LE CONTINENT DES HOMMES POISSONS
Titre Original : L’Isola Degli Uomini Pesce
1979 – Italie
Genre : Fantastique
Durée : 1h35
Réalisation : Sergio Martino
Musique : Luciano Michelini
Scénario : Sergio Donati, Cesare Frugoni, Luciano Martino et Sergio Martino
Avec Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Richard Johnson, Beryl Cunningham, Franco Iavarone et Joseph Cotten
Synopsis : Après le naufrage d’un navire qui se dirigeait vers le bagne de Cayenne avec une cargaison de déportés, le lieutenant Claude De Ros a la chance avec quelques-uns d’entre eux de gagner une île mystérieuse. Alors qu’ils recherchent de quoi manger, Claude et deux de ses compagnons tombent entre les mains d’Edmond Rackham. Ce dernier vit dans une villa protégée par des indigènes surveillant la séduisante Amanda. Mais sur cette île, des hommes poissons rôdent…
2016. C’est la date originale de ce texte, qui sera resté 10 années sur un disque dur avant d’être publié. Oui, je n’étais pas pressé. Enfin non, je croule sous les textes à poster en ligne, et du coup, quelques modifications de texte s’imposent, car en 2016, je connaissais peu le cinéma de Sergio Martino, n’ayant en dvd que trois films du bonhomme à l’époque (celui-ci, Le Grand Alligator et La Queue du Scorpion), et Le Continent des Hommes Poissons fut mon premier film vu, et donc mon approche fut étrange. Ne connaissant ni le réalisateur et avec la réputation moyenne du film, j’attendais au choix un nanar, ou un film incompris qui pourrait lorgner vers du Lovecraft. Quelle erreur évidemment. Enfin plus ou moins. Car avec Martino à la barre, évidemment, ça lorgne surtout vers le récit d’aventures, comme il le faisait très souvent ses années-là. De Lovecraft, nous ne trouverons au final que quelques ruines d’une ancienne cité, sous l’eau. Le Continent des Hommes Poissons lorgne plutôt du côté de l’univers de l’île du Docteur Moreau. Plusieurs personnes arrivent en effet sur une île ou un homme est en quelque sorte le chef, et dirige une armée d’hommes poissons. Ici, ceux-ci sont en fait le résultat d’expériences menées par un scientifique voulant faire évoluer l’espèce humaine. La majeure partie du temps donc, le métrage s’axe vers l’aventure et l’exotisme. Le métrage nous propose donc de suivre quatre naufragés, arrivant sur une île qui semble d’abord vide. L’un d’eux sera attaqué furtivement par un homme poisson, avant que les autres ne trouvent refuge chez Edmond Rackham (Richard Johnson), arrivant à cheval avec son fusil, et protégeant la belle Amanda (Barbara Bach). Le métrage pose alors son rythme et nous donne des révélations au compte goûte, pile quand il faut pour ne jamais ennuyer le spectateur.
Oui, car même quand l’argent manque, Martino reste un réalisateur honnête et surtout un honnête artisan, qui sait gérer son rythme et son récit. C’est ainsi qu’il y a 10 ans, même vierge du cinéma de Martino, et bien arrivé au terme de la première demi-heure, plusieurs évidences m’arrivèrent au visage. Le Continent des Hommes Poissons n’était pas un nanar, il était différent, et axait son récit juste là où je ne l’attendais pas, là où son titre ne me laissait pas imaginer qu’il irait. Pas un nanar, même s’il flirte oui plusieurs fois avec le genre. Sergio Martino a réalisé son film avec le plus grand des sérieux et cela s’en ressent, il nous livre d’ailleurs par moment de très beaux plans bien trouvés. Oui, Barbara Bach est très séduisante. Oui, le film joue sur le mystère et le fait plutôt bien, et s’avère la majeure partie du temps plus un film d’aventure, avec indigènes, île perdue et inconnue qu’un film de monstres géants qui vont tuer des humains. Et c’est bien de là que viendra le principal souci du métrage. C’est-à-dire les monstres en eux-mêmes. L’histoire se tient, on a envie de croire en cette expérience visant à changer les hommes pour leur permettre de vivre sous l’eau, seulement dés qu’ils sont à l’écran, ça tombe à l’eau (oui, blague facile !). Les costumes sont d’un kitch, avec leurs grands yeux, et l’aspect acteur en costumes, que le métrage perd alors toute crédibilité. Et c’est dommage, puisque même si au final, les hommes poissons ne sont pas présents tout le long du film, ils sont au centre du récit. Nous serons malgré tout encore loin de ce qu’un Bruno Mattei fera des années plus tard avec un design similaire, sur son fameux Terminator 2, ou plutôt Shocking Dark.
Leurs apparitions viennent alors décrédibiliser un métrage qui pourtant a tout du très sympathique film d’aventures mâtiné d’un peu de fantastique. Heureusement, comme leurs apparitions sont donc rares, vu que les victimes le seront également, on arrive à passer outre ce défaut la majeure partie du temps. Sauf pour le final, où ils passent clairement sur le devant de la scène, puisqu’il faut conclure l’histoire. Le final tente probablement d’en faire beaucoup trop d’ailleurs, entre des dizaines d’hommes poissons à l’écran, une irruption volcanique filmée soit avec des maquettes un peu trop voyantes (mais tout de même bien loin du volcan d’Alien la Créature des Abysses de Margheriti en 1989), soit avec des images d’archives ne fonctionnant pas totalement. Oui, Sergio Martino a vu les choses en grand pour cette année 1979 (il signait également Le Grand Alligator, encore un film exotique avec des indigènes et un gros méchant monstre), peut-être bien trop grand vu son budget, mais son Continent des Hommes Poissons n’est pas le nanar annoncé. Il aurait sans doute même pu être un excellent divertissement, mais au final, reste une agréable série B, lorgnant à plusieurs occasions dangereusement avec le Z.

Les plus
Un film d’aventures sympathique
Une relecture de l’île du Docteur Moreau
Barbara Bach séduisante
Beaucoup de bonnes intentions
Les moins
Un final qui veut en faire trop
Les hommes poissons, juste kitch
En bref : Pas réussi dans tous les domaines, Le Continent des Hommes Poissons possède une intrigue pleine de mystères empruntant à d’autres grands écrits et films, et mixe le tout très bien. Il y a juste au final le look des hommes poissons qui fait tâche !
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A nice adventure film ♥ Kinda like the Island of Dr Moreau ♥ Barbara Bach is seductive ♥ Lots of good intentions |
⊗ The finale tries to do too much ⊗ The fishmen, kitch |
| Island of the Fishmen is not good in every aspect, but it has a nice story full of mysteries, even if taken from other films or books, and it mixes it all pretty nicely. In fact, the only cheap thing here is… the fishmen. | |

















