 – Etats Unis
Genre : Aventures
Durée : 2h27
Réalisation : Collin Trevorrow
Musique : Michael Giacchino
Scénario : Collin Trevorrow et Emily Carmichael

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Laura Dern, Sam Neill, Jeff Goldblum, DeWanda Wise, Mamoudou Athie, Isabelle Sermon, Campbelle Scott et Omar Sy

Synopsis : Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l’humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l’espèce humaine maintenant qu’elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l’histoire ait jamais connues.

Une chose est sûre et certaine, Hollywood fonce droit dans le mur. Pire que jamais. A une époque où Disney commence bien malheureusement à avoir le monopole sur le monde du cinéma, pouvant boycotter certains pays si on ne les écoute pas (la France est ses délais avant la disponibilité des films après le passage au cinéma), il serait temps que les quelques grands studios restant se bougent pour riposter. Alors oui, le verdict ainsi que la critique est facile, car pour riposter, il faut malgré tout amener les gens dans les salles, et si Disney le fait avec des hommes en collants et de la nostalgie, les autres tentent de faire pareil, Warner et son DC universe, et dans le cas de Jurassic World, Universal et la nostalgie. Seulement la nostalgie ne doit pas devenir une fin en soit, ce qu’elle est malheureusement devenue. La nostalgie attire les gens en salles, donc pourquoi en plus se casser la tête de faire un bon film ? Je me souviens, en 1993, j’avais pu découvrir le premier Jurassic Park de tonton Spielberg en salle. Une salle blindée, qui m’avait forcé à m’installer au troisième rang, et la fameuse scène du T-Rex qui m’avait traumatisé (j’étais jeune !). Même Le Monde Perdu en 1997 et Jurassic Park 3 en 2001, je les avais appréciés et découvert en salles. Et dans le cas des deux premiers donc, c’était réalisé par Spielberg, réalisateur issu du nouvel Hollywood, au même titre que Scorsese, Lucas, De Palma et tant d’autres, des auteurs qui, finalement auront façonnés une nouvelle façon de faire, et relevé Hollywood, qui allait mal juste avant. Malheureusement, la génération de cinéastes qui aura suivi n’aura aucunement eu le même impact, ce sont les financiers et autres exécutifs qui dictent les règles, et le réalisateur n’est là que pour obéir aux studios. Evidemment, il y a des exceptions, et heureusement, et parmi la génération actuelle, on mettra de côté Christopher Nolan et Denis Villeneuve. Mais avec des films comme Jurassic World Dominion, on fonce droit dans le mur. Le positif de tout ça ? Un nouvel Hollywood va sans doute devoir pointer le bout de son nez si le cinéma dit « blockbuster » veut s’en sortir. Car après avoir enfin achevé cette nouvelle trilogie, on ne peut que faire un constant, Jurassic World, c’est comme Star Wars. Un premier nouvel opus trop proche des originaux qui a peur de s’éloigner, un second qui tente des choses visuellement mais qui se crashe scénaristiquement, et un dernier qui voit le retour du coupable du premier, pour un résultat catastrophique.

Il serait temps d’en parler d’ailleurs, de ce Dominion, cet ultime opus de la saga Jurassic Park, et dernier opus de la triste trilogie Jurassic World, initiée en 2015 par Collin Trevorrow, qui quitta le navire le temps du second métrage, non sans avoir signé avant le scénario catastrophique. Et pour cet ultime opus, qu’est-ce qu’il nous livre donc ? Du fan service, de la nostalgie, les personnages de la trilogie originale qui reviennent avec Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum, mais aussi, attention… un personnage totalement secondaire qui revient juste pour faire office de bad guy. Mais ce n’est pas tout, car Omar Sy revient également, le tout dans un scénario inepte écrit on ne sait pas trop comment tant rien ne va, entre des moments inutilement chiants, des personnages trahis qui n’ont plus grand-chose à voir avec ce qu’ils étaient, des lignes de dialogues et des plans copiant les films originaux pour dire « hey, tu as aimé ça il y a 30 ans, regarde, on fait pareil », et des dinosaures. Beaucoup de dinosaures. Tout le temps ! Alors oui, il est difficile en 2022, à une époque où les CGI permettent tout (et surtout n’importe quoi) d’être surpris par quelque chose, d’être surpris par des dinosaures. Mais aller dans la surenchère risible était-elle la bonne solution ? Oui, c’était sans doute compliqué de faire, dans le fond, comme tonton Spielberg, de faire durer l’attente pendant une heure avant que la magie de la première apparition ne fonctionne, j’en suis conscient. Mais en cherchant un peu trop souvent à copier les films originaux, Jurassic World Dominion se tire en plus une balle dans le pied, tant il montre un manque de talent et de sérieux radical séparant Spielberg du nouvel instigateur de cette trilogie. Il suffit de voir comment c’est le montage catastrophique qui permet de sauver les personnages 9 fois sur 10, tant ils auraient en réalité du mourir au bout de quelques minutes de métrage, tant rien ne fonctionne, les scènes ne sont pas pensées comme une succession de plans logiques, mais comme des plans censés impressionner un jeune public. La magie n’est plus, la crédibilité non plus.

