Titre Original : Pamali Tumbal
2025 – Indonésie
Genre : Fantastique
Durée : 1h35
Réalisation : Bobby Prasetyo
Musique : Ricky Lionardi
Scénario : Evelyn Afnilia
Avec Keisya Levronka, Fajar Nugra, Ummi Quary, Djenar Maesa Ayu, Verdi Solaiman, Dominique Sanda, Krishna Keitaro, Banyu Bening et Aldean Tegar Gemilang
Synopsis : Quand la mère de Putri disparait soudainement dans de mystérieuses circonstances, elle décide avec deux amis de partir sur ses traces, découvrant les sombres secrets de son village en lien avec une usine abandonnée et une ancienne maison où se trouve un Tuyul ainsi qu’une Black Kuntilanak.
Entre son folklore, ses influences et les adaptations de jeux, l’Indonésie n’a pas finit de nous sortir de nouveaux films horrifiques tous les ans, toujours avec les mêmes réalisateurs derrière. Bobby Prasetyo, c’est le genre de réalisateur qui réussit une fois sur deux ce qu’il entreprend à mes yeux, mais qui garde mon capital sympathie puisque n’essayant jamais d’intellectualiser trop son sujet et livrant aussi souvent des mises en scènes solides. Ses débuts étaient pourtant éloignés du cinéma horrifique avec des courts métrages dramatiques dans les années 2010, et un premier long métrage comme réalisateur en 2018 du même acabit, mais dès 2021, il a trouvé sa voie l’on pourrait dire. Et en 2022, il se lançait dans l’adaptation du jeu vidéo Pamali, un jeu nous permettant d’enquêter sur différentes légendes. Ce qui permet donc de livrer un film par légende. Pamali en 2022, Pamali the Corpse Village en 2023 et maintenant Pamali Tumbal en 2025. Et comme son second opus de 2023 était (à mes yeux encore une fois) son métrage le plus solide et divertissant, j’avais plutôt hâte de découvrir cette nouvelle intrigue sur une nouvelle légende. Qu’importe si entre temps, son Kultus Iblis était bancal (et avec un scénario raté), son Devil’s Horns comme co-réalisateur moyen, son Thagut potable et Domion of Darkness au final sympathique et bien meilleur que son homologue US, le dernier film de la saga L’exorciste. Pamali Tumbal nous envoie dans un petit village, encore une fois, avec ses légendes, ses soucis, ses petites histoires. Un village où l’argent manque, et où tous les ans, une femme disparaît, même si le chef du village trouve toujours une explication rationnelle (une fugue avec un petit ami, une offre d’emploi dans une grande ville). Forcément, c’est au tour cette année d’Ambar de disparaître, juste après qu’elle ne perde son emploi et ne trouve un sac plein d’argent, laissant sa fille Putri et son jeune fils Aji derrière elle.
Putri va cependant, avec ses amis Kiki et Cecep, partir à la recherche de sa mère, et découvrir les sombres secrets de son village, et se heurter à deux esprits, un Kuntilanak (que l’on commence à connaître vu qu’il est souvent en avant dans les films), et un Tuyul, une espèce d’enfant difforme. Et si Pamali Tumbal n’était pas désagréable, loin de là, c’était malheureusement une petite régression de la part du réalisateur dans sa franchise. Et pourtant, sur le papier, pas mal de choix faits sont intéressants et même font plaisir, avec une volonté claire de jouer sur une ambiance lente et morbide plutôt que du jumpscares facile, prenant le temps d’installer donc ses légendes, ses décors traversés par notre trio de héros, entre une forêt (hantée), une vieille usine (abandonnée) et un manoir (hanté). Et on ne va pas se mentir, certains moments sont efficaces, l’ambiance lourde et noire parfois très réussie, et le réalisateur a bien quelques idées de mise en scène qui dynamisent le tout, comme notre première rencontre avec le chef du village, avec cette caméra effectuant un traveling circulaire et permettant donc d’enchainer les discussions et donc les intervenants au sein d’un même plan. Visuellement ainsi que dans ses intentions, Pamali Tumbal n’a clairement pas à rougir. Le casting en plus, sans avoir de grosse tête d’affiche, reste plutôt convaincant, et donc les premiers pas dans l’aventure sont encourageants, surtout que le métrage met donc en avant le Yuyul, créature peu connue en dehors de l’Indonésie, ce qui apporte ce petit côté dépaysant fort plaisant. L’ambiance est réussie, les décors sont classiques dans le genre mais assez variés. On peut ajouter que la mise en scène est en général assez solide, que la photographie est agréable à l’œil, que le casting principal s’en sort bien malgré des rôles assez clichés parfois.
Alors où est-ce que ça coince véritablement ? Car jusque-là, je ne parle que d’un film d’ambiance où l’ambiance est réussie. Et bien le souci, c’est qu’à force de jouer sur l’ambiance, d’étirer le suspense, il faut un bon pay-off à la fin. Un final réussi, qui marque, et donc, la mise en avant des deux esprits dont le fameux Tuyul qui doivent toucher au but. Et c’est là que Pamali Tumbal échoue, non pas lamentablement, car on a vu bien pire, en Indonésie comme ailleurs, mais car on y voit une occasion manquée. Déjà, le final, pourtant assez long, manque souvent d’ampleur, certains éléments s’enchainent un peu trop vite et manquent donc de crédibilité. Si le Kuntilanak qui est aussi en avant s’en sort plutôt bien, avec souvent un jeu sur les reflets des miroirs, on ne peut pas dire la même chose du Tuyul, cet enfant, ou bébé, un brin disproportionné, et qui fait plus rire qu’il ne terrifie. Sans doute car il est montré, bien que tardivement, bien trop frontalement pour convaincre ? C’est possible, le pouvoir de la suggestion étant parfois plus efficace plutôt que la déception de tout voir. Et tout ça, c’est donc bien dommage, ça nous fait sortir du visionnage sur une impression mitigée malgré pas mal de bonnes choses, et une créature peu présente au cinéma. Pas honteux, mais pas inoubliable, et dispensable.

Les plus
Une ambiance réussie
Une première heure lente mais agréable
Visuellement, de bonnes choses
Des mythes peu connus
Les moins
Le Tuyul déçoit
Un final décevant après tout ça
Loin d’être mémorable
En bref : Après le très sympathique Pamali The Corpse Village, voilà Pamali The Little One, toujours réalisé par Bobby Prasetyo, et malgré une ambiance réussie, il se plante en nous décevant avec son final, trop frontal, trop précipité, décevant.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A nice atmosphere ♥ The first hour is slow but nice ♥ Visually, some nice things ♥ Those myths are not well known |
⊗ The Tuyul is disappointing ⊗ After all this, a bad finale ⊗ Far from being memorable |
| After the nice Pamali the Corpse Village, here Pamali the Little One, still directed by Bobby Prasetyo, and despite a nice atmosphere, it’s disappointing mainly because of the finale, too raw, too fast. | |


















