Tokyo Psychodemic (2024 – Visual Novel – Playstation 5)

TOKYO PSYCHODEMIC

Sortie : 29 Mai 2024
Genre : Visual Novel
Studio : Gravity Game Arise
Éditeur : Gravity Game Arise
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, Microsoft Windows, Xbox Series X et Series S

Synopsis : 5% des meurtres dans le monde restent non résolus. Réexaminez ces affaires. Coopérez avec vos collègues spécialisés dans des domaines tels que l’obtention de preuves matérielles, et résolvez des affaires à l’aide d’outils analytiques et de vos propres compétences d’investigation.

Développé sous Unity par le petit studio Gravity Game Arise, Tokyo Psychodemic faisait de l’œil à l’amateur de visual novel que je suis. Surtout vu les genres qu’il promettait. Car Tokyo Psychodemic nous propose bel et bien dans les faits une histoire qui va nous faire réfléchir, car il va falloir enquêter. Du coup on pourrait presque dire que dans les faits, ça va un peu au-delà du simple visual novel, puisque le joueur aura des choix, dans la marche à suivre, et va devoir enquêter sur divers cas, et dans les faits aussi, arriver à ses propres conclusions durant les cinq chapitres qui constituent le jeu. Dans les faits oui… Car si je n’ai pas détesté Tokyo Psychodemic, qui a en étant le plus objectif du monde des qualités de toute manière, comme quelques beaux artworks, des musiques sympathiques, quelques enquêtes vraiment intéressantes, il a aussi de très gros défauts, dans d’autres enquêtes moins intéressantes, dans des moments qui s’étirent, et dans finalement une liberté promise absente qui, pire encore, devient handicapante. Ainsi que d’autres petits choix qui viennent vraiment nous faire lever un sourcil. Il suffit après tout de voir la pochette du jeu, quelques trailers, ou même de jouer pour voir un personnage en particulier toujours en avant, personnage le plus développé du jeu d’ailleurs, en évolution, background, si bien qu’on a souvent l’impression de jouer ce personnage. Ce qui ne sera pas le cas, puisque comme souvent, notre personnage, on le joue en vue subjective, et donc on ne le voit pas. Et parfois, on oublierait presque qu’il existe en fait. Mais là n’est qu’un des nombreux défauts du titre, car revenons au commencement. Tokyo Psychodemic a vraiment au départ de très gros atouts dans sa poche. A commencer tout simplement par son synopsis de départ.

Car nous sommes bien là face à un visuel novel, mais qui a des promesses bien particulières, assez originales, et donc, qui font monter les attentes. Déjà, il y a son cadre donc, avec cette intrigue policière qui joue plutôt bien sur l’actualité récente lors de sa sortie, en mettant dans son synopsis le combo de pandémie et de secte. Et si nous avons bien 5 chapitres, et donc dans les grandes largeurs, cinq enquêtes, tout est lié évidemment, et les plaisirs promettent d’être variés. Dans les faits encore, puisque le chapitre final va nous faire revenir en réalité sur toutes les enquêtes précédentes, et que la durée par enquête s’avère plutôt déséquilibrée, avec certaines passionnantes mais ironiquement hyper courtes, et d’autres bien moins intéressantes, ou du moins bien plus frustrantes, et qui vont s’étirer pendant des plombes. Et donc outre son contexte, le jeu a pour lui son système même, qui nous promet de résoudre nous même nos enquêtes, en épluchant des documents, des notes, des interviews, en regardant des vidéos, en analysant des images, des sons. Bref, en se prenant pour un réel enquêteur, et ça il faut avouer que sur le papier, c’est grisant et absolument génial. Si on ajoute donc par-dessus cette promesses initiale d’autres petits éléments forts agréables, comme une partie graphique convaincante (le character design est plutôt cool pour la partie visual novel, les vidéos que l’on analyse sont de vraies vidéos ce qui permet de donner un aspect réaliste et plus immersif à l’ensemble), tout comme la partie audio avec sa musique et ses doublages. Mieux, pour un minuscule petit visual novel sans trop de pub autour de lui, la traduction Anglaise du texte est de très bonne facture et sans grosses fausses notes, ce qui est toujours un gros plus dans un genre où l’on passe en théorie la majeure partie de son temps à lire (ou écouter quand on comprend le Japonais). Et durant les deux premiers chapitres, malgré des défauts évidents, j’étais en réalité séduit.

Séduit par la proposition, par l’enrobage, et par les promesses, puisque si évidemment, on nous prend au départ par la main pour nous familiariser avec les différents systèmes, on se dit que par la suite, nous deviendrons un réel enquêteur et qu’il va falloir faire chauffer nos cerveaux. Ce sera le cas, mais pas pour les bonnes raisons. Mais oui, durant deux chapitres, nous sommes séduits, avec cette première enquête qui nous fait résoudre un cas de combustion spontanée dans un parking déjà, ce qui nous force à nous familiariser avec l’analyse de vidéo, de photos, la recherche de détails, faire le lien entre des objets ou personnages via différentes photos, mais aussi relier les preuves, et nous servir de l’ordinateur pour demander conseil aux autres membres de notre équipe. Le fait que les vidéos et photos que l’on analyse sont tout simplement de réelles vidéos et photos donne un côté réaliste et ultra prenant à cette première enquête. Suivre la potentielle victime dans la ville via les caméras de sécurité, chercher des indices, c’est vraiment cool sur le papier, et même dans les faits, et ce malgré quelques instants frustrants. Car jeu narratif oblige, nous sommes tout de même sur des rails, et il arrive parfois que le joueur aperçoive des détails qui vont le surprendre, lui mettre la puce à l’oreille, sauf que le jeu n’a pas prévu encore de révéler cet instant maintenant. C’est arrivé en réalité dès ce premier chapitre, lorsqu’en regardant une vidéo, j’ai trouvé le comportement d’un passant dans la rue suspect, aurait tenté d’analyser ça par tous les moyens, avec zooms, luminosité, analyse de visages, pour ne rien trouver, car je n’étais pas censé me poser trop de questions sur cet élément maintenant, pas avant le chapitre final en réalité. Malédiction. Mais là encore, ce n’est pas trop grave.

Et ça continue comme ça sur la deuxième enquête, elle aussi glauque dans les faits, puisque l’on doit enquêter sur des morceaux de corps humains qui seraient tombés du ciel. Le joueur se fait immédiatement ses théories, il est gratifiant de voir parfois que l’on trouve par soi-même quelques éléments. Et ce même si le jeu fait alors un choix très étrange, car alors que nous sommes à fond dans cette enquête, que l’on commence à démêler le vrai du faux, et bien l’enquête se termine déjà, abruptement. Oui, car on y reviendra dans le chapitre 5, encore une fois. Et à partir de là en réalité, le jeu commence doucement à s’écrouler. Dès la troisième enquête. Petit à petit déjà, on nous promet un peu plus de liberté, dans la marche à suivre. Liberté totalement faussée, et qui amènera d’ailleurs quelques soucis, notamment dans les enquêtes à venir, mais surtout liberté de mouvements mensongère. On nous permet entre deux analyses par exemple de sortir pour aller dans quelques quartiers de la ville. Une promesse de liberté en réalité totalement fausse car à part aller au restaurant ou dans un maid café pour avoir des discussions avec le reste de l’équipe, censée leur donner de l’épaisseur, ne fait que renforcer l’absence de liberté, l’étroitesse de l’univers, et le vide du personnage que l’on incarne. Même notre équipe, qui semble pourtant avoir de l’importance, étant en avant lors des génériques au début de chaque chapitre, ne sert finalement pas à grand-chose à part pour leur parler sur l’ordinateur pour faire avancer les enquêtes. Seule Akiba Tomona, oui, la fille de la pochette, aura un minimum de développement, et sera donc la seule à être attachante du casting.