Car si le montage est aux fraises, le scénario et les personnages le sont aussi. Ne paniquez pas, les dinosaures, on y viendra. Le scénario donc ? Il n’utilise même pas l’idée du second opus, à savoir, les dinosaures vivent parmi nous. Oui, on en verra deux ou trois dinosaures en liberté, et sinon, ils sont surtout capturés, et ramenés dans un labo, ce qui en gros, se résume à un… parc, encore. Des promesses vaines donc, rien de nouveau sous le soleil. Pour le reste ? Un méchant très méchant que l’on oubliera d’ici 2h27 (en gros, après la projection), et surtout, il serait temps d’en parler, mais les personnages. Entre Laura Dern qui retourne sur le terrain car il faut qu’elle soit là, Jeff Goldblum qui passe de scientifique sur la théorie du chaos à espion infiltré, ou Omar Sy qui revient le temps de deux scènes inutiles, et qui passe de dresseur de dinosaures à agent armé et dangereux. Si seulement dans la vraie vie, on pouvait changer de boulot à ce point-là, demain j’aimerais être cosmonaute pour ma part. Oui, le film n’a pas compris les personnages, et ne sait surtout pas quoi en faire, donc on a le plus souvent l’impression que les deux scénaristes avaient une liste de personnages à mettre absolument dans le métrage pour le fan service, et une liste de fonction pour faire avancer le scénario, et que chacun s’est vu attribué une fonction un peu au pif. Bon bon, alors, on pourra bien dire que durant un court instant, voir à l’écran dans le même plan les trois vedettes du premier Jurassic Park procure un brin de nostalgie. Mais dés que le scénario leur fait faire quelque chose, cette nostalgie est dés lors brisée. Une fête de courte durée. Et les dinosaures donc ? Très présent dans le film, non-stop même parfois, ils n’émerveillent jamais. C’est plutôt l’opposé en fait, on est très rapidement blasé, jamais surpris, jamais ébahis par ces amas de CGI qui se battent dans des plans montés n’importe comment.

Le choix du tout CGI parfois ne fonctionne pas, et en plus, oui, il y a ces scènes là uniquement pour nous rappeler comment c’était mieux avant. Un tyrannosaure qui se retrouve face à un autre prédateur. Oui, mais sans le côté surprenant de Jurassic Parc 3. Le retour d’un fameux dinosaure que l’on n’avait pas revu depuis le tout premier métrage ? Oui, mais aucune montée de tension, aucune appréhension d’un possible danger, juste là histoire de cocher la case « hey on ne l’a pas oublié lui ». Une fuite en voiture suivie d’une scène de tension en bord de falaise ? Oui, mais sans la tension de la scène du Monde Perdu, scène qui était d’ailleurs la plus réussie du métrage, et qui fonctionne encore aujourd’hui. Se cacher derrière une jeep renversée pour échapper à un dangereux carnivore ? Déjà vu dans le tout premier, mais dans une scène annonçant le début de le menace chez Spielberg, et non pas au bout de quasi deux heures de film ici. Jeff Goldblum faisant diversion en agitant un bout de bois en feu ? Ça fonctionnait mieux dans l’original, introduisant les personnages et donc rendant la menace crédible, puisqu’il pouvait y passer. En 2022, on sait d’avance que seuls les méchants seront punis. Bon, vu le méchant que l’on voit gesticuler comme un débile pour montrer qu’il est énervé, encore heureux qu’il sera puni, mais bon ! Au final, on ne sauvera du désastre que la scène d’action à Malte, totalement débile et improbable, mais qui au moins, réveille, car le reste, c’est l’ennui. Comme dirait Goldblum dans le film : « Jurassic World ? Not a fan”. Tu n’es pas le seul ! Ah, et un mot sur les nouveaux personnages de cette trilogie ? Comme on leur dit au milieu du film pour s’infiltrer : « soyez transparents ». Pas de soucis, vu qu’ils ne sont pas écrits !

