ABOUT A PLACE IN THE KINKI REGION (近畿地方のある場所について) de Shiraishi Kôji (2025)

ABOUT A PLACE IN THE KINKI REGION

Titre Original : Kinki Chihou No Aru Basho Ni Tsuite / 近畿地方のある場所について
2025 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h43
Réalisation : Shiraishi Kôji
Musique : –
Scénario : Shiraishi Kôji et Oishi Tetsuya d’après Sesuji

Avec Kanno Miho, Akaso Eiki, Shukugawa Atom, Sato Kyo, Rin Nose, Kimura Keisaku, Yamada Atsuki, Kanno Rio et Fukui Yuko

Synopsis : Un rédacteur en chef de magazine disparaît après avoir lu des articles sur l’occultisme. Une amie écrivain indépendant mène l’enquête, rassemble des rumeurs, des légendes urbaines et des histoires de fantômes. La vérité terrifiante sur un certain endroit émerge à travers les informations recueillies.

Shiraishi Kôji est un cas à part et un peu particulier dans la J-horror, qui semble surtout prisonnier de son propre style et des mouvances qu’il n’aura certes pas créé, mais perfectionné. Il suffit de jeter un coup d’œil à l’ensemble de sa filmographie pour s’en rendre compte, entre ses débuts sur des petits films vidéos méconnus (et difficilement trouvables), et des petits films déjà plus remarqués dès 2004 (Ju-Rei qui copiait Ju-On, un sketch de l’anthologie Dark Tales of Japan et le moyen métrage Dead Girl Walking), c’est en 2005 qu’il explose en livrant Noroi, faux documentaire passionnant, parfois flippant, mais surtout une grande réussite dont on parle encore aujourd’hui, et qui a eu les honneurs d’une sortie HD dans un beau coffret chez les Anglais de chez Arrow (coffret contenant pas mal de perles de ces années-là, et un autre Shiraishi avec Carved). 2005 et Noroi, c’est un tournant dans sa carrière, puisqu’à partir de là, il enchaînera les métrages, alternant budgets plus confortables et films plus traditionnels (Carved, Imposibility Defense, Sadako VS Kayako, Hell Girl), séries TV (Welcome to the Occult Forest), films pour le marché de la vidéo (les deux Teke Teke, Ghost Zombie) et surtout, found footage. Tout en se permettant quelques pauses gore et méchantes, comme Grotesque en 2009. Du coup oui, sa filmographie est variée, mais le voir revenir quasiment un film sur deux au found footage, c’est dommage. Il a beau maitriser le genre à la perfection, arrive un moment où l’on tourne forcément en rond. Et dans le cas de son dernier film, About a Place in the Kinki Region, justement, Shiraishi tente presque de retourner à une ambiance façon Noroi, avec cette équipe qui regarde des vidéos, reportages et autres, pour tenter de lier le tout. Le souci, c’est qu’en 2025, après 20 ans à bouffer du Shiraishi et donc, du found footage, ça ne surprend plus du tout.

Qu’importe si les technologies ont évolué et donc, que les bandes regardées par les personnages et partagées avec nous viennent autant de vieilles VHS usées que de smartphones récents. Et pourtant, sur le papier, le film que l’on appellera juste Kinki à partir de maintenant coule de source, et trouve même une certaine logique. Déjà Noroi est après tout un de ses meilleurs métrages, et une œuvre qui aura quoi qu’on en pense forgée son cinéma. Le pilier de sa filmographie en quelque sorte. Mais aussi car en reprendre la formule permet donc logiquement de varier les situations, les lieux, les personnages, mais aussi les points de vue, puisque l’on ne regarde pas une seule bande filmée par une seule personne, mais une multitude de vidéos filmées par une multitude de personnes. C’est donc dans le fond bien plus ambitieux et varié qu’un simple Occult, Shirome, Chô Akunin, Cult A Record of Sweet Murder, Ada 1 et 2, et la liste continue. Ensuite car en nous mettant deux protagonistes qui découvrent les vidéos et donc l’intrigue en même temps que le spectateur, Kinki, et donc Shiraishi par extension, peut également varier le point de vue de sa caméra, et les méthodes de tournage, entre found footage et vrai film, du moins film filmé normalement. Autre bon point, si le grotesque n’est jamais loin, Shiraishi se calme néanmoins et retourne à une intrigue plus sérieuse, avec une simple malédiction, et donc loin du grotesque assumé d’un A Beast in Love et House of Sayuri, deux films que j’apprécie, mais dont le côté grotesque, surtout du second, était presque un peu dommage, vu la qualité et le sérieux du reste. Kinki a en plus pour lui un casting tout ce qu’il y a de plus solide, et un budget confortable ce qui permet à Shiraishi de continuer de maitriser ses techniques, ses apparitions, et ses effets spéciaux. Oui, entre Kinki distribué (et produit ?) par Warner Japon et Welcome to the Occult Forest produit pour la télévision par Kadokawa, le résultat est bien différent. Et histoire de continuer à dire de bonnes choses, oui, Kinki est solide visuellement, et certaines des vidéos que l’on découvrira fonctionnent.

Il faut dire que le tout est bien rodé, filmé sérieusement et sans fausses notes, et que du coup, le mystère (pas si mystérieux) fonctionne et donne envie d’en voir plus, d’en savoir plus. Les premiers instants, ou du moins la première partie du métrage, à défaut de nous terroriser, parvient à installer à climat inquiétant. Seulement, bien que Kinki ne s’écroule pas, le métrage de Shiraishi manque clairement de surprises. Du début à la fin, jamais nous ne serons surpris par les vidéos montrées, par la voie qu’emprunte l’histoire, par les personnages et ce qu’il leur arrive, et même jamais surpris par les twists de son intrigue. Car Shiraishi, aussi bon artisan soit-il, a fait le tour de la question et du genre dans lequel il s’est lui-même enfermé. Pour quelqu’un qui par contre ne connait pas la filmographie de son auteur, nul doute que Kinki sera une expérience bien différente, sans doute surprenante, et qu’il aura les mains moites face à certains moments, qu’ils soient inquiétants ou plus violents. Mais pour quelqu’un qui connait Shiraishi depuis Noroi, ou même avant comme moi (acheté Dark Tales of Japan pour les autres réalisateurs, et Dead Girl Walking avec les autres films de la collection dans un coffret à l’époque), le verdict est différent. Jamais désagréable, bien rodé, plaisant à suivre sur la durée, mais avare en vrais frissons et en surprises. Tout le paradoxe du film, qui évidemment, trouvera son public, car encore une fois, il n’est pas mauvais.

Les plus

Parfois inquiétant
Un casting solide
Un début prometteur et inquiétant
Des moments sanglants qui font plaisir
Ça se suit bien, évidemment

Les moins

Aucune surprise pour le connaisseur
Shiraishi tente de refaire un Noroi en fait
Jamais vraiment effrayant

En bref : About a Place in the Kinki Region est la dernière tentative de Shiraishi en termes de faux documentaire, très proche de Noroi dans sa construction et ses mécaniques. Trop proche. Et après 20 ans de found footage de la part du réalisateur, ça a beau être propre et parfaitement rodé, ça peine à surprendre. Tout en faisant passer un bon moment.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Yes, it can be creepy
♥ A strong cast
♥ At first, creepy, great and promising
♥ Always some bloody moments
♥ A nice watch, of course
⊗ No surprise when you know the director
⊗ Shiraishi tries to do another Noroi in fact
⊗ Never really scary
About a Place in the Kinki Region is the last attempt from Shiraishi as a mockumentary, close to Noroi in its narration and mechanics. Too close. And after 20 years of found footage from him, it’s maybe still clean and perfectly made, but it has no surprises at all. Still a good watch, but nothing more.

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