FEMMES DE YAKUZA (極道の妻たち) de Gosha Hideo (1986)

FEMMES DE YAKUZA

Titre Original : 極道の妻たち – Gokudō no Onna-Tachi
1986 – Japon
Genre : Policier
Durée : 2h
Réalisation : Gosha Hideo
Musique : Satô Masaru
Scénario : Takada Kôji et Ieda Shôko

Avec Iwashita Shima, Katase Rino, Kana Akiko, Takeuchi Riki, Shimizu Kôjiro, Ieda Shôko, Naito Yasuko, Enjô Junko, Haru Yasuko et Seri Meika

Synopsis : Au cœur de la pègre d’Osaka, une femme redoutable dirige un clan de cinq cents yakuzas tandis que son mari croupit en prison. Elle souhaite marier sa sœur à un notable non corrompu mais celle-ci est amoureuse d’un yakuza de la bande rivale.

Femmes de Yakuzas, ou Gokudô no Onna Tachi, n’est pas le métrage le plus réputé de Gosha Hideo, réalisateur culte actif depuis déjà bien 20 ans lorsqu’il décide d’adapter ce roman en question, roman qui permet, sur le papier, beaucoup de choses. Car lorsque l’on pense aux Yakuza, à quoi pense-t-on en premier ? A ses hommes tatoués de la tête aux pieds, aux clans, à l’honneur, aux alliances. Bref, à un milieu d’hommes, souvent violent et cruel. Femmes de Yakuzas, comme son titre l’indique, prend à contre-pieds le genre en se focalisant en premier lieu sur les femmes de nos yakuza, qui souvent, doivent se mettre au vert quelques temps, ou passent quelques années en prison. Et du coup, ces femmes, elles doivent gérer les clans en l’absence de leur mari. Voilà donc un point de vue qui a de quoi apporter du renouveau dans un genre existant depuis des lustres, un point de vue peut-être plus nuancé, plus sensible, et avec en plus Gosha à la mise en scène, on ne pouvait pas espérer mieux. D’ailleurs, au début, on y croit, avec toutes ces femmes de yakuza réunies dans un cabaret, se plaignant de leurs maris, souvent en prison, et les attendant quoi qu’il arrive. Puis le récit se focalise sur Tamaki, qui gère le clan Domoto à Osaka en l’absence de son mari, et elle gère les choses plutôt bien, prenant des décisions difficiles, sachant lorsqu’il faut se servir d’une arme à feu pour se défendre, et sachant tenir tête face aux autres clans. Sa sœur, Makoto, n’est pas dans le milieu elle, mais va rapidement le rejoindre, lorsqu’elle va finir par se marier avec un yakuza d’un autre clan. Rivalité, traitrise, dualité entre sœurs malgré le fait que Tamaki tente toujours de tout faire pour arranger la vie de sa sœur et de leur père, endetté.

Sur le papier, les éléments pour faire un petit polar sympathique sont présents, et on notera d’ailleurs dans le rôle d’un petit escroc au grand cœur un tout jeune Takeuchi Riki, alors débutant, et pas encore habitué au surjeu et aux grands yeux qui définiront par la suite une bonne partie de sa carrière. Seulement voilà, Femmes de Yakuzas, même s’il demeure hautement sympathique, n’est pas un grand film, ni de son auteur, ni pour le genre en question, puisque malgré la présence accrue de femmes au casting, on comprend rapidement que cela ne changera pas vraiment grand-chose aux thématiques abordées. Les hommes restent malgré tout présents et font ce qu’ils ont toujours fait dans le milieu, traitant les femmes suivant leurs envies et pensant en premier lieu à l’argent et au pouvoir, et finalement, Femmes de Yakuzas ne change rien à la formule. Ce qui ne serait pas totalement un souci, sauf que le métrage dure deux heures, et autant Gosha se montre par moment inspiré, autant à d’autres moments, sa mise en scène peine réellement à insuffler un rythme prenant pour le spectateur. On alterne donc moments inspirés, quelques très belles images d’Osaka, quelques fusillades rares mais elles aussi ayant eu un soin particulier, et quelques moments beaucoup moins inspirés, comme quelques dialogues qui s’éternisent un peu trop avec une mise en scène un peu trop classique pour faire passer la pilule totalement. Et tout ça, c’est dommage. Dommage car avec ses deux personnages féminins principaux, et donc, sa double intrigue vouée à se réunir à un moment ou à un autre, le film gagne des points. Les deux personnages sont opposés, intéressants, et il y a quelque chose de fascinant chez Tamaki, toujours froide, calculatrice, imposante même par moment. Alors que Makoto est plus jeune, plus naïve, et le contraste entre les deux personnages se retrouve dans l’ensemble du métrage.

D’un côté, des scènes plus froides et calculatrices, de l’autre des scènes parfois un peu plus légères, voire presque un peu kitch par moment. L’ironie de tout ça, c’est que Tamaki impressionne le plus souvent dans le film, alors que l’on comprend bien vite que finalement, c’est Makoto qui est plus que tout au centre du récit, elle et son évolution pour arriver au même niveau que sa sœur. Intéressant point de vue, surtout que le film finalement décolle réellement à ce moment-là. Dommage finalement que cela prenne tant de temps à arriver. Car comme déjà énoncé, oui, le métrage dure deux heures, et finalement, quelques petites coupes pour rythmer le tout et finalement pleinement se concentrer sur les deux sœurs auraient fait beaucoup de bien au métrage. Ici, on se retrouve enfin pleinement investis (après une scène peu convaincante de crépage de chignons, certes) alors que la fin est si proche. Pourtant le Japon des années 80 fait son petit effet, le métrage n’est pas désagréable en soit, quelques moments élèvent le film et montre ce qu’il aurait pu, ou dû être sur toute la durée. Le succès a en tout cas dû être présent puisqu’une suite directe fut réalisée l’année suivante, avec un nouveau réalisateur à la barre. Mais en l’état, Femmes de Yakuzas n’est qu’un petit film divertissant, rien de plus.

Les plus

Un film mettant les femmes en avant
Des choses intéressantes dans l’évolution des personnages
Quelques moments inspirés

Les moins

Deux heures, un peu trop long
Des moments moins inspirés, voire kitch

En bref : Femmes de Yakuza souffre de quelques longueurs, et d’une réalisation en demi-teinte de la part de Gosha, alternant de très beaux moments et d’autres assez kitchs. Et c’est dommage, car ce double portrait de femmes reste intéressant dans les faits, et plaisant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A film with strong women
♥ Interesting things about character’s evolution
♥ Some inspired moments
⊗ 2 hours, a bit long
⊗ Some less inspired moments
Yakuza Wives suffers from its runtime, and the directing from Gosha going from great to meeh, with some beautiful moments, and some a bit cheap. Too bad, because this women’s story is interesting.

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