DANGER POINT: THE ROAD TO HELL (Danger Point: 地獄への道) de Hasebe Yasuharu (1991)

DANGER POINT: THE ROAD TO HELL

Titre Original : Danger Point: 地獄への道
1991 – Japon
Genre : Policier
Durée : 1h40
Réalisation : Hasebe Yasuharu
Musique :
Scénario : Hasebe Yasuharu et Nakanishi Ryûzô

Avec Aikawa Shô, Fujiki Yû, Fukami Ryusaku, Shishido Jô, Kinomoto Ryô, Murota Hideo, Okada Nana et Ono Miyuki

Synopsis : Les tueurs Ken et Joji entreprennent de tuer un homme nommé Sakai. Il prononce quelques derniers mots intéressants avant d’être abattu, entraînant Ken et Joji sur une piste de mort et de destruction.

Bien qu’étant, sur le papier, uniquement un polar de plus dans le monde du V-Cinema qui commençait à prendre de l’ampleur en 1991, Danger Point a néanmoins quelques atouts pour se différencier de la concurrence. Sa durée, déjà, bien plus grande que d’habitude, où ça oscille entre 1h et 1h20. Ici, 1h40 au compteur, prouvant qu’il y a une certaine ambition. Ensuite, derrière la caméra, l’on trouve un vétéran avec Hasebe Yasuharu, à qui l’on doit par exemple le controversé quatrième opus de la saga La Femme Scorpion, La Mélodie de la Rancune. Et dans le premier rôle, si on ne présente plus Aikawa Shô, apparu dans un nombre considérable de petits films dans les années 90 avant de devenir l’acteur fétiche de Miike par la suite, le film ne met pas que lui en avant, vu qu’il forme un duo de tueurs avec Shishido Jô, connu du grand public pour quelques grands films, comme La Marque du Tueur en 1967, et dont la gigantesque carrière commença au début des années 50. De quoi rendre curieux donc. Une équipe confirmée, une durée plus longue que d’habitude, on en viendrait à se demander si le film a été vraiment conçu pour le marché de la vidéo ou s’il n’aurait pas plutôt été balancé en vidéo par le distributeur pour un retour rapide sur investissement. Comme toujours avec ce genre de films méconnus, sortis uniquement en VHS et inédits hors du Japon (enfin, lorsque ses lignes furent écrites à l’origine, le film ayant depuis eu l’honneur d’une sortie Anglaise en HD), la réponse restera incertaine. En tout cas, dès le départ, on ne va pas mentir, on sent en effet qu’il y a un savoir-faire, dans les cadrages qui ont souvent de la gueule, avec des zooms lents par moment, et un montage habile.

De plus, oui, le casting est un plus non négligeable, tout le monde prenant le film au sérieux, même si on pourra dire au bout du compte que Aikawa Shô ne fait que jouer le tueur classe avec ses lunettes comme il l’a fait tant de fois, beaucoup trop pour pouvoir les compter en réalité. Aikawa donc, c’est Ken, et il travaille avec Joji, mais dès leur contrat servant d’ouverture au film, relativement facile, les embrouilles commencent. Mais on se rend compte malgré tout aussi très rapidement que malgré la bonne tenue du film techniquement, et les bons acteurs, Danger Point était presque un film voué à tomber dans l’oubli. Et les raisons sont nombreuses. Son récit par exemple, il est d’un classicisme extrême, et cela en va de même pour les personnages, qui n’ont que peu de développement, et donc de profondeur. Des archétypes. L’aventure reste plaisante à voir et on suit nos personnages, mais surtout car le tout est professionnel, et que le casting, on l’apprécie. Car pour le reste, le récit est très classique, en nous donnant exactement ce que l’on peut attendre de ce genre d’histoires avec des tueurs.

Et justement, l’autre gros point faible du métrage, contenant pourtant tout ce que le genre doit nous présenter, avec quelques poursuites, des coups bas, des mises à morts bien violentes, et même quelques innocentes jeunes femmes pas si innocentes que ça au final, et bien, c’est que Danger Point manque parfois de peps. Jamais bien désagréable à regarder oui, mais ça manque d’éléments pouvant élever le métrage. On ne dira pas que l’on s’ennuie, mais une ou deux petites scènes d’action en plus auraient clairement dynamisées un récit qui se suit bien mais reste donc bien trop bavard alors qu’il est très classique. En fait il faut attendre véritablement le final pour que ça commence à se bouger, et ce final, il est très bon. Froid, violent, nihiliste. Comme d’habitude quand une grosse somme d’argent est en jeu. Quant à la musique, elle convient parfois parfaitement à l’ambiance, avec parfois des petits tons jazzy qui font plaisir, et parfois, elle s’emballe totalement, comme lors des poursuites à pied, pour un résultat bien en dessous du reste. Même si on ne passe jamais un bon moment, et que la curiosité ne nous a pas joué des tours ce coup-ci, on ne pourra pas non plus conseiller Danger Point a un public aimant le genre, tant il en ressortira probablement déçu, surtout vu le potentiel que l’on peut imaginer derrière le projet. On cherchera forcément à le comparer, et souvent, à de meilleurs films.

Les plus

Aikawa Shô et Shishido Jô
Un polar pas désagréable du tout
Le final bien violent

Les moins

Trop classique, et trop bavard
Ça manque souvent un peu de peps, de péripéties
La musique assez moyenne

En bref : Danger Point est, enfin était une rareté dotée d’un réalisateur vétéran et d’un casting qui plait. Si on retiendra son final qui se lâche et que l’ensemble reste proprement filmé, on reste néanmoins déçu face à un film qui ne surprend pas et se traîne un peu.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Aikawa Shô and Shishido Jô
♥ A nice thriller
♥ Violent finale
⊗ Too predictable, and too talkative
⊗ It lacks action, twists
⊗ The music score is weird
Danger Point was a rare film with a known director and a likeable cast. The finale will be remembered, the film is nice to watch, but we can only be disappointed with a film too slow, too talkative.

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