Les plus

En soit le casting n’est pas mauvais…
La scène à Malte, nulle mais amusante

Les moins

…Dommage qu’on leur fasse jouer de la merde
Ennuyeux la plupart du temps
Jamais rien de magique
Le fan service pour le fan service
Scénario catastrophique
Le montage, aux fraises

En bref : Il serait temps, au choix, de laisser les dinosaures se reposer en paix, ou de confier les futurs films à quelqu’un qui comprenne la saga, ce qu’elle raconte, et qui soit compétent sans se prendre pour un génie. Car là on a touché le fond.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Well, the cast is not bad actually, I mean, good actors…
♥ The action scene in Malt, bad but amusing
⊗ …Too bad they only ask the actors to do bad things
⊗ Boring most of the time
⊗ Nothing is magical, nothing is interesting
⊗ So much fan service, again, as always
⊗ The screenplay is awful
⊗ Well, the editing is awful too
I guess it’s time for Universal to leave dinosaurs alone, or to give the future films to someone who understand what Jurassic Park is, what it’s trying to say, someone competent and who doesn’t think he’s a genius. Because here…

7 réflexions sur « JURASSIC WORLD : LE MONDE D’APRES (Jurassic World Dominion) de Collin Trevorrow (2022) »

    1. Oui. Pas le pire film de l’année en terme de cinéma et de suite (SCREAM est passé par là), mais si je devais faire un classement 2022, il serait clairement dans les derniers…

  1. Pas vu ce film mais les précédents ne valaient pas grand-chose déjà. Mais je te rejoins : Disney et ceux qui veulent faire pareil que cet ogre wokiste dénué de tout scrupule sont en train de tuer le concept de blockbuster. Nolan, Miller et Villeneuve n’en sont que plus méritants.

    1. Tu fais très bien de citer Miller que j’ai honteusement oublié dans mon article, faut dire qu’il tourne malgré tout beaucoup moins que Nolan et Villeneuve, mais ses films n’en sont pas moins impactant.
      Quand à JURASSIC WORLD 3, bon j’ai tout dis, inutile je pense de revenir des heures dessus, c’est pas bon, et toute ma sympathie pour le casting original ne suffit pas, quand les rares moments sympas qui réveillent font office de scènes un peu nanardes. Ce qui est sûr c’est qu’un tel résultat pour un film si couteux et venant d’une licence au départ si prestigieuse fait peur pour l’avenir, même si je me connais, con que je suis, je verrais les nouveaux PREDATOR, ALIEN et compagnie. Bon le PREY (nouveau Predator) a au moins pour lui d’avoir un réalisateur solide derrière, reste à voir s’il a eu assez de marge de manœuvre pour faire ce qu’il voulait / pouvait.

    2. Il reste quelques garantss du grand divertissement sur grand écran en plus des auteurs prestigieux que tu as cités. Je pense évidemment à notre scientologue préféré qui, avec ses poulains, vient de crever le plafond d’entrées avec un film taillé pour le grand écran, et exclusivement diffusé en salle.

      1. Tu as parfaitement raison, et heureusement qu’il y en a d’autres ! Mais vu le temps qu’il faut techniquement pour faire un gros film, et encore plus quand il doit être solide (donc pas quasi intégralement tourné sur fond vert, fatalement là on gagne du temps, vu que les studios de CGI sont sur les rotules à ce que j’ai lu, avec de plus en plus de projets et de plans par projets, et des délais toujours plus fous), ces artistes, auteurs et acteurs qui délivrent toujours du très bon cinéma de divertissement me semblent malgré tout minoritaires.
        Je viens d’ailleurs de remarquer avec stupeur que la plupart des films US que j’attend pour cette fin de 2022…. sont pour la plupart des suites (triste à dire) et les studios y croient tellement qu’aucun de ceux que j’attend n’a de sortie prévue en salles… Et ça c’est encore plus triste et ça en dit long sur la prise de risque. Ce qui me paraît encore plus fou, car je me souviens très bien du passage des salles au numérique, pour avoir bossé pile à ce moment là dans une salle art et essai, et qu’on nous parlait de coûts de diffusion archi réduits, et donc de possibilités plus larges en terme de choix pour les salles, et de copies pour les distributeurs…
        Désolé du pavé, je disgresse en plus !

        1. Ne le soit pas, c’est super intéressant et cela en dit long sur la santé préoccupante du ciné post-Covid. Je me revoyais hier « le Dernier des Mohicans » de Mann, tourné avec 40 millions à l’époque. J’en suis encore pantois devant la beauté des images, le faste des reconstitutions sans la moindre touche de numérique évidemment. Un tel spectacle, un pareil film est-il encore envisageable aujourd’hui ? C’est triste, mais j’ai bien peur que non.

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