KILLING FAITH de Ned Crowley (2025)

KILLING FAITH

Titre Original : Killing Faith
2025 – Etats Unis
Genre : Western
Durée : 1h49
Réalisation : Ned Crowley
Musique : Brooke Blair et Will Blair
Scénario : Ned Crowley

Avec Guy Pearce, DeWanda Wise, Bill Pullman, Raoul Max Trujillo, Jamie Neumann, Jack Alcott, Joanna Cassidy, Emily Ford et Josh McDermitt

Synopsis : Un médecin est chargé d’escorter une mère à travers le désert afin de trouver un remède à la mystérieuse maladie de sa fille. Est-elle malade ou possédée par le démon ?

Il y a des acteurs, même s’ils n’ont pas la force d’amener un large public en salles, ils attirent immédiatement l’œil du cinéphile. Killing Faith, second film écrit et réalisé par Ned Crowley quasiment dix ans après son premier, a ce genre de casting, en mettant face à face Guy Perce (L.A. Confidential, Vorace) et Bill Pullman (Independence Day, Lost Highway), en plus d’avoir à leurs côtés DeWanda Wise et Jack Alcott (découvert récemment dans Dexter New Blood et Dexter Resurrection). Et puis, le western est avec les années devenu un genre tellement discret que les productions ont en général un budget assez bas, ce qui les force à revoir leurs ambitions et à éviter les histoires trop connues, ou du moins dans la manière de les raconter. On avait déjà eu par exemple cette année Tornado, modeste production Anglaise qui mixait le western et le chanbara pour livrer une vengeance minimaliste. Et maintenant donc, on a Killing Faith, où Guy Pearce interprète un docteur qui accepte de traverser le désert pour accompagner une mère et sa fille quelque part, fille qui serait malade, ou pire, puisque tout ce qu’elle touche meurt, tout simplement. Et c’était franchement pas mal du tout, même si très éloigné du genre tel qu’on le connait. Killing Faith est un récit âpre, extrêmement violent, quasiment sans espoir, qui au final, dans sa manière narrative d’avancer, fait plus penser aux 4 de l’Apocalypse de Lucio Fulci qu’à un classique western, forgeant donc ses enjeux et sa narration autour des rencontres que feront nos voyageurs durant leur périple. Des rencontres toujours vouées à se finir mal, dans la douleur. Guy Pearce joue donc le docteur, un brin drogué, qui a arrêté l’alcool et culpabilise depuis la mort de sa fille. Il accepte d’accompagner DeWanda Wise et sa fille dans un périple, et ils seront suivis par Jack Alcott. Et sur leur route, des bandits, des malades, des indiens, des raclures, la mort tout simplement.

Avec peut-être pire au bout du tunnel finalement, puisque la petite fille qu’ils amènent à la ville n’est pas vue du bon œil, vu qu’elle « contamine » tout ce qu’elle touche, tuant humains et animaux. Véritable maladie, possession démoniaque, autre chose ? Qu’importe, puisque sur des terres où l’homme croit ce qu’il veut et tord la réalité en fonction de ses propres croyances, cela ne change pas grand-chose. Et donc oui, dans les faits, Killing Faith semble être un mélange, narrativement parlant, entre le western signé Fulci en 1975 et un western bien plus récent, Bone Tomahawk, pour sa vision sobre et violente du monde. Avec un budget de 7 millions de dollars environ, le réalisateur n’en fait pas des caisses, et tourne le dos donc aux nombreux affrontements, duels et autres fusillades du genre pour livrer autre chose, un récit centré sur les personnages. Heureusement, en plus de très bons acteurs 90% du temps, le film bénéficie d’une écriture plutôt subtile des personnages, et on a immédiatement envie de les suivre. Entre Bender, docteur addict à certaines drogues et hanté par son passé, Sarah l’ancienne esclave qui essaye de prendre soin de sa fille, Edward qui aide Sarah au ranch et qui parle sans arrêt, on a là un trio que l’on prend plaisir à suivre. Si l’on ajoute à ce programme quelques rencontres marquantes en cours de route, comme cette famille malade mais semblant pourtant un peu trop accueillante, cet Indien voulant se faire appeler Shakespeare ou encore une cowgirl un brin vulgaire nommée Whitney, et on a là un beau programme, avec au bout du chemin, Ross, impérial Bill Pullman, homme de foi, et quoi de plus normal vu les thèmes du film et son titre. C’est vraiment du bon boulot, et si je devais pointer du doigt un petit défaut, ce serait Emily Ford, jouant la petite fille qui déclenche tout ce périple, un peu trop mutique pour rendre le tout émouvant. Elle ne fait que regarder les événements se dérouler devant ses yeux, sans jamais montrer la moindre émotion, et si c’est un choix sans doute volontaire, il y avait sûrement mieux à faire du personnage.

Surtout pour une enfant de cet âge-là, en général curieuse, bavarde. Heureusement, si elle est la raison du voyage, elle n’en est pas le cœur, puisque c’est bien les dilemmes moraux des personnages qui l’entourent qui en constituent le cœur, narratif et émotionnel. Si j’y ai vu une ressemblance avec le métrage de Fulci ou celui de Zahler, sa narration faite de diverses rencontres dépeignant un univers morne et violent n’est pas sans rappeler également l’essai dans le genre des frères Coen (quand ils bossaient encore ensemble, et donc, faisaient de bons films) ou même le Dead Man de Jarmusch. Le tout aidé donc par une très belle photographie et de magnifiques décors naturels, et le côté rentre-dedans du métrage, qui n’hésite pas à être violent envers ses personnages, à se débarrasser de certains d’entre eux, et de leur retirer souvent tout espoir. A de rares occasions cependant, oui, le métrage montre les limites de son budget, notamment dans les rares décors intérieurs, ou dans ses très rares coups de feu tirés, mais rien qui ne retire de sa singularité au projet, et à son ambition. Killing Faith est un de ses westerns qui tourne en réalité quasiment le dos à tous les archétypes du genre, et on en a besoin, autant que les vrais westerns (Costner, on attend ton Horizon Partie 2, un jour, peut-être).

Les plus

Bonne tenue visuelle
Les décors naturels
Un casting qui fait plaisir
Un film violent et souvent nihiliste

Les moins

Quelques limites budgétaires
La gamine, pas toujours convaincante

En bref : Killing Faith est un western sur la foi et la violence, qui rappelle Fulci, Bird, Zahler et quelques autres réalisateurs dans ses choix, narratifs et visuels. Quelques défauts, mais une expérience qui mérite le coup d’œil.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Visually impressive
♥ Natural scenery
♥ A delightful cast
♥ A violent and often nihilistic film
⊗ Some budget’s limitations
⊗ The kid, not always convincing
Killing Faith is a western about faith and violence, reminiscent of Fulci, Bird, Zahler, and a few other directors in its narrative and visual choices. It has a few flaws, but it’s an experience worth watching.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *