Titre Original : Shelter
2026 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Action
Durée : 1h47
Réalisation : Ric Roman Waugh
Musique : David Buckley
Scénario : Ward Parry
Avec Jason Statham, Bodhi Rae Breathnach, Michael Shaeffer, Anna Crilly, Bill Nighy, Harriet Walter, Eugenie Caruso, Celine Buckens, Naomi Ackie et Bally Gill
Synopsis : Un reclus vivant sur une île écossaise isolée sauve une jeune fille de la mer, déclenchant une série d’événements périlleux qui aboutissent à une attaque contre sa maison, le contraignant à affronter son passé tumultueux.
Evidemment, on peut rire du tournant de la carrière de Jason Statham, qui depuis Le Transporteur en 2002, ne fait que jouer encore et encore le même rôle, le mec qui cache souvent un passé qui le rend ultra bad-ass, et dont le regard que l’on voit le plus signifie « je vais te péter les rotules », juste avant qu’il ne le fasse. Même quand on le mettait face à des requins avec les deux The Meg (En Eaux Troubles et En Eaux Très Troubles), il jouait exactement pareil. Mais voilà, même s’il est facile de se moquer, ça ne veut pas dire que c’est forcément toujours mauvais, ou moyen. Et c’est alors que je cherchais un divertissement pas prise de tête que je suis tombé sur Shelter, son dernier métrage, et surtout énorme flop au box-office, d’où sa disponibilité déjà en SVOD (non, pas en France, où le film est toujours inédit, mais doit débarquer, directement en VOD, cet été). Un métrage que l’on pourrait facilement renommer Jason Bourne, ou John Wick, tant Statham joue encore et toujours le même genre de rôle, et que l’intrigue emprunte à tout ce qui se fait récemment niveau action. On a donc Statham qui joue un mec vivant seul, parlant peu, évitant tout contact, et qui va prendre sous son aile une jeune adolescente après le décès de son oncle, connaissance de notre tataneur préféré, Mason de son petit nom. Forcément, qui dit homme vivant reclus, avec Statham dans le rôle, on sait très bien ce que ça veut dire. Oui, Mason est un ancien agent, et donc forcément, s’il vit caché et que le gouvernement en a en réalité après lui, on sait avant même que le scénario ne nous le dise que c’est probablement car il a désobéi à un ordre, ou sauvé un innocent. Bon, ici, c’est le sauvetage d’un innocent en désobéissant à un ordre, le combo. Et forcément, l’agence va retrouver sa trace, et une traque va s’enclencher. Et Shelter, si ça ne renouvelle absolument rien, si ses emprunts sont énormes, et bien ça fait clairement le boulot qu’on lui demande.
Si bien que l’échec du film est presque triste en fait, même pas 42 millions au box-office, pour un budget de 50. Car si ça ne renouvelle rien, si ça ne surprend guère, s’il est vrai que la première partie, très banale, met un certain temps avant de démarrer, et bien Shelter reste malgré tout un bon divertissement, plutôt bien rodé, et une fois que ça commence, les scènes d’action s’enchaînent rapidement. A ce niveau, le métrage est au final bien plus généreux que d’autres films récents avec Statham, comme justement ses deux films de requins, ou encore le désastreux Expendables 4. Oui, Statham nous ressort le même regard, oui il ne faut pas le chercher, oui il va devoir protéger une jeune fille tout le long, oui l’agence va lancer à ses trousses un tueur hyper entrainé qui est dans un sens son égal, et donc oui, il y a un peu d’espionnage, là, en fond, avec la sécurité, la surveillance constante de la population par le gouvernent, tout ça. Rien de nouveau, Jason Bourne l’avait fait, et l’avait d’ailleurs mieux fait. Mais voilà, le film de Ric Roman Waugh, très actif dans le genre de la série B bourrine mais que je découvrais ici (rectification, non, j’avais vu il y a longtemps son film avec Dwayne Johnson, quand il tentait encore des rôles un peu différents), fait du plutôt bon boulot derrière la caméra. L’action est lisible bien que parfois assez découpée, Statham semble investi et quelques combats mano à mano sont plutôt sympathiques, chorégraphiquement parlant. Est-ce ce qui différencie le métrage des 140 autres où l’acteur fait exactement la même chose (casser des dents) et joue le même rôle ? Non pas vraiment. Mais le scénario, bien que d’une banalité assez grande, a au moins plutôt bien développé le personnage de sa protégée. Et même si le personnage reste cliché, Bodhi Rae Breathnach reste par contre très convaincante dans son rôle.
Un des gros atouts du film. Ce qui est bien plus dommage, c’est que le métrage a réussi à avoir quelques acteurs et actrices intéressantes pour des seconds rôles, mais qu’il va se limiter à les mettre derrière des écrans et à observer l’action de loin, car il ne faudrait sans doute pas voler la vedette à Statham. On a donc Bill Nighy en grand méchant qui commande tout à distance, et Naomi Ackie, jouant en gros son opposé, mais qui elle aussi, passera son temps derrière des écrans ou alors au téléphone pour tenter de retrouver Mason. Dommage pour un film de cinéma, avec un bon budget, d’utiliser des acteurs de cette pointure comme de vulgaires guests dans un DTV fauché. Oui, c’est hyper dommage. Bon, après, on ne va pas non plus se mentir, évidemment, Statham contre Nighy, ça n’aurait pas inauguré un combat de titans si le face à face aurait été l’intérêt principal du film. Shelter, c’est donc ça, de l’action bien rodée mais sans surprises, un film mettant le duo vedette en avant mais ne sachant pas trop quoi faire des autres, et au final, totalement divertissant, jamais honteux, mais assez oubliable.

Les plus
Statham pète des gueules
Bodhi Rae Breathnach convaincante
Classique, mais divertissant
Finalement, plutôt bien filmé
Les moins
Un Statham comme un autre
Des acteurs sous-exploités
Un patchwork de pas mal d’autres films
En bref : Shelter, le dernier métrage avec Jason Statham, ne renouvellera ni le cinéma d’action, ni la carrière de l’acteur, mais ça reste un divertissement plutôt solide et donc plaisant.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Statham kicks ass ♥ Bodhi Rae Breathnach is convincing ♥ Not original, but entertaining ♥ Not badly filmed |
⊗ But a Statham like any other ⊗ Some actors stay in the background ⊗ A patchwork of various other films |
| Shelter, Statham’s last film, doesn’t bring anything new to the genre, or to the actor’s career, but it remains entertaining and strong. | |




















