Titre Original : The Courier
2019 – Angleterre
Genre : Action
Durée : 1h39
Réalisation : Zackary Adler
Musique : James Edward Baker et Tim Despic
Scénario : Zackary Adler, James Edward Baker et Andy Conway
Avec Olga Kurylenko, Gary Oldman, Amit Shah, William Moseley, Alicia Agneson, Greg Orvis, Craig Conway, Dermot Mulroney, Calli Taylor, Lee Charles, Gordon Alexander et Neil Chapelhow
Synopsis : Une coursière interrompt ses livraisons quotidiennes quand elle découvre que son dernier colis contient une bombe à destination d’un témoin d’un meurtre commis par un seigneur du crime. Elle se lance, alors, dans une course contre la montre afin de sauver les cibles d’agents corrompus de la CIA et de mercenaires russes.
En l’espace de quelques années, les films s’appelant The Courier pleuvent, allez comprendre pourquoi. Et à part le métrage de 2020 mettant en avant Benedict Cumberbatch, ils n’ont pas bonne réputation. C’est pourtant sur The Courier, métrage de 2019, que je me suis tourné, avec la promesse d’un petit film d’action sans fioritures et d’un casting plus qu’appréciable, avec Olga Kurylenko en femme forte devant réduire le casting à la force de ses poings, Gary Oldman en vieux mafieux amateur de musique classique et ayant un look à la Snake Plissken, et tout un tas d’agents du gouvernement corrompus et de mercenaires gros bras. Un spectacle primaire sentant donc bon les années 80 et 90, et les DTV de cette époque-là. Petite production Anglaise que l’on imagine pas bien friquée, The Courier est en effet un produit comme à l’époque, au scénario peu développé, qui va directement à l’essentiel et ose utiliser tous les clichés du genre, du méchant très méchant qui aime siroter son thé en écoutant de l’opéra, à l’homme de main qui s’énerve tout seul devant ses écrans de sécurité et ne rentrera en jeu véritablement qu’à la fin, jusqu’à l’homme à protéger faisant presque office de sidekick comique, sans oublier l’héroïne sans nom, inarrêtable, qui est une armée à elle seule, et bien entendu, ancienne militaire qui nous racontera son trauma de l’époque expliquant donc sa situation actuelle. Bon, il est un peu triste de voir Olga Kurylenko être réduite à ce genre de rôles ces dernières années, dans des petites productions fauchées, vu son talent (et sa beauté), mais ça ne veut pas dire que tout soit à jeter, même si en soit, on ne va pas non plus se mentir, The Courier, ce n’était pas terrible.
Pas de la faute d’Olga, investie, souple, pétant la gueule à tout le monde, courant, sautant, se battant, bref, ultra investie. Ni la faute de Gary Oldman, finalement en retrait, passant le plus clair du film dans sa suite en attendant l’élimination d’un témoin, et donc n’ayant au final pas grand-chose à jouer, sinon écouter de la musique, passer quelques coups de téléphone, et passer du temps avec sa fille. Mais plutôt car le film n’évite pas certains défauts malgré sa simplicité évidente. Un film comme le récent Cleaner de Martin Campbell par exemple, pour rester dans l’actionner simple et venant d’Angleterre mettant en avant une femme forte qui est une armée à elle seule, s’en sortait par exemple grâce à une mise en scène simple mais efficace, et des personnages tout aussi simples mais qui se retrouvaient attachants. Dans The Courier, c’est déjà plus compliqué sur ces deux points, les scènes d’action, pourtant nombreuses, et se déroulant en plus dans un environnement clos (un parking), souffrent d’un montage parfois chaotique, beaucoup trop cut, et les personnages ne sont réduits qu’à des archétypes et leurs bribes de caractérisations débarquent bien trop tard, en plus d’être clichées. C’est dommage, car malgré tout, sans trop faire la fine bouche, The Courier se regarde, et compense certains de ses gros défauts par sa générosité une fois que les personnages sont enfin enfermés dans un parking, et un côté over the top qui a défaut de pleinement convaincre, pourra amuser, tant certains moments sanglants sont exagérés. Le film ne recule pas devant la violence donc, et ça fait plaisir, avec des coups qui font mal, des blessures au couteau qui saignent bien, et des impacts parfois (corps écrasés) qui en font clairement trop. Ça donne au métrage un côté bien bis.
Et du coup, si l’on parvient à passer outre ces nombreux défauts, et outre également son début peu convaincant et un peu lent à se mettre en place (il faut vraiment attendre le début du huis clos dans le parking), The Courier se regarde comme si l’on venait de louer un petit film d’action bourrin en vidéo club, qui grâce à son casting et leur implication physique, vaut déjà bien plus qu’un énième DTV avec Steven Seagal ou une quelconque autre gloire des années 80. Et à défaut d’être vraiment bien filmé, The Courier a aussi pour lui son environnement que le réalisateur sait plus ou moins utiliser, se servant des différents étages, des véhicules garés, de l’obscurité, parfois même en plongeant le parking sous une lumière rouge après une coupure de courant, et en variant aussi les ennemis face à Olga, entre ceux maniant surtout des armes à feu, les gros bras qui donnent des patates à nous envoyer dans les pommes, jusqu’au gros bras ultime, sniper, et en prime utilisation de drone armé. C’est régressif, mais regardable, et face à cette armée, étonnement, Olga Kurylenko reste crédible, en prenant plein la tronche tout le long, mais montrant néanmoins de la technique et de la souplesse, et parfois une rage, rendant les affrontements plutôt crédibles. Et rien de plus au final, car encore une fois, The Courier a de nombreux défauts, ne marquera pas les esprits, et pour preuve, il est de toute façon passé inaperçu.

Les plus
Olga Kurylenko, une armée à elle seule
Généreux en action
Ça se regarde
Les moins
Un montage parfois horrible
Basique à tous les niveaux
Un peu longuet à démarrer
Avoir Gary Oldman et ne pas lui faire faire grand-chose
En bref : The Courier est un petit DTV d’action qui ne vole pas bien haut. Il se regarde avec son action souvent soutenue (bien que pas toujours bien filmée) et l’implication de son casting, mais rien d’inoubliable ou de marquant.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Olga Kurylenko, a one-girl army ♥ Lots of action ♥ Clearly watchable |
⊗ The editing is sometimes horrible ⊗ Just a basic action flick ⊗ A bit too slow to start ⊗ They have Gary Oldman, but they didn’t know how to use him |
| The Courier is a small straight to video film, and not a perfect one. Watchable with a lot of action (even if not properly filmed) and thanks to the cast, but nothing memorable. | |





















Merci pour ton retour détaillé !
Je n’ai pas encore vu The Courier de Zackary Adler, mais à te lire, je vois très bien le type de série B assumée dont tu parles. Le côté “vidéo-club des années 90” me parle assez, surtout quand le film embrasse le bis et ne recule pas devant la violence.
Dommage en revanche pour le montage trop cut et les archétypes peu développés, surtout avec un casting comme Olga Kurylenko et Gary Oldman, qui mériteraient sans doute un matériau plus solide.
Mais tu donnes quand même envie d’y jeter un œil, ne serait-ce que pour ce huis clos dans le parking et l’énergie physique d’Olga. Pas un grand film visiblement, mais un petit plaisir coupable qui peut faire le job le temps d’une soirée.
Pour ceux de ma génération qui ont grandis avec les vidéoclub, je pense qu’on sera tous cléments. Un film parfait pour un dimanche après midi de pluie comme on dit. Les plus jeunes par contre risquent de ne même pas aller au bout du métrage.
Le plus gros défaut cependant, ça reste bien la présence de Gary Oldman, avoir un si grand acteur et le laisser juste assis pendant tout le film pour dire quelques phrases, c’est du gros gâchis.