Titre Original : Kombucha
2025 – Etats Unis
Genre : Body horror en entreprise
Durée : 1h33
Réalisation : Jake Myers
Musique : Joe Sepka et Steve Howe
Scénario : Jake Myers et Geoff Bakken
Avec Terrence Carey, Claire McFadden, Paige Bourne, Jesse Kendall, Charin Alvarez, Magadalena Conway et Lili Galluzzo
Synopsis : Une boisson qui altère l’esprit pousse les employés à travailler jusqu’à en mourir.
Après le body horror dans le monde du spectacle (The Substance, Shell), après le body horror dans un couple (Together), après le body horror en milieu scolaire (Grafted), voilà que nous arrive Kombucha et sa promesse de body horror dans le milieu d’entreprise. Oui, on en bouffe du body horror, à tous les râteliers, mais comme chaque film fait sa petite tambouille différemment des autres, on ne va pas se plaindre. Kombucha en tout cas n’est pas le meilleur représentant du genre en 2025, très loin de là, mais pas non plus le pire (Shell était très moyen, bien que parfois amusant dans sa bêtise assumée). Et vu les avis souvent mitigés, en plus d’être totalement inconnu de tous, j’aurais pu totalement passer à côté du métrage, comme quasiment tout le monde en réalité. Heureusement, sa pochette m’a intrigué, et son simple pitch faisant office de note d’intention permettant tout (et n’importe quoi, certes) m’auront intrigué. Verdict, j’ai passé un bon moment devant Kombucha, tout en reconnaissant aisément ses nombreux défauts, comme un côté beaucoup trop lisse, en surface, et un final décevant de par des choix de design, ou de budget. Kombucha nous présente Luke, un jeune homme qui a des rêves, celui d’être un artiste, un musicien. Evidemment, la vie est dure, et son rêve devient source de tensions dans son couple, jusqu’à ce que débarque par hasard la solution miracle, lorsque Luke croise Andy, un ancien ami perdu de vue, qui va le recommander pour travailler dans sa boite, Symbio. Pas de stress là-bas, pas besoin de CV à rallonge ou d’entretiens faux cul, non, juste un peu de détermination, et d’accepter de boire du Kombucha, thé qui semble ravir les employés et les booste dans leur travail. Evidemment qu’il y a anguille sous roche, le spectateur, extérieur aux événements, n’est pas dupe. Luke lui va d’abord croire aux promesses que ses nouveaux collègues lui vendent, aidé par des bonus bien rémunérateurs après seulement quelques jours dans la boite.
Après tout, quand tout semble nous sourire, on ferme plus facilement les yeux sur les événements étranges autour de nous, et ce même si les justifications de la part de nos collègues sont impossibles à croire. On pourrait donc rapidement s’énerver contre Luke, ce personnage trop crédule, mais pourtant, grâce au ton léger du métrage contrairement aux autres de la fournée body horror 2025, on lui pardonne, on regarde tout ça en attendant de voir où le scénario va bien vouloir nous emmener. On est amusé même parfois, malgré un certain manque d’ambitions, ou plutôt, le côté très restreint à l’écran de son univers et de ses enjeux. On a beau parler de thé potentiellement dangereux dans une grande entreprise, qui a en plus de bons moyens financiers, mais à l’écran, nous ne verrons qu’une poignée de personnages, quelques figurants en fond, aucun garde de sécurité, très peu de lieux, très peu d’intérieurs, le monde extérieur se limite à une ou deux rues, et encore plus étrange, et dans le fond plus dérangeant pour la cohérence de l’univers, aucune sécurité au sein de l’entreprise et ses alentours. Si quelque chose tourne mal (et évidemment ce sera le cas), ce seront aux personnages déjà introduits, qu’ils soient bien gradés dans l’entreprise ou non, qui devront gérer tout ça eux-mêmes. Dérangeant pour l’immersion, mais si l’on fait abstraction de ça, on suit Kombucha d’un œil amusé, face à ses situations parfois trop grosses pour être possibles. Surtout que ça a beau être un peu fauché sur certains points, visuellement, le film tient bien la route, les acteurs sont dans le ton voulu par le métrage, et quelques visions d’horreur s’invitent dans le récit, de manière furtives, mais bien visibles. L’ensemble reste relativement soft, comme pour rester sur le ton léger de toute l’entreprise, et pourquoi pas après tout, tous les films n’ont pas besoin de jouer la carte du choc.
Par contre, on lui en voudra plus pour sa conclusion, qui manque d’impact. Tout le dernier acte en fait, il fait beaucoup plus cheap que tout le reste, puisque c’est là évidemment que tout se bouge, que les enjeux grandissent, que l’on comprend comment tout l’univers du métrage fonctionne, et donc que tout doit plonger dans le body horror et conclure l’intrigue. Et c’est une déception, tant à l’écran, ça manque d’ampleur, à base de créature peu crédible et trop statique, d’entreprise désespérément vide avec seulement quatre personnages en tout et pour tout, et un côté toujours aussi soft en réalité. Certes encore une fois, le film pourrait jouer la carte du contenu léger et du second degré, et il est vrai que certaines situations (l’ail) restent amusantes, mais la grande partie du temps, le tout retombe maladroitement, et ce qui était jusque là une petite série B attachante et sans prétention devient un petit spectacle décevant et sans aucune envergure. Pourtant, je n’en veux pas spécialement au long métrage qui malgré ses énormes défauts parvient à se différencier de la concurrence. J’aurais aimé dire que Kombucha se regarde et s’oublie, mais vu l’indifférence totale autour de lui, il semble être déjà dans l’oubli avant même d’avoir été regardé. Et ça c’est quand même dommage.

Les plus
Une proposition body horror plus légère
Par moment amusant
Le concept situé en entreprise
Pas ennuyeux
Les moins
Ça aurait dû parfois aller plus loin
Très soft à tous les niveaux (sexe et horreur)
Souvent un peu cheap
Un final raté
En bref : Kombucha est un petit film de body horror dans le monde des entreprises assez inoffensif, très soft, second degré souvent. Pas désagréable, mais décevant et avec de nombreux défauts.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A lighter body horror’s proposal ♥ Often amusing ♥ The concept, in a big company ♥ Not boring at all |
⊗ It could have gone further ⊗ Very soft in every aspect (sex and horror) ⊗ Often a bit cheap ⊗ A bad finale |
| Kombucha is a small body horror flick in the world of work, big companies, it’s soft, amusing, light in tone. Not bad, but with many flaws. | |


