Mais surtout, à partir de ce troisième chapitre, le jeu fait les mauvais choix, avec des enquêtes moins intéressantes (la disparition soudaine d’une homme politique, un crash d’avion), mais surtout qui vont s’étirer en longueurs car si le jeu veut relier toutes les enquêtes, il doit évidemment planter ses graines en avance, et il faut avouer que par moment, c’est long, et laborieux. Le chapitre avec l’homme politicien disparu par exemple nous forcera, pour faire avancer les choses, à regarder des vidéos de sécurité sur un ascenseur. C’est beau oui. Le souci, c’est que l’ascenseur est dans un hôtel, avec une trentaine d’étages. Et oui, il faudra, doucement, se faire les vidéos des couloirs de chaque étage, en mettant la vidéo dans le lecteur, une après l’autre. Usant, et inutilement long, puisque tout cela ne fait qu’amener un constat : il ne s’est rien passé et il va falloir étendre les recherches via les caméras à l’extérieur de l’hôtel. Le comble sera atteint lors du chapitre 4, celui du crash de l’avion, où à ce stade, le jeu nous a donné tous les éléments d’analyses possibles, et va décider, à un moment, de nous laisser gérer une partie de l’enquête. Une liberté qui aurait pu faire plaisir dans les faits, mais qui échoue totalement ici face à un trop plein d’indices à analyser, trop tôt dans l’enquête, et surtout, la faute à une énigme qui, sans culture générale de l’histoire de la musique Japonaise, est tout simplement impossible à résoudre. Et donc internet sera votre meilleur ami. Et lorsqu’un jeu d’enquête nous force à chercher la solution sur internet pour ses deux derniers chapitres alors qu’il fait enfin ce qu’on lui demandait depuis le début, à savoir nous donner la liberté de réellement enquêter nous-même, c’est que le jeu échoue.

Il est impossible pour le commun des mortels de terminer l’aventure sans avoir recours à un guide, ou du moins à un gros coup de pouce pour certains éléments. Si en plus, on rajoute donc ce dernier chapitre qui relie le tout, et qui nous fait dire surtout que parfois, tout est trop tiré par les cheveux, mais qu’à d’autres moments, nous étions en fait en avance sur le jeu (oui, rappelez-vous, cet élément que je voyais en vidéo mais que le jeu ne voulait pas compter comme un indice, et bien il revient donc)… Tout cela donne l’impression d’un final qui s’étire et ne veut jamais se finir. En fait arrivé au chapitre 4 et à cette fameuse énigme impossible à résoudre seul (surtout que l’on est noyé sous les indices qui en réalité ne servent à rien), nous voulons juste arriver au bout de l’aventure, qui elle, se terminera par un petit cliffhanger, au cas où un jour, une suite voit le jour, ce qui est peu probable. On pourrait dire que tout ça ne fait pas du jeu non plus un mauvais jeu, juste un jeu totalement bancal, plein de promesses pas toujours parfaitement exécutées, et c’est le cas, mais c’est aussi ce qui laisse ce goût amer, tout ce potentiel espéré qui ne se matérialise pas. Pas très long mais s’étirant parfois, un concept génial mais sans aucune liberté pour le joueur, des enquêtes parfois passionnantes mais précipitées (le chapitre 2), d’autres longuettes mais peu passionnantes (le chapitre 3), des énigmes parfois logiques et parfois demandant beaucoup trop du joueur (cette énigme musicale dans le chapitre 4, impossible si vous ne connaissez pas les vieilles chansons Japonaises pour enfants, qui en réalité fait plus appel aux connaissances réelles des joueurs qu’aux indices in game). Non, beaucoup de potentiel, mais une grosse déception.

Les plus

La première enquête intéressante
La seconde passionnante…
Le visuel du jeu fonctionne, entre manga et images réelles
Une bonne traduction Anglaise
Les promesses d’un jeu d’enquête

Les moins

En réalité, aucune réelle liberté
Du contenu annexe inutile (sortir, nourrir le chat)
Le chapitre 4 à s’arracher les cheveux
Des personnages peu développés, sauf Akiba
Le chapitre 2 qui se termine abruptement

En bref : Tokyo Psychodemic avait tant de bonnes cartes en main, mais il nous laisse si peu de liberté d’enquêtes, il s’étire tellement, en plus d’être plombé par des enquêtes pas toujours passionnantes, une énigme improbable et un final décevant qu’on en retient surtout le gros ratage plutôt que son potentiel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Loving movies

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture